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Importations de blé : L’Exécutif ouvre les vannes

Le gouvernement compte rétablir des droits d’importation de blé à seulement 30% au lieu des 135% en vigueur. L’objectif de cette mesure étant de garantir un approvisionnement régulier du marché intérieur dans les meilleures conditions et l’optique d’une campagne agricole 2017-2018 moyenne.

La prochaine campagne agricole s’annonce de plus en plus laborieuse. En témoigne cette fois le projet de décret gouvernemental qui vient d’être diffusé auprès des membres du gouvernement portant sur la modification des droits d’importation applicables au blé tendre et ses dérivés.

En effet, l’Exécutif recommande un retour aux droits d’importation qui prévalaient avant le 15 mai 2017, soit 30% (au lieu de 135% actuellement) et ceci à partir du 1er décembre prochain. En cause, des stocks de blé tendre en baisse progressive (15,7 millions de quintaux à début octobre, soit l’équivalent de plus de 3,5 mois d’écrasement) conjuguée à une faible collecte de la production nationale attendue durant les prochains mois. Pour le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, le contexte actuel se prête à une ouverture des vannes de l’import. Le bilan mondial céréalier reste globalement favorable assurant une stabilité relative des prix grâce à une très bonne production mondiale des céréales et un stock de report mondial prévisionnel toujours en amélioration par rapport à l’année précédente.

Selon le département d’Aziz Akhannouch, l’annonce de cette baisse des droits d’importations devra avoir lieu dans les meilleurs délais possibles afin de permettre aux importateurs de prendre leurs dispositions et donc de se positionner sur le marché mondial. Le taux proposé devra permettre d’avoir un prix de revient, sortie port, aux alentours de 250 à 260 DH par quintal. L’objectif de cette mesure étant de garantir un approvisionnement régulier du marché intérieur dans les meilleures conditions. Aussi, compte tenu des mesures prises par le gouvernement, l’essentiel de la collecte a-t-il déjà eu lieu et le recours aux importations pour assurer un approvisionnement normal ne devra pas perturber la commercialisation du reliquat de la collecte de blé tendre local.

En 2017, la production nationale céréalière a atteint 96 millions de quintaux (Mqx) dont 49 de blé tendre, soit des niveaux comparables à ceux de 2015. La récolte de 2017 s’est distinguée par une qualité bien supérieure dans plusieurs régions, confirmée par le programme d’échantillonnage et d’analyse de l’ONICL. La collecte a été effectuée principalement par les commerçants (72%) et a été concentrée sur les régions de Fès-Meknès et Casablanca-Settat. Les stocks actuels représentent l’équivalent de plus de 3,5 mois d’écrasement soit 15,7 Mqx à début octobre. La prochaine campagne agricole risque en tout cas d’avoir un impact important sur la croissance économique. Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, la valeur ajoutée agricole risque de reculer de 1% en 2018 sous l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne.  

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