Éco-Business

CIMAT : Le challenger qui devient grand

La société créée en 2007 arrive en si peu de temps à se tailler une bonne part de marché et à générer des revenus en hausse. N’envisageant pas de s’arrêter en si bon chemin, le cimentier envisage d’étendre son réseau de distribution de ciments et à créer de nouvelles centrales à bétons.


Le challenger Ciment de l’Atlas ou CIMAT, dont les deux usines (en service depuis avril 2010 et janvier 2011) affiche à fin 2015 une part de marché de 14%, dépassant même son ainé Asment Témara ne disposant que d’une part de 8%, selon la note d’information de CIMAT relative à son emprunt obligataire de 2 MMDH.

En effet, en 2015, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 2,55 MMDH pour un volume de vente de ciments et clinker de 3.202.000 tonnes, induisant une part de marché de 14,07%. Ses principaux clients incluent notamment les distributeurs (avec 80,7% du volume d’affaires de la société en 2015) et les préfabricants (8,1%). Une production générée de deux cimenteries à Ben Ahmed et Béni Mellal d’une capacité annuelle d’1,6 million de tonnes de ciment chacune. Pour ce qui est du béton prêt à l’emploi, CIMAT est présente sur le marché national à travers huit centrales à bétons sises dans les régions de Casablanca, Rabat, Salé et la région de Tanger. La société détient aussi 95% du capital de CIMAT NADOR (créée en 2013) et 93% de Real Fly (participation acquise par CIMAT en 2011).

Un RN en hausse
Pour l’avenir, la société qui ne révèle ses prévisions chiffrées que pour les années 2016 et 2017 indique qu’elle ne prévoit que des investissements de maintenance pour l’année en cours. Par ailleurs, elle entend maintenir ses parts de marché à 14% sur les deux années. D’ailleurs, la société prévoit de réaliser un chiffre d’affaires s’établissant à 2,16 MMDH en 2016, contre 2,67 MMDH en 2015. Ladite société explique que cette baisse de son chiffre d’affaire en 2016 est due au ralentissement de l’activité export. «Ce ralentissement n’a pas d’impact majeur sur le niveau de l’excédent brut d’exploitation en 2016 (1,12 MMDH) et ceci en raison de sa faible contribution (activité à marge très faible compte tenu de l’importance des coûts de transport)», soulignent les auteurs de la note. Ce chiffre d’affaires serait encore une fois en léger repli se fixant à 2,159 MMDH en 2017. Le résultat net prévisionnel au titre de 2016 est estimé à 519 MDH et il est prévu qu’il passe à 526 MDH en 2017.

Une extension pour le béton dans le pipe
Sur le plan stratégique, CIMAT envisage de s’assurer une large présence géographique. Autrement dit, la société entend «étendre son réseau de distribution à travers la mise en place de plateformes de distribution au niveau des principaux marchés porteurs, tout en préservant la latitude d’ajuster son positionnement régional pour une utilisation efficace des capacités de production (en fonction de la variation des niveaux de consommation du ciment par les différentes régions)», soulignent les auteurs de la note. Il est aussi question pour le cimentier d’optimiser ses coûts de production à travers l’utilisation de combustibles alternatifs pouvant avoir un double impact sur son activité via la réduction des coûts énergétiques et l’amélioration des standards environnementaux.

D’ailleurs, dans la note, on souligne que la société a mis en place une installation permettant la valorisation et l’utilisation des huiles usées et pneus déchiquetés, qui est opérationnelle dans les deux usines. Il s’agit aussi de la mise en place d’une stratégie d’utilisation d’ajouts de substitution au clinker dans l’objectif de réduire les coûts énergétiques du procédé de clinkérisation (utilisation de cendres volantes et de pouzzolane, réalisation d’essais de minéralisation du clinker, etc.). La société cherche aussi à se positionner sur le plan commercial, sur toute la chaîne du secteur BTP. La société cherche en effet à déployer de nouvelles centrales à béton dans le but de développer son activité béton et plus particulièrement le béton prêt à l’emploi. Le cimentier entend aussi nouer des partenariats avec les entreprises de BTP, visant le développement de produits et services adaptés à leurs besoins, ainsi qu’une diversification continue du mix-produit à travers notamment un positionnement sur des produits à haute valeur ajoutée pour accompagner la professionnalisation du secteur du BTP et une implication dans le segment de la préfabrication à travers des partenariats en vue de développer et promouvoir de nouvelles applications.


Les filiales de CIMAT

Ciments de l’Atlas détient deux filiales : CIMAT NADOR et Real Fly. La première créée en 2013, CIMAT Nador, détenue à 95% par CIMAT, est un projet de développement, construction et exploitation d’une cimenterie située à Nador, d’une capacité d’1,1 million de tonnes de clinker, soit plus de deux millions (2.000.000) de tonnes de ciment, composée d’une unité de production de clinker et d’une unité de broyage et d’ensachage de ciment. Toujours en construction, la structure ne génère pas de chiffre d’affaires. Par ailleurs, Real Fly détenue à hauteur de 93% depuis 2011 (date de l’acquisition par CIMAT) dispose d’un avion. Son chiffre d’affaires se compose des loyers générés par la mise à disposition de cet avion aux autres sociétés détenues par Anas Sefrioui. En 2015, les loyers facturés par Real Fly à CIMAT s’élèvent à 25,8 MDH. 

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