Éco-Business

Crise économique : les deux secteurs qui tirent leur épingle du jeu

Selon les tendances sectorielles observées par la DEPF, seuls les phosphates et dérivés et les télécommunications ont connu une amélioration de leurs activités à fin juin. Quant aux autres secteurs, ils semblent atteints de sinistrose.

Au terme du premier semestre de l’année en cours, seuls deux secteurs d’activités économiques sont parvenus à tenir bon face aux effets dévastateurs de la crise sanitaire de la Covid-19. C’est ce que révèle la Direction des Études et des prévisions économiques (DEPF) du ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration dans sa dernière note de conjoncture publiée fin août. Il ressort des tendances observées que seuls les secteurs des phosphates et dérivés et des télécommunications ont connu une amélioration de leurs activités à fin juin. En effet, après une légère baisse de sa valeur ajoutée au premier trimestre 2020 (-0,4%), le secteur extractif a affiché un rebond de son activité au deuxième trimestre 2020, en ligne avec la hausse de la production de phosphate roche, principale composante du secteur, de 9,1% après un accroissement de 7,4% un an plus tôt.


OCP : 25 milliards de dirhams à l’export
Pour ce qui est de la production des dérivés de phosphates, elle a progressé au terme du deuxième trimestre 2020 de 13,5%, en lien avec le renforcement de celle des engrais de 16,9% et de celle de l’acide phosphorique de 8,9%. À fin juin 2020, la production de phosphate roche s’est inscrite en hausse de 4,7%, après +2,7% il y a une année, et celle de ses dérivés de 10,5%, après -14,8%. Sur un autre plan, cette bonne dynamique est impulsée par le renforcement du volume des exportations de phosphate roche de 11,7% à fin juin 2020. Pour ce qui est des ventes à l’étranger des dérivés de phosphates, elles se sont affermies de 17,2% en volume contre une légère baisse en valeur de 3%, portant le chiffre d’affaires global à l’export du groupe OCP à près de 25 milliards de dirhams, en repli de 2% en glissement annuel. Concernant les télécommunications, ce secteur a enregistré une performance de sa valeur ajoutée de +1,1% au premier trimestre 2020, après une amélioration de 1,5% à la même période de l’année précédente. Dans un contexte de crise internationale inédite, le groupe Maroc Telecom, premier opérateur des télécommunications au Maroc, a affiché une hausse de son chiffre d’affaires consolidé de 2,7%, au terme du premier semestre 2020 à 18,3 milliards de dirhams.

Cette dynamique provient, particulièrement, du développement de la Data Mobile et des services Mobile Money à l’International et de la bonne tenue de la Data Fixe au Maroc. Ainsi, le chiffre d’affaires réalisé au Maroc s’est réduit de 1,8%, à 10,7 milliards de dirhams en rapport avec une baisse des revenus générés de l’activité du Mobile de 2,6%. Ce recul a été atténué par l’accroissement de ceux de l’activité du Fixe et Internet de 1,5%, à 4,7 milliards de dirhams, incorporant une hausse des recettes de la Data Fixe de 13,2%. À l’international, les revenus du groupe se sont améliorés de 6,3% à 8,3 milliards de dirhams. Pour le parc du groupe, il a atteint durant la même période 68,4 millions d’abonnés, en hausse de 9,1%, tirant profit de l’intégration de Tigo Tchad dans le périmètre du Groupe à partir du 1er juillet 2019 et du comportement favorable dans la majorité des marchés intégrés, y compris le marché national dont le parc du Mobile s’est accru de 0,1%, celui du Fixe de 6,9% et celui de l’accès au haut débit de 10,5%.

Le transport fait de la résistance
À part ces deux secteurs qui sortent du lot des sinistrés, celui du transport est parvenu à faire de la résistance. La valeur ajoutée du secteur du transport s’est certes soldée par un repli de 2,6% au terme du premier trimestre 2020, au lieu d’une performance de +6,4% un an plus tôt. Il a pâti de l’arrêt quasi total de l’activité du secteur du transport aérien à partir de la mi-mars 2020 et des mesures de restriction de la circulation décrétées au niveau national à partir du 20 mars 2020 pour faire face à la propagation du coronavirus. Pour le deuxième trimestre 2020, ce retrait se serait même creusé davantage, en raison des mesures restrictives maintenues jusqu’au 10 juin 2020, engendrant l’arrêt quasi total des activités de transport mixte dans ses différents segments. Toutefois, il aurait été atténué grâce au comportement favorable maintenu par l’activité de transport maritime durant ce même trimestre. Celle-ci a affiché une hausse de son trafic de 8,1%, après +7,3% au premier trimestre 2020, portant la croissance de ce trafic à +7,5% à fin juin 2020, après +0,9% un an plus tôt. Au terme des sept premiers mois de 2020, ce trafic s’est accru de 6,3%, après +2% un an auparavant. Sinon, le tableau est complètement noir pour le reste de l’économie marocaine. Le secteur primaire est en berne. La pêche se porte mal. L’agriculture a accouché d’une campagne céréalière décevante. La production définitive des trois céréales principales au titre de la campagne 2019-2020 est de 32 millions de quintaux. Elle est en baisse de 39% par rapport à la campagne précédente qui était une année moyenne pour la production (52 Mqx), vient d’indiquer le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Dans le secteur secondaire, c’est également la morosité qui prévaut.
Les seules réjouissances enregistrées proviennent de l’électronique et de l’agroalimentaire qui ont connu une légère amélioration en juin.

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco


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