Maroc

Affaire Samir : la tension monte

Le Front national pour la sauvegarde de la Samir revient à la charge, quelques jours après la soumission de deux propositions de lois liées au dossier qui lui tient à coeur. Il chiffre les bénéfices et les pertes et tente de mobiliser un plus grand nombre de politiques pour faire aboutir l’initiative législative.

Quelques jours après la présentation de deux projets de lois au Parlement appelant au dénouement du dossier de la Samir et proposant au gouvernement des schémas de résolution de ce dossier, démarche qu’il soutient par ailleurs, le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole Samir hausse le ton d’un cran. Ce mouvement est, en effet, revenu à la charge lundi par voie de communiqué pour tenter de fédérer l’opinion publique à propos de cet épineux dossier.


Pour le bureau exécutif du Front, les formations politiques et organisations syndicales doivent agir pour faire aboutir cette initiative législative «afin de protéger les intérêts du Maroc et des Marocains qui lui sont liés». Dans le même ordre d’idées, la même source demande que les résultats des investigations de la commission royale chargée d’examiner les travaux du Conseil de la concurrence, à propos de soupçons d’ententes illicites sur le marché des hydrocarbures, soient annoncés. Il est aussi attendu que les mécanismes de la concurrence soient renforcés et que les besoins du Maroc en énergie pétrolière soient fournis selon les quantités, les prix et la qualité requis, et sans préjudice pour les droits des consommateurs comme pour les intérêts des entreprises marocaines. Par ailleurs, le bureau exécutif du Front qui vient de tenir une réunion au sommet, samedi dernier, a quantifié les bénéfices «illégitimes et immoraux» réalisés sur la vente des hydrocarbures. Il brandit un chiffre de 83 MMDH comme seuil de bénéfices dépassé, et ce, compte non tenu des profits réalisés sur le kérosène, le fuel et l’asphalte. Le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole estime également que «la libéralisation des prix des carburants liquides fut une décision inappropriée, hâtive et vouée à l’échec, qui n’a eu pour seul effet que de contribuer à l’accumulation des bénéfices engrangés par les sociétés contrôlant le marché, sur le compte du pouvoir d’achat des citoyens et de la compétitivité de l’entreprise marocaine». Cette situation de surenchérissement s’est produite en dépit du recul des prix internationaux du pétrole et du faible niveau de la fiscalité nationale sur les hydrocarbures, est-il rappelé. Ceci, pour ce qui est du contexte global du secteur.

Dans le dossier de la Samir, le Front critique ce qu’il qualifie de «négligence du gouvernement» en matière d’exploitation des capacités de stockage de la raffinerie. Les experts composant ce Front estiment les pertes à 100 MDH par mois au titre des redevances de location de l’ensemble des bacs de stockage de la Samir. Il est expliqué auprès du bureau Exécutif du Front que «la location de ces bacs de stockage permettra également de saisir les opportunités contribuant au retour progressif de l’exploitation de toutes les installations de la raffinerie marocaine destinées au stockage et au raffinage, comme d’éviter de perdre définitivement les avantages que procurent les industries du raffinage pétrolier à l’économie marocaine et au développement local et régional». Notons que le dossier de la Samir traine depuis plus de 5 ans sans qu’aucune décision finale ne soit encore prise, pour trancher le sort de la raffinerie. La solution qui avait été trouvée, temporairement, consistait en un contrat portant sur les droits d’exploitation des réservoirs de la Samir par l’Office national des hydrocarbures et des mines. Annonce en avait été faite par le ministre de l’Énergie, des mines et de l’environnement, Aziz Rabbah, devant les députés en juin dernier. Pour l’heure, ce scénario n’a pas encore été finalisé. 

Le dossier s’impose sous la coupole

Deux projets de lois relatifs à la Samir et au marché des hydrocarbures ont été déposés, il y a quelques jours, par le groupe parlementaire de l’Union socialiste des forces populaires et de la Confédération démocratique du travail au sein de la Chambre des conseillers, ainsi que le groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme à la Chambre des représentants. Les deux textes concernent le transfert des actifs de la société à l’État et la régulation des prix des carburants liquides. Le premier texte propose de confier la gestion du dossier Samir au ministère des Finances pour entamer la reprise de la production de la raffinerie. La seconde proposition de loi, quant à elle, vise la régulation des prix des carburants à travers le retrait des hydrocarbures de la liste des produits libéralisés et la fixation d’un prix maximum chaque lundi à minuit.

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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