Éco-Business

BTP : le secteur semble s’enliser

Les statistiques des ventes de ciment à fin février viennent de tomber. Les ventes cumulées ressortent en recul de 10,13% en variation annuelle. La suspension des chantiers due à la forte pluviométrie et au manque de visibilité persistant seraient la cause de la faible performance du secteur.

La consommation nationale du ciment peine à se remettre sur pied. À fin février, les ventes cumulées ressortent en recul de 10,13% en variation annuelle, pour un volume de 2.116.991 tonnes livrés. Sur le seul mois de février, les ventes enregistrent une baisse de 7,96%, par rapport à la même période l’an dernier, pour 1.079.986 tonnes livrées. Selon les professionnels contactés, la contreperformance s’explique en partie par la pluviométrie et les conditions climatiques peu favorables, qui ont poussé les promoteurs à «suspendre les chantiers jusqu’à assèchement». La commande publique, la réactivation des chantiers étatiques et les projets de construction maintiennent la consommation de ciment, qui bien qu’étant inférieure de 111.800 tonnes par rapport à la même période l’an dernier, se redresse par rapport au mois de janvier, qui a connu un volume exceptionnel de pluviométrie. En revanche, le secteur immobilier traverse toujours une mauvaise passe.


Avec la chute des demandes d’autorisations de construire signalée depuis quelques jours, à cause des nouvelles règles apportées par le nouveau règlement général de construction, notamment l’ajout de deux pièces techniques, que sont la notice de sécurité et la fiche d’efficacité énergétique, il faudra s’attendre à un ralentissement des ventes de ciment dans les mois à venir. En effet, depuis janvier 2021, la demande d’autorisation de construire doit contenir de nouveaux documents réputés coûteux. Ce changement a entraîné une chute du nombre de dossiers déposés, allant jusqu’à 50% dans certaines villes. S’y ajoute le fait que les promoteurs immobiliers ne veulent pas s’aventurer sur de nouveaux projets tant que le manque de visibilité continue de persister.

Toutefois, le HCP prévoit une croissance de 5,1%, en cette année, du secteur du BTP, après une chute de 9,8% en 2020. Cela serait redevable au dynamisme que devra afficher l’activité des travaux d’infrastructure favorisée en cela par la hausse de l’investissement public. Le HCP table sur une reprise de la demande grâce à la politique publique et à la mise en place d’une nouvelle politique axée sur la digitalisation.

Un signal positif de la tutelle
La ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Nouzha Bouchareb, vient de procéder à la signature de 12 contrats-objectifs régionaux avec ses composantes régionales, dans la dernière semaine de février. L’objectif de ces contrats-objectifs est de décliner les engagements des composantes régionales et locales du ministère au niveau des régions, accompagner ou encore suivre la mise en œuvre du plan de relance 2021. Basés sur une approche participative, ces contrats-objectifs s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et la déconcentration administrative pour une relance économique territorialisée.

L’indice des prix des actifs immobiliers continue sa hausse
D’après les chiffres du quatrième trimestre du baromètre Bank Al-Maghrib, dédié aux actifs immobiliers, l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) continue sa hausse pour le second trimestre consécutif après des baisses enregistrées aux premier et deuxième trimestres. Ainsi, il a progressé de 0,6%, au quatrième trimestre 2020, après 4,1% le trimestre précédent. Cette évolution recouvre une augmentation des prix de 1,4% pour les biens résidentiels, ainsi que des baisses des prix des terrains (-0,5%) et des biens à usage professionnel (-1%). Le nombre de transactions a, quant à lui, progressé de 39,2%. En glissement annuel, l’IPAI s’est apprécié de 0,6%, par rapport au quatrième trimestre 2019, reflétant les hausses des prix des biens résidentiels (0,8%) et des terrains (0,5%). Les prix des biens à usage professionnel ayant, en revanche, reculé de 1%. Quant au nombre de transactions, il a progressé de 27,1% d’une année à l’autre. Cette hausse concerne l’ensemble des catégories de biens, avec des taux de progression de 22,1% pour le résidentiel, de 47,3% pour les terrains et de 24,9% pour les biens à usage professionnel. Sur l’ensemble de l’année 2020, l’indice des prix des actifs immobiliers s’est déprécié de 0,9%, résultat des diminutions de 1,2% des prix des actifs résidentiels, de 0,6% de ceux des terrains et de 0,4% de ceux des biens à usage professionnel. Quant au nombre de transactions, il a diminué de 15,2%. La contraction des ventes a concerné l’ensemble des catégories de biens, avec des replis dans le résidentiel (-18,2%), les terrains (-7,7%) et les biens à usage professionnel (-5,4%).

Tendance globale par catégorie d’actifs
Les prix du résidentiel ont progressé de 1,4% en relation avec les hausses des prix de 1,4% pour les appartements et de 2,4% pour les maisons. En revanche, les prix des villas ont reculé de 1,5%. En glissement annuel, les prix du résidentiel se sont appréciés de 0,8%, reflétant des hausses des prix de 0,9% pour les appartements, de 0,5% pour les maisons et de 0,8% pour les villas. Les prix des terrains se sont repliés de 0,5%. En parallèle, les prix du foncier ont augmenté de 0,5%. Les prix des biens à usage professionnel ont marqué une baisse de 1%, recouvrant un repli de 12,1% de ceux des bureaux et une hausse de 1,1% des prix des locaux commerciaux. Les prix affichent un repli de 1%, avec des baisses des prix de 0,1% pour les locaux commerciaux et de 6,3% pour les bureaux. 

Modeste Kouamé / Les Inspirations Éco

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