Culture

Quand l’Uzine rend hommage à Aïn Sebaâ

 

L’Uzine est devenu un endroit incontournable de l’art urbain à Casablanca où de jeunes artistes se retrouvent pour créer et rendre hommage au quartier d’Aïn Sebaâ à travers la musique, le cinéma, l’art contemporain, le cirque et la danse. Coulisses.


En janvier 2016, la Fondation Touria et Abdelaziz Tazi (TAT) a invité artistes des créateurs, iconographes et chercheurs à porter un regard sur le quartier d’Aïn Sebaâ et mener des actions artistiques en lien avec l’histoire, le vécu, l’architecture et les habitants du quartier. C’est le résultat de ces recherches, réflexions et ateliers qui a été montré pendant Aïn Sebaâ K-YBD3 #1 à l’Uzine, du 26 novembre au 18 décembre 2016. Une première édition qui a connu un vif succès, drainant plus de 1.500 visiteurs en 4 week-ends d’expositions, de spectacles, de concerts et de rencontres. Se fixant comme objectif de mettre le quartier sous le feu des projecteurs tout au long de l’année et pendant un temps fort, la Fondation TAT renouvelle l’aventure dans son espace l’Uzine : la 2e édition de Aïn Sebaâ K-YBD3 aura lieu cette année du 25 novembre au 17 décembre. En faisant de ASKYBD3 un rendez-vous annuel, la Fondation Touria et Abdelaziz Tazi met ainsi en lumière un quartier en expansion et la dynamique culturelle qui y est initiée par l’espace l’Uzine, lieu désormais incontournable de la création urbaine casablancaise spécifiquement et nationale plus généralement. C’est donc d’abord un travail mené toute l’année que ASKYBD3 met à l’honneur. Un travail de soutien, d’accompagnement ou de découverte de talents mené par l’Uzine, dont les fruits seront montrés pendant l’événement qui se tiendra sur plus d’un mois au cœur du quartier d’Aïn Sebaâ. L’Uzine, en effet, depuis plus de 2 années, est un espace d’expression et de création pour les artistes confirmés et émergents et un lieu de construction de nouveaux publics. Un espace d’effervescence créative permanente et une maison ouverte aux jeunes Casablancais et Casablancaises qui viennent y chercher et y trouver un lieu de création, d’apprentissage, de partage et de convivialité.

Ainsi, ASKYBD3 donnera chaque année rendez-vous aux Casablancais avec comme ambitions de participer au désenclavement d’un quartier périphérique de la ville de Casablanca, offrir à la ville et au quartier un événement culturel urbain multidisciplinaire et permettre aux artistes émergents et confirmés de montrer leur travail à un large public. Lors de l’édition précédente, des artistes tels que Hassan Darsi, Mohamed Fariji, Hoba Hoba Spirit, Ali Chraïbi se sont joints à l’aventure. Cette année, du 25 novembre au 17 décembre, d’autres leur emboîtent le pas. Ainsi, des expositions, créations de cirque contemporain, de théâtre, de danse contemporaine, de break dance, de musique, etc, réuniront dans le même espace et durant le même événement des artistes tels que Zakaria Latouri (photographie), Hosni Almoukhlis (théâtre de l’Opprimé Casablanca), Amine Aït Hammou (Installation), El Mehdi Doumaoui (Maquette), Ed Oner et Basec (graffiti), Meryem Jazouli (danse contemporaine), Mariakenzi Lahlou (cinéma), la Compagnie Colokolo (cirque contemporain), Yahya Zitan et Betweenatna (musique), etc, et pour la première fois une visite du quartier sera proposée, menée par l’architecte Karim Rouissi. Tout au long de ASKYBD3 #2, le public pourra découvrir le quartier d’Aïn Sebaâ à travers différentes actions. Outre les expositions, l’Uzine propose pour la 1re fois une visite du quartier et de ses sites architecturaux les plus symboliques, qui pour la plupart, sont aujourd’hui en péril : effondrement, spéculation immobilière…C’est à l’architecte Karim Rouissi, passionné de Casablanca et de son histoire architecturale, qu’incombera cette mission, comme celle de partager avec le public l’histoire et le devenir de cette partie de la ville lors d’une rencontre-débat. Le Hip Hop ne sera pas en reste puisque profitant de la résidence à l’Uzine des danseurs et danseuse du projet Danser Casa, chorégraphié par Kader Attou et Mourad Merzouki, soutenu par la Fondation TAT, l’Uzine ouvre les portes au public pour assister à l’une de leurs répétitions. Ces répétitions et celles qui suivront fin 2017 et début 2018 aboutiront en avril prochain à une création hip hop qui, c’est officiel, fera le tour des festivals et scènes en France et en Europe à partir du printemps 2018.

Par ailleurs, les danseurs Hip Hop et break dance de l’Uzine, parmi les meilleurs au Maroc, invitent le public à découvrir leurs performances et freestyles. Une balade au 2e étage du centre culturel orchestrée par le mentor de ces jeunes danseurs, Yoriyas. Et parce que l’histoire de Aïn Sebaâ n’est pas qu’industrielle, les deux artistes Sabrina Hakim et Amine Aït Hammou, épaulés par Ahmed Latour, proposent un 3e étage de l’Uzine transformée en petite plantation de fleurs et d’arbres rappelant ainsi qu’au début du 20e siècle, Aïn Sebâa était d’abord agricole et florale. Aujourd’hui encore des noms de rue le disent si bien. Cette installation verte sera couplée avec un atelier jardinage qui inaugure officiellement «Du vert sur nos toits», un projet en gestation à l’Uzine. 

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page