Éco-Business

BTP : les professionnels attendent l’éclaircie

Les ventes de ciment, principal baromètre du secteur du bâtiment et travaux publics (BTP), conservent leur trend haussier trois mois après l’allègement des mesures de confinement. Selon les chiffres de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), les ventes se sont élevées à 1,244 million de tonnes au mois de septembre, soit une croissance de 8,81% par rapport à la même période l’an dernier. Au cumul, les livraisons de ciment s’élèvent à 8,683 millions de tonnes au terme des neuf premiers mois de l’année. Soulignons tout de même que ce taux est relativement faible comparé aux ventes de juin et août. En juin, premier mois de déconfinement partiel, les livraisons ont réalisé 33% de croissance.

À l’exception du repli enregistré au cours du mois de juillet, qui a coïncidé avec les vacances de Aïd al-Adha, les livraisons de ciment ont repris en août leur dynamique observée en juin, avec 18,6% de croissance des ventes. Contacté, David Toledano, président de la Fédération des matériaux de construction (FMC), analyse les indicateurs du secteur : «Les ventes de ciment se redressent. Ces chiffres correspondent aux mois normaux depuis trois, quatre ans, ce qui est réconfortant. Les statistiques indiquent que les promoteurs ont repris le chemin du travail et que quelques chantiers importants ont démarré. Il faut souligner que les ventes ont également été tirées par l’auto-construction, ce qui signifie que nous avons encore des marges de progression. Cela nous conforte dans notre optimisme. Pour soutenir davantage le secteur, nous espérons que de nouveaux chantiers importants s’ouvriront, ce qui tirera la consommation au-delà de 1,1 million de tonnes le mois». Rappelons que beaucoup de chantiers publics sont encore à l’arrêt. L’enjeu pour les professionnels du secteur est d’atteindre la pleine capacité d’utilisation des installations. Celle-ci tourne autour des 22 millions de tonnes et, vu les performances réalisées actuellement, on en est encore loin. Le secteur des BTP traverse une situation difficile du fait que les entreprises manquent de financement, mais aussi d’une reprise qui n’est pas aussi vigoureuse qu’escompté.


«Ce que nous espérons, c’est que la commande publique puisse véritablement être un moteur de relance de l’économie dans sa globalité. La préférence nationale doit également redonner de l’espoir aux entreprises», soutient Toledano.

Au-delà du ciment, le secteur du sable pâtit de considérations politiques, notamment écologiques et environnementales, sur le dragage.

«Le gouvernement n’arrive toujours pas à résoudre le problème du prélèvement. Tant que cela durera, le pillage des côtes se poursuivra en toute impunité. Il faut encourager les entreprises à investir dans les carrières de sable et réduire la part de sable marin», indique le président de la FMC.

D’après lui, le sable de dragage ne représente pas plus de 2 millions de tonnes, face à une demande estimée à plus de 33 millions de m3. Le sable le plus abondant provient des dunes. Il est prélevé de façon anarchique. Vient ensuite celui des carrières dont la production est relativement coûteuse et exige de gros investissements pour l’acquisition de concasseurs. Les céramistes, eux, voient leur marché enregistrer un «frémissement de la demande» du fait de la baisse des importations.

En ce qui concerne les aciers, la situation est délicate parce que les fabricants ont besoin de cash. «Malgré les mesures prises, l’on note une augmentation des importations, notamment les aciers turcs, dont les volumes à l’import ont augmenté de 300%», dénonce le dirigeant de la FMC. Les briquetiers ont quant à eux repris le chemin des usines. Certains sont moins bien lotis que d’autres. Pour ceux qui ont repris, les unités tournent autour de 60% à 70% de leur capacité d’activité. Idem pour les marbriers, dont l’activité tourne autour de 70% à 80% de leur capacité. Les produits en bétons redémarrent également. Soulignons que le secteur vient de se renforcer avec la création d’une douzaine de nouvelles unités.

Financement. Le coup de pouce des CVE

Le Comité de veille économique (CVE), réuni lundi dernier, vient de proposer la mise en place du produit «Damane Relance Promotion», une variante de l’offre «Damane Relance». Le nouveau produit plafonné à 50 millions de DH par projet est destiné aux entreprises de promotion immobilière répondant aux critères d’éligibilité. Il vise à les soutenir pour l’achèvement de leurs projets immobiliers. D’aucuns estiment que cette ligne de crédit garantie par la CCG dynamisera davantage le secteur et parviendra à tirer vers le haut les ventes de ciment.

Modeste Kouame / Les Inspirations Éco

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