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Introduction en bourse : l’AMMC initie les futurs investisseurs

Le gendarme de la Bourse vient de publier son troisième guide de l’investisseur qui porte sur les introductions en bourse. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la participation de l’Autorité marocaine du marché des capitaux au World Investor Week et vient appuyer son engagement en matière d’éducation financière du grand public.

Élaboré par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), dans le cadre de ses activités d’éducation financière mais aussi pour sa participation à la World Investor Week, le guide de l’investisseur est un support à destination de tous. Il a pour but de faciliter, aux investisseurs actuels et futurs, la compréhension des notions de base de l’investissement dans le marché des capitaux.


Pour sa troisième édition, l’AMMC a décidé d’apporter un éclairage concernant les introductions en bourse. Elle explique dans ce guide, de façon simplifiée, le mécanisme de la cotation sur le marché et les concepts qui s’y rattachent. Malgré un potentiel important d’entreprises répondant aux critères d’introduction en Bourse et la place prépondérante qu’occupe le marché boursier sur le plan régional et continental, les opérations d’IPO (Initital Public Offering) se font toujours attendre. La dernière opération a été, en effet, celle d’Aradei Capital, en décembre dernier, pour un montant de 600 millions de DH (MDH). Avant cela, c’était le groupe multimarques Mutandis qui avait tenté sa chance, en décembre 2018, pour près de 400 MDH (voir tableau). Or, tous les efforts fournis durant les dernières décennies pour le renforcement du dispositif législatif, à savoir la réforme de la Bourse de 1993, les modifications réglementaires de 2008 et 2014, et la tout récente réglementation du marché des capitaux, n’ont malheureusement pas permis d’attirer suffisamment les émetteurs.

Aujourd’hui, la place boursière de Casablanca ne compte que 76 pensionnaires alors que l’ex-directeur général de la société gestionnaire de la Bourse en avait déjà promis le double, à savoir 150 sociétés, pour 2015. Une ambition qui n’a jamais pu être atteinte pour des raisons évidentes de liquidité et de manque de profondeur ainsi que du fait de la mise en place de la réforme du marché. Et pour cause, cette réforme n’a pas été clairement érigée en tête des priorités des différents gouvernements. Pourtant, le marché boursier a démontré son importance dans les situations de crises économiques puisqu’il constitue une véritable alternative aux financements classiques. L’absence d’actions concrètes tend à décourager les investisseurs. Les acteurs du marché demandent ainsi des actions de grande ampleur pour rebooster la Bourse. Si, sur le papier, les réformes ont bien été prévues, les textes d’application tardent à voir le jour. L’autorité régulatrice entretient l’espoir quant à l’amélioration de l’offre du marché et au renforcement de la confiance. Mais encore faut-il que ces chantiers soient menés à exécution. Le Nouveau modèle de développement (NMD) a, pour sa part, ressorti les mesures phares pour le marché, fixant des objectifs très ambitieux.

En effet, l’équipe de Benmoussa ambitionne de porter le nombre de sociétés cotées à 300, d’ici 2035, dont 150 entreprises de plus de 100 millions de dollars de capitalisation boursière. Elle veut, également, multiplier par dix les émissions d’actions pour atteindre 1 milliard de dollars en moyenne annuelle, entre 2021 et 2030, puis 5 milliards par an, entre 2030 et 2035. Le NMD prévoit aussi de relever à 25% la part des investisseurs internationaux dans les transactions et de parvenir à 2 milliards de dollars d’émissions d’obligations en moyenne annuelle entre 2021 et 2030, puis à 7 milliards entre 2030 et 2035. Allez, au travail !

Tilila El Ghouari / Les Inspirations ÉCO


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