Culture

L’art du silence selon Amine Amharech

La Loft Art Gallery propose l’exposition Silent Distortion de l’artiste pluridisciplinaire Amine Amharech. L’exposition marque l’ouverture de la rentrée artistique par la présentation, pour la première fois à Casablanca, d’un ensemble inédit de ses derniers travaux.


Artiste aux multiples talents, Amine a exposé à travers le monde à Londres, Monte Carlo, New York, Los Angeles… L’artiste applique le procédé informatique de Flow Distortion sur ses toiles. À travers, l’utilisation de différentes techniques de brosses et de pinceaux, le motif récurrent de la montagne ressort sur des fonds mats dans une explosion de couleurs. Telle une vidéo à l’arrêt, les mouvements et les flux sont figés dans un halo lumineux, suspendus dans le temps et l’espace tels des paysages en deux dimensions, faisant écho aux travaux des maîtres Hiroshige et Hokusai. Véritable palette toute en finesse et aux subtiles couleurs, les œuvres d’Amine montrent une réalité défragmentée, étirée et déformée, en suspend. Une ode à la dimension divine du spectacle de la nature revisitée dans le respect d’une harmonie entre ses éléments et celle de l’être humain, ou comment le rêve et le réel appartiennent à une même vision.

Les volumes, la lumière et la matière sont ses principaux leitmotivs. «La distorsion est un mouvement dont la représentation imagée est opposée à la plénitude et au silence, certaines toiles explosent/implosent». Par l’ajout d’écrits, l’artiste introduit un langage propre, comme des grilles de lecture.

Ce système de code est d’ailleurs repris dans le traitement des masques passeports d’Amine, «Ubiquitous Antropomorphae», réalisé à partir de couvertures de survie travaillées en bandage : avant l’arrivée des Européens en Afrique, les masques passeports servaient de pièce d’identité pour se déplacer d’une région à une autre. Sa nature, sa forme, ses couleurs permettaient sur présentation du masque passeport d’identifier la position sociale et la profession de son porteur. Codifiées, les couleurs de ces masques identifiaient le jeune apprenti du maître expérimenté. Reprenant à son compte les masques-passeports, Amine soulève par ses créations la thématique Nord/Sud, la notion de frontière… 

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