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Rachat du contrat d’assurance-vie : cela vaut-il encore la peine d’épargner ?

Outil de placement et d’optimisation fiscale, l’assurance-vie joue un rôle important dans le financement de l’économie. Cela dit, des revirements de législation pourraient dissuader les ménages d’épargner. Une taxe à hauteur de 30% est prévue en cas de rachat d’une assurance-vie.

Une nouvelle taxe sur l’assurance-vie est au cœur des discussions, suscitant de vifs débats. En somme, si un adhérent souhaite racheter son assurance-vie et mettre fin à son contrat, il sera soumis à une taxe de 30%, calculée sur la valeur du rachat. Une nouvelle qui n’encourage guère les citoyens à épargner.
C’est justement ce que confie aux Inspirations ÉCO, une source bien informée au sein d’une grande compagnie d’assurance de la place. «La nouvelle ne va pas forcément favoriser l’épargne», souligne-t-elle avant de relativiser, «cela dit, la situation est toujours en cours d’évaluation». Et d’ajouter: «plusieurs scénarios sont mis en avant et en fonction de chacun, une proposition sera transmise au ministère de tutelle par la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (Fmsar)».
Même son de cloche pour Fouad Douiri. L’ex-président du directoire de RMA Watanya, et ancien ministre de l’énergie estime que «l’assurance-vie est non seulement une solution d’épargne mais également un financement de l’économie productive». Et pour cause, «toute épargne est investie dans l’économie nationale». Il considère que «l’État doit inciter le citoyen à épargner». D’où son désaccord avec l’instauration de cet impôt. «Instaurer une taxe à hauteur de 30% peut s’avérer brutale et difficilement assimilable.
Le gouvernement devrait adopter une solution plus souple et plus adaptable, voire carrément supprimer cette proposition». Du côté des assurances, l’impact de l’application de cette mesure sera significatif. Il risque de se traduire par une baisse considérable de la collecte auprès des clients. «Les adhérents, quant à eux, finiront par abandonner l’idée d’épargner», estime l’ancien ministre.
L’assurance-vie représente 46,1% du marché marocain
Selon les données publiées par la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR), les assureurs locaux ont enregistré une hausse de 9,8% de leur chiffre d’affaires en 2021 à 49,809 milliards de dirhams (MMDH). La branche Vie et capitalisation a comptabilisé 46,1% des primes du marché, soit 22,942 MMDH en 2021.
Les 53,9% restants, soit un montant de 26,867 MMDH, se répartissent entre les différentes branches Non-vie dont l’Automobile. Cette dernière a enregistré 12,988 MMDH de primes émises en 2021, suivie des Accidents corporels et Accidents du travail qui affichent des chiffres d’affaires respectifs de 4,772 MMDH et 2,319 MMDH. Les acceptations de réassurance ont progressé de 0,7% pour s’établir à 3,071 MMDH au 31 décembre 2021.

Kenza Aziouzi / Les Inspirations ÉCO

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