Culture

Lifestyle : quand Andy Waloo se raconte à travers Jajjah

«Jajjah», non nous ne faisons pas allusion à la désormais très populaire chanson de Ayanakamura “Djadja”, mais il s’agit du spot branché situé dans la zone industrielle de Marrakech signé Hassan Hajjaj. Un lieu à l’image de ce photographe et designer que toutes les stars s’arrachent. Nous nous sommes rendu, samedi dernier, à l’opening de ce lieu hybride qui fait office de café-restaurant-boutique-galerie. Immersion dans une expérience musicale et arty. 

Se rendre au café Jajjah (son nom en verlan) c’est plongé directement dans l’univers pop et acidulé de Hassan Hajjaj. Celui que l’on surnomme Andy Waloo nous a reçu samedi dernier comme il sait si bien le faire, en toute décontraction dans son nouveau café où il expose de jeunes créateurs et présente ses labels de vêtements et d’objets psychédéliques. A peine entré, nous voila déjà emporté par la “vibe” underground et branché du lieu et des invités.


Au programme de cet opening, discussions et débats autour de l’art mais aussi de la place du hip-hop marocain leader dans la région MENA . Caisses de cannette détournées pour accueillir des banquettes colorées faisant office de salon marocain, c’est dans cet pièce située au milieu du salon de thé qu’étaient assis simples curieux, invités de marque et journalistes pour débattre tous ensemble dans un cadre informel et en toute détente. En tête d’affiche des débats, des invités de marque tels que Sam Lambert, Shaka Maidoh et Hassan Hajja himself pour le premier panel.

Ce dernier consistait à échanger sur la notion de collectivité, de collaboration et de pratiques individuelles à travers l’exemple du “Kamoinge”, un collectif de photographes fondé en 1963. Deuxième panel et pas des moindres, celui qui réunissait certains des meilleurs rappeurs marocains, El Grande Totto, Draganow, Dizzy Dross mais aussi Small X. Ils étaient tous là pour faire un bilan du hip-hop marocain et parler des avancées, mais aussi des attentes de la scène musicale marocaine.

Ambiance bon enfant et échanges de qualité étaient au programme de cet opening pas comme les autres. Un des moments marquants, c’est quand Totto a pris la parole pour dire que s’il était aujourd’hui un des rappeurs les plus streamés, c’est grâce à ses aînés et notamment à Dizzy Dross dont il avait acheté au moins cinq exemplaires de son premier album. Côté dégustation, Jajjah ne fait pas dans le chichi. Le mot d’ordre est street food, et qui dit street food, dit plat marocain que l’on mange sur le pouce. Ne vous attendez pas à des plats élaborés, ici il est question de bocadillos, de sandwich au poulet avec des frites comme à la maison. À la fin des débats, les rappeurs nous ont offert un show très intimiste dans un cadre loufoque dont seul Hassan Hajjaj a la recette.

Dizzy Dross avec son flegme international et sa dégaine de rappeur américain, Draganov et son côté premier de la classe, Totto avec son regard de braise et ses punchlines qui détonnent et enfin Small X et ses rythmiques de folie. Tous nous ont fait vibrer et ému durant cet après midi où le gotha de la culture pop marocaine était réuni et se fondait parfaitement dans ce lieu qui, certainement, deviendra un incontournable de la ville ocre.

Jajjah c’est à coup sûr pour nous, le coup de génie de Hassan Hajjaj, c’est le spot qui allie à la perfection art et food. Des saveurs au design, la Hassan Hajjaj touch est partout. De la boîte de thé que propose le photographe, qui collabore avec d’autres artistes pour la conception des boîtes customisées donnant accès à une application pour écouter une musique qui vient compléter l’expérience, en passant par le menu 100% marocain, tout y est pour vous plonger dans son univers.

Le photographe et designer, qui a un pied au Maroc et un autre à Londres, a décidé de gâter notre appétit culturel puisque Jajjah c’est aussi et surtout une galerie d’exposition qui vous fera découvrir les coups de cœur artistiques de l’hôte. Impossible de quitter la planète Hajjaj les mains vides en flânant dans la boutique où l’on retrouve toutes ses créations pop’art signées Andy Waloo.

Éliane Lafarge / Les Inspirations ÉCO


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