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Conjoncture : les ménages ont le spleen

Au second trimestre de l’année en cours, l’indice de confiance des ménages, dont les composantes portent sur la perception par les ménages de l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables, ainsi que de leur situation financière, s’est établi à 63 points, au lieu de 68,3 points enregistrés le trimestre précédent et 65,6 points une année auparavant.

Le Haut commissariat au plan (HCP) vient de publier les résultats de son enquête permanente de conjoncture auprès des ménages sur le second trimestre de l’année en cours. Il en ressort que la confiance des ménages s’est globalement dégradée au cours du deuxième quartile de cette année. L’indice de confiance des ménages (ICM), dont les composantes portent sur leur perception de l’évolution des critères suivants, niveau de vie, chômage, opportunité à effectuer des achats de biens durables et situation financière, s’est, en effet, établi
à 63 points, contre 68,3 points, le trimestre précédent, et 65,6 points, une année auparavant.


Au deuxième trimestre 2021, 65,6% des ménages ont déclaré constater une dégradation de leur niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 19,6% une stagnation, et seulement 14,8%, ont enregistré une amélioration (Voir graphique). Le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est ainsi resté négatif, à moins 50,8 points, contre moins 50,5 points au trimestre précédent, et moins 24,8 points au même trimestre de l’année écoulée. Concernant les douze prochains mois, 29,6% des ménages s’attendent à une dégradation de leur niveau de vie, 40,6% à un maintien, et 29,8% à une embellie. Sur cette base, le solde d’opinion s’établirait à 0,2 points, enregistrant ainsi une dégradation par rapport au trimestre précédent où il s’établissait à 13,2 points, et une amélioration comparativement au même trimestre de l’année écoulée, avec moins 11,4 points.

80% des ménages s’attendent à une hausse du chômage
L’opinion des ménages concernant la problématique du chômage reste très majoritairement pessimiste. Les effets de la crise sont encore prégnants. Ainsi, au deuxième trimestre 2021, 80% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, contre 10,2% seulement qui expriment un avis contraire. Le solde d’opinion est resté ainsi négatif à moins 69,8 points, contre moins 62,2 points, un trimestre auparavant, et moins 75,2 points, il y a un an.

Concernant la situation financière des ménages, c’est la perception de sa dégradation qui prévaut généralement. C’est ainsi qu’au deuxième trimestre 2021, 54,6% des ménages ont estimé que leurs revenus couvraient à peine leurs dépenses, 41,7% ont déclaré s’endetter ou puiser dans leur épargne, et seulement 3,7% ont affirmé être parvenus à épargner une partie de leurs revenus. Le solde d’opinion relatif à la situation financière des ménages, au second trimestre, est ainsi resté négatif, à moins 38 points, contre moins 34,4 points, le trimestre précédent, et moins 30 points, une année auparavant. Interrogés sur l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, 55,5% des ménages ont considéré qu’elle s’est dégradée, contre 5,5% seulement pour lesquels elle aurait évolué favorablement. Autrement dit, la perception est restée négative, avec un solde d’opinion de moins 50 points, contre moins 47,4 points, au trimestre précèdent, et moins 27 points, pour le même trimestre de l’année dernière. Concernant l’évolution prévisible de leur situation financière au cours des 12 prochains mois, 30,3% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière, contre à peine 15,5% d’avis contraire. Le solde d’opinion de cet indicateur s’est ainsi établi à 14,8 points, contre 21,2 points un trimestre auparavant, et moins 4,6 points, il y a un an.

Seuls 16,4% des ménages pensent qu’ils pourront épargner
Dans ces conditions, il est difficile pour les ménages d’épargner. Ainsi, au deuxième trimestre 2021, seuls 16,4% des ménages, contre 83,6%, escomptaient épargner au cours des 12 prochains mois. Le solde d’opinion relatif à cet indicateur est également resté négatif, à moins 67,2 points, alors qu’il était de moins 60,8 points au trimestre précédent, et de moins 70,4 durant le même trimestre de l’année passée. Certains ménages mettent en cause la hausse des prix des produits alimentaires.

Au deuxième trimestre 2021, 87,1% des ménages ont, en effet, déclaré que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois, contre une proportion infime, de 0,3%, ayant plutôt ressenti une diminution. Le solde d’opinion de cet indicateur continue sur sa tendance baissière, avec moins 86,8 points, après avoir enregistré moins 74,0 points le trimestre précédent, et moins 67,6 points une année auparavant. Sur les 12 prochains mois, les prix des produits alimentaires devraient continuer leur trend haussier, selon 70,6% des ménages, contre 2,9% seulement qui s’attendent à leur baisse.

Le solde d’opinion est ainsi resté négatif, se situant à moins 67,6 points, au lieu de moins 60,2 points enregistrés un trimestre auparavant, et moins 69,0 points, il y a un an. Le moment ne serait donc guère opportun pour investir dans des biens durables onéreux. En effet, au deuxième trimestre 2021, 74,6% contre 9,0% des ménages, ont jugé judicieux de différer leurs achats de tels biens. Le solde d’opinion de cet indicateur est resté ainsi négatif, à moins 65,6, enregistrant une dégradation par rapport au trimestre précédent où il s’établissait à moins 61,6, et une amélioration par rapport au même trimestre de l’année précédente, à moins 68. 

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco

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