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Transport aérien : 2020, une année (vraiment) catastrophique

L’Association du transport aérien international vient de publier son rapport sur l’évolution du transport aérien mondial. Le constat est alarmant. La demande a accusé une régression de 10,6% en 2020.

Le 3 février dernier, l’Association du transport aérien international (IATA) a annoncé ses chiffres sur les marchés mondiaux du transport aérien. Premier constat, mesurée en tonnes-kilomètres de fret (CTK *), la demande de fret aérien a baissé de 10,6% en 2020 par rapport à 2019 (-11,8% pour les opérations internationales). C’est en effet, la plus forte régression de la demande, depuis que l’IATA a commencé à surveiller les performances du fret en 1990, dépassant ainsi la baisse de 6% du commerce mondial des marchandises. L’IATA a détaillé dans son document que «la capacité mondiale, mesurée en tonnes-kilomètres de fret disponibles (ACTK), a diminué de 23,3% en 2020 (-24,1% pour les opérations internationales) par rapport à 2019. Cela représente plus du double de la contraction de la demande». Des améliorations vers la fin de l’année 2020 ont été observées en décembre lorsque la demande mondiale était inférieure de 0,5% comparativement à la même période de l’année précédente (-2,3% pour les opérations internationales).


«L’année dernière a été une catastrophe. Il n’y a pas d’autre moyen de le décrire. La reprise de la saison estivale dans l’hémisphère nord a stagné à l’automne et la situation s’est considérablement aggravée pendant la saison des vacances de fin d’année, car des restrictions de voyage plus sévères ont été imposées face à de nouvelles épidémies et de nouvelles souches de COVID-19», a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA.

L’association annonce par ailleurs que la demande internationale de passagers en 2020 a régressé de 75,6%. La demande intérieure quant à elle, était en baisse de 48,8% par rapport à 2019. La capacité domestique s’est contractée de 35,7% et le coefficient d’occupation a baissé de 17 points de pourcentage à 66,6%. Dans ce contexte, le trafic des compagnies aériennes africaines a chuté de 69,8% l’an dernier par rapport à 2019, «ce qui était la meilleure performance parmi les régions» explique l’ IATA.

Par ailleurs, la capacité a chuté de 61,5% et le coefficient d’occupation a baissé de 15,4 points de pourcentage à 55,9%, le plus bas parmi les régions. Pour ce qui est de la demande pour le mois de décembre, elle était de 68,8% inférieure à celle de l’an dernier, bien avant une baisse de 75,8% en novembre. L’IATA explique cette situation par le fait que «les transporteurs de la région ont bénéficié de restrictions de voyage internationales un peu moins sévères que le reste du monde».

2021 sera aussi difficile
Selon les prévisions de l’ATA pour 2021, une amélioration de 50,4% est attendue pour la demande mondiale, ce qui porterait l’industrie à 50,6% des niveaux de 2019. «Bien que ce point de vue reste inchangé, il existe un risque de baisse grave si des restrictions de voyage plus sévères en réponse à de nouvelles variantes persistent» explique l’IATA. Si un tel scénario se concrétisait, l’amélioration de la demande pourrait être limitée à seulement 13% par rapport aux niveaux de 2020, laissant le secteur à 38% des niveaux de 2019.

Sami Nemli / Les Inspirations Éco

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