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Ségolène Royal: “On doit inclure les Français du monde dans le plan de relance post-covid”

Ségolène Royal
Candidate aux élections sénatoriales

La sénatrice PS sortante, Claudine Lepage, ne briguant pas un nouveau mandat, Ségolène Royal a annoncé, en février 2021, qu’elle conduira, «une liste citoyenne qui transcende les clivages droite/gauche», pour l’élection des sénateurs des Français de l’étranger. Candidature qu’elle porte  avec Mehdi Benlahcen, président PS du groupe Solidarité et écologie à l’Assemblée des Français de l’étranger. Lâchée par le PS, qui a préféré investir Yan Chantrel, conseiller des Français de l’étranger basé à Montréal, Ségolène Royal reste droite dans ses bottes, et affiche sa détermination à dépasser les querelles politiciennes. Pour elle, il est nécessaire de rassembler, surtout dans ce contexte de crises sanitaire, économique, sociale et éducative, sans oublier la crise climatique. Les résultats de ce scrutin, prévu le 26 septembre, seront certainement déterminants pour l’avenir politique de l’ancienne ministre et candidate à l’élection présidentielle de 2007.


Quels sont les grands enjeux de ce scrutin ?
C’est de voter le plus utile possible pour une morale de l’action efficace, avec tous et pour tous, élus des 3,5 millions de Françaises et Français qui portent la France et la francophonie dans le monde, en amitié et respect pour les pays d’accueil. Ces présences croisées sont les liens les plus sûrs pour construire la paix et la fraternité entre les peuples. Je pense au Maroc où la communauté française est importante. J’ai, d’ailleurs, un natif de votre beau pays sur ma liste (ndlr : Mehdi Benlahcen, professeur de sciences économiques au lycée de Lisbonne).

Après les élections consulaires, vous avez lancé une consultation auprès des nouveaux conseillers. Quel  est le bilan de ce travail participatif ?
C’est un pacte de confiance, construit méthodiquement, avec ce que les élus consulaires ont dit dans leur campagne, puis à partir de cette base écrite, un échange participatif a eu lieu pendant trois mois. Enfin, je me suis entretenue en tête-à-tête avec tous les grands électeurs qui le souhaitaient. Et je reste à la disposition de celles et ceux que je n’ai pas pu joindre. De ce travail, est né un plan d’action avec des priorités : éducation et avenir des jeunes, santé, défi écologique et climatique, service public consulaire, protection sociale, soutien aux entreprises, car il tient compte du nouveau contexte de crise sanitaire, donc éducative, sociale et économique, qui est dure à vivre pour beaucoup.

Vous adressez-vous uniquement à un électorat de gauche ? Le PS a présenté une liste contre vous. Qu’en pensez-vous ?
La polémique est close. Rien ne me détournera de ma volonté d’unir, au-delà des étiquettes politiques, toutes les bonnes volontés, avec respect et tolérance. On a besoin de rassembler, d’être au service des Français du monde, surtout en ce moment de crises sanitaire, économique, sociale, éducative, sans oublier la crise climatique. Je l’ai entendu clairement au cours des liens que j’ai tissés pendant cette campagne. Si je remporte ces élections, l’équipe sénatoriale sera constituée des élues et élus de tous les pays, quels qu’ils soient. Nous servirons au mieux la cause de nos compatriotes dans le monde parce que c’est une façon de servir la France mais aussi l’amitié entre la France et chaque pays d’accueil. Telle est ma conviction et le sens de cette candidature.

Quels sont les dossiers que vous estimez urgents ?
Inclure les Français du monde dans le plan de relance post-covid. Des milliers d’entrepreneurs français sont en très grande difficulté, et il est donc vital de les accompagner. Beaucoup de jeunes ont perdu leurs stages à l’étranger, et il faut trouver des solutions. Beaucoup d’élèves ont souffert, et souffrent encore, du confinement. Les activités des Français dans le monde doivent être aussi pleinement intégrées au budget vert promis dans le plan de relance national de sortie de crise. Les axes d’action sont prêts dans le Green Deal de la France pour le monde que nous espérons. La France doit être une vitrine pour ses ONG et ses entreprises de la transition écologique. Cela me donne l’occasion de souligner le rôle pionnier du Maroc pendant la COP21 et, à titre d’exemple, les réalisations spectaculaires en centrales photovoltaïques. J’ai, d’ailleurs, eu l’honneur d’assister à l’inauguration, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de l’une d’entre elles, en tant que présidente de la COP2. Et au-delà des lois, dont la mise en place nécessite du temps, il y a un enjeu de mise en commun des bonnes pratiques et des réussites, qui peuvent être généralisées

Comment réduire le fossé entre  Paris et les Français de l’étranger ?
En appliquant, sans faiblir, le principe  de l’égalité de traitement. Je vais vous donner un exemple : la proportion d’élèves de terminale ayant reçu une réponse pour Parcours Sup est de moitié inférieure à la métropole. Ce n’est pas acceptable. Il ne faut plus que les Français de l’étranger soient traités «par raccroc», mais intégrés en amont, dans leur dimension spécifique, dans toutes les décisions publiques. C’est une question de vigilance de chaque instant.

Les élus locaux sont vos relais sur le terrain. Toutefois, ces derniers manquent de moyens pour exercer efficacement leur mission. Est-il possible de leur donner plus de pouvoir décisionnel ?
Notre projet prévoit une revalorisation et une meilleure visibilité de leur mission et de leur travail. La mission des conseils consulaires doit être rapidement précisée. Les ambassades et consulats sont appelés à traiter les élus comme des partenaires et non comme des concurrents, comme c’est parfois le cas. Tout le monde y a intérêt, pour une plus grande efficacité.

Éducation, santé, retraite…quelle politique de solidarité proposez-vous en faveur des Français de l’étranger ?
Tout cela est détaillé sur mon site : Français dans le monde, une chance pour la France. Coût trop élevé des lycées, problèmes récents d’homologation des vaccins, difficultés de trouver des solutions justes pour les cotisations santé et retraite, il faudra agir. Heureusement, il y a aussi de bonnes choses et qui marchent bien. Mais les crises que nous traversons changent la donne et requièrent de notre part imagination et réactivité. J’ai envie de dire aux élus, qui vont s’exprimer dans quelques jours : VOTEZ UTILE pour vos compatriotes, ceux qui vous ont élus et ceux qui n’ont pas voté pour vous ou pas voté du tout, et dont nous avons aussi la responsabilité citoyenne. Je connais votre dévouement et votre engagement, et je ferai tout pour que votre mission soit davantage reconnue, visible et respectée, car nous contribuons au rayonnement de la France dans le monde et à son message universel, en partenariat respectueux et valorisant des pays d’accueil où les Français et les binationaux sont heureux, ou ont envie de l’être puisqu’elles et ils les ont choisis. Faites-moi confiance comme je vous fais confiance.

Green deal

Engagée dans la lutte contre la crise climatique,  Ségolène Royal soutient les initiatives en faveur des énergies renouvelables qui ont été décidées à Paris pendant la COP21 qu’elle a présidée. Elle était donc  présente à l’inauguration, le 4 février 2016, de la  centrale thermo-solaire Noor I de Ouarzazate, aux côtés du roi du Maroc Mohammed VI.

Fatima El Ouafi / Les Inspirations ÉCO

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