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François Benaroya : “Nous voulons accompagner les enjeux très forts de la transition du Maroc” (VIDEO)

François Benaroya
Responsable adjoint BNP Paribas International Retail Banking et responsable Europe Méditerranée

Le Groupe BNP Paribas a décidé d’afficher clairement ses ambitions en matière de transition énergétique et de développement durable au Maroc. C’est dans ce dessein que sa filiale, la BMCI, a organisé le premier Forum de la finance durable, mercredi 15 juin à Rabat. L’occasion pour «Les Inspirations ÉCO» d’en savoir plus sur ce positionnement, en s’entretenant avec François Benaroya, responsable adjoint BNP Paribas International Retail Banking et responsable Europe Méditerranée, qui a présidé l’événement. 


Le Groupe BNP Paribas est actif dans la finance durable depuis un bon bout de temps. Pourquoi avez-vous attendu pour organiser ce «Forum de la finance durable» au Maroc. Pourquoi maintenant ?
Effectivement, le Groupe BNP Paribas est dans la finance durable depuis plus de 10 ans. C’est une thématique importante qu’on porte à travers un certain nombre d’engagements, par exemple de sortie de certains secteurs économiques, comme le charbon, le gaz de schiste ou encore le tabac. Il faut savoir que nous organisons ce forum pour deux principales raisons.

La première, c’est qu’au niveau du Groupe, nous avons lancé un nouveau plan stratégique, un plan à l’horizon 2025. D’ici cette échéance,  c’est-à-dire entre 2022 et 2025, le Groupe BNP Paribas, en s’appuyant sur ses fondations solides et l’engagement de ses collaborateurs, va accompagner tous ses clients dans leurs nouveaux usages des services bancaires et financiers, ainsi que dans leurs projets de développement.

Il va aussi orienter ses flux financiers vers les investissements nécessaires à la transition en faveur d’une économie plus durable. Cela rejoint ainsi la dénomination que nous avons donnée à ce plan  GTS (Growth technolgy sustainability) où le S de la finance durable est vraiment au cœur de nos engagements. Et puis, plus prosaïquement, il y a eu deux années de Covid-19, durant lesquelles on ne pouvait pas organiser ce genre d’événement. Il nous paraît donc important de le faire maintenant parce qu’il y a des enjeux très forts pour le Maroc, pour accompagner le pays dans sa transition.

Le Maroc est très bien positionné déjà, mais il doit accélérer cette transition. Ensuite, il y a cette guerre en Ukraine qui nous rappelle notre dépendance par rapport aux énergies fossiles, de façon encore plus forte. Elle doit nous conduire à accélérer vers la transition. Voilà, c’est tout un tas de raisons qui font que nous pensons que c’est le bon moment pour tenir ce «Forum de la finance durable» au Maroc.

Quels sont les objectifs de ce forum et quelle est la périodicité que vous comptez lui imprimer ?
L’objectif d’un forum, c’est d’abord de partager des informations avec les acteurs : la puissance publique, les grandes banques internationales, les organismes mondiaux, les entreprises et aussi la rencontre entre les différents acteurs. Le networking est essentiel dans un forum. Nous avons fait cela dans d’autres pays et ce qu’on découvre, c’est qu’il y a, par exemple des entreprises qui se retrouvent autour d’un même thème, comme l’économie circulaire, et qui à l’occasion disent «J’ai des déchets, je peux te les donner et organisons nous ensemble pour collectivement avoir une économie plus verte.

C’est là où on voit que rien ne remplace les rencontres physiques pour avoir cette qualité d’échanges et cette spontanéité. Concernant votre seconde question sur la régularité à imprimer, sachez qu’aujourd‘hui, c’est la première édition du «Forum de la finance durable» organisée par la BMCI. Il nous paraît important d’organiser ce type de rencontre régulièrement, peut-être une fois par an. Parce que c’est vraiment une thématique fondamentale pour le 21e siècle. Et il faut que tous les acteurs économiques se retrouvent de temps à autre pour échanger et avancer là-dessus.

La BMCI est prête à le faire avec d’autres acteurs qu’ils soient publics ou privées et même avec d’autres banques. Parce que dans ce domaine, on n’a pas peur de la concurrence. On pense que plus il y aura d’acteurs qui aident leurs clients à aller vers la transition, plus vite le Royaume atteindra ses objectifs en matière de développement durable.

En scrutant le programme de la première édition du «Forum de la finance durable», on voit que le Groupe BNP Paribas et sa filiale, la BMCI, ont axé le second panel sur le secteur de la santé au Maroc. Pourquoi ce choix ?
Lorsqu’on parle de finance durable, on parle plus souvent d’environnement, de biodiversité et de changement climatique. On peut aussi parler de l’aspect S comme social, c’est-à-dire de l’inclusion, de la pauvreté, mais aussi de la santé. En effet, la santé est le premier besoin des habitants de la planète. Il faut pouvoir vivre sans maladie, et mener ainsi une vie plus longue. C’est aussi un domaine où les acteurs financiers que nous sommes ont des solutions à apporter pour faciliter l’accès aux soins et l’équipement des professionnels de la santé.

Est-ce qu’il faut aussi comprendre que vous avez délibérément choisi ce thème parce que vous avez des expériences réussies à l’international que le Groupe BNP Paribas veut transférer au Maroc ?
Bien sûr, dans le domaine de la santé, nous avons développé de la réactivité et une vraie coopération avec les acteurs du secteur. Cela a démarré en France comme beaucoup de choses chez BNP Paribas. Mais il y a déjà plusieurs années que la BMCI travaille de façon étroite avec les professionnels de la santé et avec de très belles réalisations. Bien sûr, on va profiter de ce forum pour les partager et faire plus pour accélérer les développements dans ce domaine.

Rejoignant les recommandations du Nouveau modèle de développement dont vient de se doter le Maroc, le Groupe BNP Paribas a également décidé de pousser sa filiale, la BMCI, vers le financement de startups. C’est, notamment, l’objet du troisième panel du forum. Comment comptez-vous vous y prendre ?
Le NMD est un cadre très bien organisé et très structurant pour nous. On pense que pour tous les sujets ESG (Environnement – Social – Gouvernance), que ce soit les sujets environnementaux ou sociaux, l’innovation est fondamentale. On ne peut pas réussir actuellement avec les approches et les technologies anciennes. Il faut donc faire la part belle à l’innovation, notamment en encourageant les fintechs, les greentechs… Et bien sûr, nous sommes ouverts à différents types de soutien à ces acteurs. Nous sommes prêts à leur donner plus de visibilité à travers des forums comme celui d’aujourd’hui. Pourquoi pas aussi des financements, voire des participations au capital, comme on l’a déjà fait dans d’autres pays.

Les cinq convictions de François Benaroya

1 Notre maison la Terre brûle, et tout le monde devrait en prendre conscience.

2 Nous devons tous, sans exception, agir rapidement, chacun suivant ce qu’il peut, pour éviter le chaos.

3 Chez BNP Paribas, la signature «La banque d’un monde qui change» n’est pas juste un slogan. Au contraire, c’est un engagement concret pour lutter contre le changement climatique. C’est ainsi qu’à l’horizon 2025, c’est-à-dire cinq ans avant l’agenda 2030 fixé par l’accord de Paris, le Groupe BNP Paribas s’engage à accorder 150 milliards d’euros de crédit durable, 250 milliards d’euros d’obligations durables et 300 milliards d’euros d’investissements durables.

4 Nous voulons aider tous nos clients, particulièrement au Maroc où il y a une vraie vision en matière de transition 3 énergétique et de développement durable. Pour se faire, le Groupe BNP Paribas est près à étaler toute la palette de 3 ses métiers.

5 Ce forum de la finance durable a vocation à se répéter régulièrement. Dans le domaine de la finance durable, il n’y a 3 de victoires que collectives.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO


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