Éco-Business

Fibre optique : l’écosystème se met à jour

L’écosystème de la fibre optique et du bâtiment et se met à jour sur les nouveautés concernant le très haut débit. Cette année, les acteurs prévoient d’échanger sur l’importance des sujets liés à la confiance numérique pour accompagner le développement et l’accélération des usages, dans le cadre d’un symposium.

L’écosystème de la fibre optique se mobilise pour sensibiliser aux enjeux de la connectivité et de la confiance numérique. Que ce soit les opérateurs télécoms, les architectes, les opérateurs immobiliers, les fournisseurs de technologies, mais aussi les professionnels du bâtiment et de l’aménagement, tous sont concernés.


À la faveur des résultats positifs enregistrés dans la courbe des infections au nouveau coronavirus et des avancées réalisées par le Maroc dans le cadre de la campagne nationale de vaccination contre la pandémie, le Symposium de la fibre optique fait son retour cette année. Après avoir été annulée l’année dernière, la 6e édition de cette grand-messe de la fibre optique se déroulera les 15 et 16 juin prochains, dans un format hybride.

Au vu du contexte actuel, l’événement se veut 100% digital. Il prendra ainsi la forme de talkshows que les participants pourront suivre en direct. Un ensemble de thématiques seront débattues, telles que la mutualisation des infrastructures télécoms, les avancées législatives sur le développement du très haut débit, la confiance numérique…

Les participants s’attaqueront également à cette question centrale : pourquoi le cuivre continue-t-il à être déployé sur les nouveaux projets immobiliers, dans un contexte de forte utilisation du digital? Rappelons que l’objectif principal du Symposium reste d’informer l’écosystème de la fibre optique et du bâtiment sur les nouveautés concernant le très haut débit et de les sensibiliser sur l’importance des sujets liés à la confiance numérique pour accompagner le développement accéléré des usages numériques des citoyens au Maroc.

Un contexte législatif dynamique
Pour Fayssal Soulaymani, directeur de la Business Unit Fixe d’Orange Maroc, «quand on voit ce qui s’est passé ces deux dernières années, on est sur un contexte assez dynamique, malgré la crise. La pandémie mondiale nous a fait prendre conscience que la connectivité est encore plus importante que jamais. Parce que c’est grâce à elle que des millions de professionnels ont pu continuer à travailler chez eux, que des étudiants ont pu aller à l’école virtuellement, et qu’on a pu rester en contact avec nos familles, à travers les différents outils comme la téléconférence.»

Ce sujet a été longuement abordé lors des précédentes éditions. Partant du principe que la connectivité est un droit, elle devrait être accessible à tous.

À ce titre, la fibre optique a été beaucoup promue comme étant un moyen de communication de référence, parce que cette technologie permet d’accompagner l’évolution de l’usage. Entre-temps, d’autres changements se sont opérés sur le marché. Il y a eu, notamment, la loi 43-20 sur la signature électronique, venue pour préparer la digitalisation et la simplification des procédures. Puis la loi 121-12, promulguée en 2019, qui aborde le partage des infrastructures de télécommunication.

Venant compléter la loi sur les télécoms, cette dernière rejoint celle relative à la gestion des projets immobiliers en mettant en place un certain nombre de règles, notamment des cahiers des charges, pour permettre à tous les promoteurs et aménageurs de construire des infrastructures de communication conformes à la norme et opérationnelles. Sur ce volet, il faudrait rappeler que par le passant, l’on installait les infrastructures de communication comme comme bon nous semblait, sans obligation de suivre un cahier des charges particulier.

Aujourd’hui, Orange a pu tisser des collaborations avec plus de 130 opérateurs immobiliers, qu’elle supporte dans le cadre du développement des infrastructures et dans leurs projets immobiliers, qu’ils soient résidentiels, sociaux, ou encore des lots de terrains aménagés pour lesquels la fibre optique est intégrée comme une composante par défaut. Sur le sujet de la confiance numérique, l’écosystème de la construction sera sensibilisé sur les failles liées à la vidéo-surveillance, qui n’est pas à l’abri des cyber-menaces.

Comment permettre à 50% des usagers d’avoir accès à au moins 100 Mégabits/s à l’horizon 2023 ?
Le projet de décret de la loi sur les PPP va bientôt voir le jour. Celle-ci sera présentée comme une alternative à considérer dans le développement rapide du très haut débit au Maroc. En parallèle, il y a eu une évolution majeure dans le paysage des télécoms avec l’adoption d’un plan national du très haut débit. Celui-ci a une ambition très forte : faire en sorte qu’à l’horizon 2023, 50% des marocains aient accès à 100 Mégabits/s au moins.

«Quand on garde à l’esprit cet objectif, je vois mal beaucoup de technologies télécom permettre d’atteindre cet objectif, si ce n’est la fibre optique», soutient Soulaymani.

Les enjeux sont importants pour l’ensemble des usages, que ce soit l’e-gouvernement, ou encore la productivité au travail, l’apprentissage… Toujours au chapitre des nouveautés réglementaires qui se sont opérées sur le marché, la note d’orientation générale de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) est arrivée.

Dans son sillage, une série d’ateliers sont organisés par le régulateur pour encourager la mutualisation des infrastructures télécoms. «Nous abordons régulièrement cette thématique parce que nous sommes convaincus que la mutualisation des infrastructures va permettre d’accélérer le déploiement, et de rendre ces infrastructures accessibles au plus grand nombre. Ce qui serait différent si chaque opérateur construit ses propres infrastructures. On aura trois réseaux parallèles sur les mêmes zones, alors qu’on peut les mutualiser et accélérer l’accès», déplore le manager. Face au statu quo, des opérateurs se sont lancés, depuis 2015, dans l’accélération du développement du très haut débit via la 4G et la fibre optique.

Des risques majeurs
L’hyper-connectivité augmente les risques sur la sécurité des systèmes d’information (SI). D’où l’importance d’éveiller les consciences sur le sujet de la confiance numérique. «Vu que tous les process sont digitalisés et numérisés, tout problème sur le système d’information va potentiellement se répercuter sur toutes les transactions qui en dépendent. Ce qui peut mettre en péril l’intégrité de ressources, de données ou de personnes», explique Fayssal Soulaymani.

Cette problématique est d’autant plus urgente à suivre de près que, à la faveur de la Covid-19, de plus en plus de collaborateurs d’entreprises travaillent à distance, optant du coup pour la continuité de service «au détriment de la sécurité des données, même si leur système d’information n’est pas préparé pour cela». Il y a donc un réel enjeu sur cette thématique.

L’an dernier en France, par exemple, il y a eu 255% de signalements d’attaques par ransomwares (rançongiciels). Autant dire que le nombre d’organismes publics ou privés touchés par des ransomwares a explosé dans le pays. Étaient particulièrement ciblés les entreprises de services numériques, les collectivités territoriales ainsi que les secteurs de l’éducation et de la santé, dont des sociétés pharmaceutiques qui développent des vaccins contre la Covid-19.

Modeste Kouamé / Les Inspirations Éco

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