Maroc

Audiovisuel : les campagnes électorales recadrées

L’adoption du projet de loi 10-21, portant sur les listes électorales et l’usage des médias audiovisuels, durant les campagnes électorales et référendaires, a pour but de garantir un accès équitable des partis politiques aux médias publics.

Inscrite à l’ordre du jour de la session extraordinaire, tenue cette semaine, la nouvelle loi sur l’usage des médias audiovisuels, lors des périodes de la campagne électorale, a été adoptée dans l’optique de tracer le cadre d’accès aux médias audiovisuels du pôle public. Le rapport de la Commission de l’Intérieur, de la Chambre des représentants, précise que l’adoption du nouveau dispositif vise à assurer un accès équitable aux moyens audiovisuels publics pendant les élections législatives. Outre la réforme cruciale qui a consisté à autoriser les partis politiques à utiliser les emblèmes du pays durant la période de la campagne, le dispositif prévoit que l’ensemble des partis bénéficient d’un temps d’antenne équitable et régulier, ainsi que des conditions de programmation identiques lors de la campagne électorale. Les normes d’accès aux médias publics audiovisuels indiquent aussi que la répartition du temps d’antenne pour les partis, qui participent aux élections, est appréciée sur la base de leur représentativité au sein des deux Chambres du Parlement. À souligner que le volet réglementaire sera également actualisé, notamment des décrets conjoints des département de la Justice, de l’Intérieur et de la Communication, en vue de déterminer le temps d’antenne pour les interventions, les déclarations ainsi que pour les émissions spéciales et les couvertures des rassemblements organisés par les partis politiques.


Les normes tracées pour le contenu des interventions
Les dispositions légales prévoient que la HACA veille au respect des exigences qui sont imposées pour les prochaines élections. La révision a affecté l’article 118 de la loi qui a tracé une nouvelle liste des actes qui seront sanctionnés par le gendarme du secteur. Ainsi, le dernier rapport, élaboré par la haute autorité sur le traitement médiatique, liste une série de recommandations visant à améliorer le pluralisme durant les périodes électorales. Deux avis ont été déjà rendus dans ce sens et qui portent sur les médias audiovisuels pendant les élections législatives générales, de même que le conseil supérieur a entrepris la révision de la décision relative aux règles de garantie de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans les services de communication audiovisuelle en dehors des périodes électorales, «en s’appuyant sur une approche qui conjugue aussi bien le respect du principe d’équité que celui de l’égalité dans les services de communication audiovisuelle», indique le dernier rapport de la HACA.

Les relevés trimestriels et semestriels du temps d’antenne et de parole des acteurs politiques, sociaux et professionnels seront aussi analysés dans l’objectif de remédier aux carences qui pourraient entacher le rendement des opérateurs. Pour rappel, le dernier diagnostic, réalisé par la HACA sur l’accès de l’opposition aux médias, aux journaux et aux magazines d’information, a montré que le volume horaire consacré aux interventions des représentants du gouvernement et des partis de la majorité parlementaire a dépassé, dans la plupart des services audiovisuels, le double des temps de parole alloué aux partis de l’opposition parlementaire. Le même constat a été émis au temps alloué aux partis non représentés au sein des deux Chambres du Parlement, qui restent en deçà des 10% prévus par le cahier des charges. Quant aux personnalités féminines, «elles représentent seulement 11% du volume horaire total des interventions des personnalités publiques, réparti entre 11% dans les magazines d’information et 10% dans les journaux d’information». 

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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