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Marché marocain : Beaucoup d’avancées en matière de gouvernance

L’Institut marocain des administrateurs a réalisé deux enquêtes sur la pratique de la gouvernance dans les sociétés cotées et l’implication des investisseurs institutionnels dans cette gouvernance ainsi que son importance dans leurs décisions d’investissement.


La gouvernance est le nerf de la guerre des marchés actuellement.  «L’application des principes de bonne gouvernance d’entreprise constitue un pilier essentiel pour l’édification d’un marché de capitaux transparent et efficient», a affirmé Nezha Hayat (photo), présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), lors d’un workshop de présentation des résultats de deux enquêtes sur le sujet tenu en fin de semaine dernière. «En se référant à ce qui se passe sur les marchés de capitaux, aussi bien au Maroc qu’à travers le monde, les sociétés faisant un appel public à l’épargne rencontrent de grandes difficultés, très souvent causées par un déficit avéré dans leur gouvernance», avait souligné la présidente de l’AMMC.

En effet, une société bien gouvernée représente une bonne opportunité de placement pour les investisseurs. En témoignent d’ailleurs les résultats de deux enquêtes réalisées par l’Institut marocain des administrateurs (IMA) sur la gouvernance. Ainsi, les investisseurs institutionnels, composés usuellement des banques, assureurs et fonds, qui constituent la principale composante des investisseurs sur le marché boursier marocain, accordent une grande importance au «critère gouvernance» dans leurs décisions d’investissement, de désinvestissement ou d’allocation de portefeuilles. En effet, d’après l’enquête, 75% des répondants considèrent le critère gouvernance comme étant «très important», tandis que les 25% restants le jugent «important».

Une amélioration notable chez les sociétés cotées
Un intérêt dont sont conscientes les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca. D’ailleurs, une autre enquête de l’IMA révèle la mise en place de comités spécialisés du Conseil d’administration ou du Conseil de surveillance par les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca a connu une «nette avancée» entre 2010 et 2015. Il s’agit en l’occurrence du comité d’audit et du comité des nominations et des rémunérations (CNR), recommandés par le Code marocain des bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise. L’enquête qui a été menée auprès d’un échantillon de 29 sociétés sur 72 cotées, constituant un taux de réponse de 40%, fait ressortir que les 2/3 des sociétés disposent d’un comité d’audit contre la moitié en 2010, tandis que 62% des sociétés répondantes ont un CNR, contre 53% en 2012 et 28% en 2010. S’agissant de la proportion des sociétés cotées répondantes qui déclarent se référer au Code marocain des bonnes pratiques de gouvernance, Lamia El Bouanani, directrice exécutive de l’IMA a indiqué qu’elle demeure relativement stable : soit 62% en 2015 contre 72% en 2012. Par ailleurs, pour la sélection d’un administrateur «la compétence, l’expérience et l’éthique arrivent de nouveau en tête des critères jugés les plus importants, tandis que le courage n’est cité qu’une seule fois», a expliqué El Bouanani, notant que la part des sociétés séparant les fonctions de direction et de surveillance a connu une progression par rapport à 2012, passant de 42% à 55% en 2015. Mieux encore, l’enquête souligne une nette amélioration de l’information diffusée aux actionnaires entre 2012 et 2015 : un quart des sociétés répondantes diffuse une lettre aux actionnaires en 2015 contre 14% en 2012, tandis que la quasi-totalité (92%) diffuse l’information destinée aux actionnaires sur leur site web contre la moitié en 2012. De quoi satisfaire des investisseurs de plus en plus exigeants.

Une implication certaine des zinzins
Quant à l’implication des investisseurs institutionnels dans la gouvernance des sociétés dans lesquelles ils détiennent des participations, l’enquête révèle déjà que les 2/3 de l’échantillon représentatif (12 répondants au questionnaire administré en ligne entre septembre et décembre 2015) affirment que leur engagement peut se traduire par une prise de position collective avec d’autres investisseurs, et proposent la nomination d’administrateurs, notant qu’aucun des répondants ne communique publiquement sur sa politique de gouvernance.

Pour ce qui est de l’exercice des mandats de gouvernance, l’étude révèle que la majorité des investisseurs institutionnels interrogés ne détiennent pas (80%) de mandats au sein de leurs participations minoritaires cotées. En revanche, la proportion s’inverse lorsqu’il s’agit des participations minoritaires non cotées : 80% des investisseurs interrogés siègent au minimum dans 1/3 et dans la plupart des cas au sein de la totalité de leur portefeuille de sociétés non cotées. Par ailleurs, il faut dire que cet échantillon détient en moyenne 15 participations minoritaires cotées à la Bourse de Casablanca et 17 participations minoritaires non cotées. Chez plus de la moitié des répondants, c’est un responsable investissement qui est chargé de la revue des questions de gouvernance. Par ailleurs, un seul investisseur sur 12 déclare avoir formalisé un scoring pré-gouvernance qui conditionne ses décisions d’investissement.  

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