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Conjoncture : l’inflation pointe son nez

En janvier, l’indice des prix à la consommation a connu une hausse de 0,1% par rapport à décembre 2020. Selon le HCP, il en a résulté une inflation en hausse de 0,2% par rapport au mois de décembre 2020 et de 0,4% par rapport au mois de janvier 2020, alors que le HCP table sur une inflation de 1,1 % à fin 2021.

L’année 2021 démarre avec une légère menace inflationniste. Selon la dernière note de conjoncture du Haut-commissariat au plan (HCP), l’indice des prix à la consommation (IPC) a, en effet, connu, au cours du mois de janvier 2021, une hausse de 0,1% par rapport au mois précédent. Une variation qui est le résultat de la stagnation de l’indice des produits alimentaires et de la hausse de 0,2% de l’indice des produits non-alimentaires, explique le HCP. Au niveau des produits alimentaires, les hausses observées entre décembre 2020 et janvier 2021 concernent principalement les «Poissons et fruits de mer» avec 2,1%, les «Huiles et graisses» avec 1,5% et les «Eaux minérales, boissons rafraîchissantes, jus de fruits et de légumes» avec 0,3%. En revanche, les prix ont diminué de 1,0% pour les «Légumes» et de 0,6% pour les «Fruits» et les «Viandes».


Un taux d’inflation de 0,2% à fin janvier
Alors qu’au niveau des produits non-alimentaires, la hausse a principalement concerné les prix des «Tabacs» avec 2,3% et des «Carburants» avec 2,5%. Par ville, les hausses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Kénitra avec 0,7%, à Safi avec 0,6%, à Tétouan et Errachidia avec 0,4%, à Meknès avec 0,3% et à Casablanca et Tanger avec 0,2%. En revanche, des baisses ont été enregistrées à Dakhla avec 0,6%, à Laâyoune avec 0,5% et à Guelmim et Beni-Mellal avec 0,4%. Comparé au même mois de l’année précédente, l’indice des prix à la consommation a enregistré une stagnation au cours du mois de janvier 2021. Cette stagnation résulte de la baisse de l’indice des produits alimentaires de 0,8% et de la hausse de celui des produits non-alimentaires de 0,6%. Les variations enregistrées pour les produits non-alimentaires vont d’une baisse de 0,4% pour les «loisirs et culture» à une hausse de 1,7% pour l’«Enseignement». Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatiles et les produits à tarifs publics, aurait connu, au cours du mois de janvier 2021, une hausse de 0,2% par rapport au mois de décembre 2020 et de 0,4% par rapport au mois de janvier 2020.

Les prévisions tablent sur un taux de 1,1% en 2021
Cette situation est, somme toute, un peu inquiétante par rapport à l’année dernière. En effet, l’inflation a connu une baisse de 0,1% en 2020 et les prévisions du HCP, pour l’année en cours, tablent sur un taux de 1,1%. Autrement dit, si l’inflation devait s’inscrire sur cette même hausse moyenne de janvier 2021 dans le reste des mois à venir, on se situerait à 2,4% de hausse à fin décembre prochain, ce qui représenterait, de loin, plus que le double du taux prévu par les experts du HCP. Est-ce que l’on va vers ce scénario ? Non, répond un économiste joint par les Inspirations ÉCO. Selon lui, «cette hausse est en fait une fausse alerte qui va être rapidement compensée par la bonne campagne agricole qui s’annonce. En effet, dès le mois prochain (mars 2021), on devrait commencer à recueillir les fruits de cette campagne à travers une baisse substantielle des prix des produits alimentaires». En attendant, rappelons que malgré la crise sanitaire, le Maroc est parvenu à contenir l’inflation à 0,1% en 2020 contre 1,3% en 2019. Selon le HCP, l’indice des prix à la consommation (IPC) n’a, en effet, enregistré, au terme de toute l’année écoulée, qu’une augmentation de 0,7% par rapport à 2019. Sa hausse a notamment résulté de l’augmentation de l’indice des produits alimentaires de 0,9% et de celui des produits non-alimentaires de 0,5%. Les variations enregistrées au niveau des produits non-alimentaires ont concerné une baisse de 1,6% sur le “Transport” et une hausse de 2,7% sur l’”Enseignement”. Sur cette base, l’indicateur d’inflation sous-jacente a connu une progression de 0,5% au cours de 2020 par rapport à 2019. Par ville, les hausses les plus importantes de l’IPC annuel ont été enregistrées à Guelmim avec 2,1%, à Beni-Mellal (1,3%), à Tanger et Laâyoune (1%), à Agadir, Rabat et Meknès (0,9%), à Marrakech, Settat et Al-Hoceima (0,8%) et à Errachidia (0,7%). En revanche, des stagnations ont été enregistrées à Fès et à Kénitra. 

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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