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400 milliards de dollars pour «Nourrir l’Afrique»

L’Afrique héberge 65 % des terres arables sous-exploitées dans le monde./DR

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un vaste programme intitulé «Nourrir l’Afrique : stratégie pour la transformation agricole de l’Afrique, 2016-2025», le 24 juin à Abidjan en Côte d’Ivoire. Cette stratégie nécessitera 400 milliards de dollars d’investissements, selon les calculs de la banque.

L’Afrique dépense chaque année 35,4 milliards de dollars pour ses importations de denrées alimentaires, alors que le continent héberge 65 % des terres arables sous-exploitées dans le monde. De même «quelque 70 % de la population africaine et 80 % des pauvres du continent qui vivent en milieu rural dépendent de l’agriculture et d’entreprises rurales non agricoles pour leurs moyens de subsistance», selon la BAD.


Pour remédier à cela, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé une stratégie de transformation de l’agriculture africaine. Objectif : «créer un secteur agroalimentaire compétitif et inclusif, à même de créer de la richesse, d’améliorer les conditions de vie de ses populations et de sauvegarder l’environnement».

Éradiquer la faim et la pauvreté rurale en Afrique

Cette stratégie vise à éradiquer la faim et la pauvreté rurale en Afrique dans les dix ans à venir fait partie des 5 grandes priorités de la BAD, dites Top 5 : «Éclairer l’Afrique et l’alimenter en électricité», «Nourrir l’Afrique», «Industrialiser l’Afrique», «Intégrer l’Afrique» et «Améliorer la qualité de vie des populations de l’Afrique».

La stratégie «Nourrir l’Afrique» a ainsi défini 15 chaînes de valeur prioritaires pour des produits de base, en fonction de zones agro-écologiques précises, le but étant d’atteindre l’autosuffisance pour certains produits comme le riz, le blé, le poisson, l’huile de palme, l’horticulture et le manioc. Il s’agit aussi  «de gravir les échelons des chaines de valeur pour les produits principalement destinés à l’exportation comme le cacao, le café, le coton et les noix de cajou». Cette stratégie compte aussi «assurer la sécurité alimentaire au Sahel grâce au sorgho, au mil et à l’élevage; et d’exploiter le potentiel de la savane guinéenne pour la production de maïs, de soja et de bétail».

La BAD investira 24 milliards de dollars

Pour réussir cette stratégie dans les dix prochaines années, il faudra investir entre 315 et 400 milliards de dollars, selon les calculs de la BAD. Elle mise ainsi sur un retour sur investissement annuel de 85 milliards de dollars dans l’hypothèse d’un financement intégral.

Selon la communiqué de la BAD, celle-ci investira 24 milliards de dollars et mobilisera des financements supplémentaires au moyen de prises de participation et d’instruments de crédit et de risque. Quant au déficit de financement, évalué à 23 milliards de dollars, il pourra être comblé grâce à l’utilisation d’outils innovants d’atténuation des risques, et à des financements mixtes en provenance de fonds souverains, de fonds de pension et de capitaux propres, de l’avis de Chiji Ojukwu, directeur du Département d’agriculture et d’industrie agroalimentaire de la BAD.

Pour sa part, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a souligné le soutien massif apporté au programme de transformation agricole par les institutions partenaires telles que la FAO, le Fonds international pour le développement agricole (IFAD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), ainsi que par le secteur privé et les gouvernements.

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