Éco-Business

Interdiction russe des agrumes égyptiens : Un semblant d’opportunité pour l’orange

Les  producteurs-exportateurs marocains profiteront-ils de l’interdiction temporaire des exportations agrumicoles égyptiennes, introduites par l’agence sanitaire russe  ? Vraisemblablement pas, car en dépit de la suspension russe, dès demain jeudi, des importations agrumicoles égyptiennes, seul le segment des oranges marocaines peut bénéficier de cette conjoncture coïncidant avec le début de la campagne d’export.

Il faut signaler que la composition des exportations agrumicoles marocaines s’est métamorphosée durant ces dernières années, avec une forte concentration des petits calibres, notamment la clémentine au détriment de l’orange, produit phare des exportations égyptiennes. «Le Maroc a levé complètement la main sur l’orange et en tant que pépiniéristes, nous avons vendu cette année beaucoup de clémentines et moins d’oranges», nous soulignait d’ailleurs le producteur-exportateur Tariq Kabbage, en marge du Salon World Food Moscow, tenu du 12 au 15 septembre. C’est pourquoi, la profession est actuellement dans l’expectative.


«Cette décision peut apparaître comme une opportunité économique pour les exportations marocaines, notamment l’orange. Cependant, il faut rester prudent en raison de la nature des exportations marocaines constituées en majorité de petits fruits, mais aussi du caractère temporaire de ces restrictions prévues sur les agrumes égyptiennes», explique Abdelah Jrid, président de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (ASPAM). De plus, un comité de haut niveau a été créé pour mener des négociations avec la partie russe sur les importations et les exportations russes afin de trouver une issue favorable à ce différent. Notons que le Maroc est classé 3e sur le podium des exportations agrumicoles vers la Russie avec 200.000 tonnes cumulées durant la campagne précédente contre respectivement 500.000 et 240.000 tonnes pour les exportations acheminées vers le marché russe par la Turquie et l’Égypte.

Par ailleurs, cette annonce d’interdiction temporaire des importations d’agrumes en provenance d’Égypte intervient quelques jours après que Moscou ait accusé Le Caire de se livrer à un «marchandage» en cessant d’importer son blé pour des motifs sanitaires. Premier pays importateur de blé dans le monde et premier client des céréales russes, l’Égypte a durci, fin août, son cahier des charges sanitaire et refuse désormais les chargements comportant toute trace d’ergot, maladie affectant certaines céréales. En réaction face à cette décision, la Russie qui a acheté l’année dernière près de 150 millions de dollars d’agrumes égyptiens, soit environ 13% de ses importations totales a officialisé cette interdiction à travers son agence sanitaire : Rosselkhoznadzor.

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