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Formation du gouvernement : Déblocage douloureux

Finalement, le nouvel Exécutif sera constitué de six formations politiques dont l’USFP, option qui avait été écartée il y a quelques jours par Benkirane et le PJD. Les discussions s’accélèrent entre les alliés pour décliner le programme gouvernemental et constituer le nouveau gouvernement. 

Fin du suspense. Le chef de gouvernement désigné Saâd-Eddine El Othmani a finalement accepté ce que Benkirane et le secrétariat général du PJD refusaient catégoriquement il y a quelques jours. Après de longues semaines marquées par un bras de fer serré, l’Union socialiste des forces populaires fait son entrée au forceps dans le prochain Exécutif, en dépit des passe d’armes entre le premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, et le PJD. El Othmani a expliqué ce choix, qui était attendu au cours de la dernière semaine, par «la ferme volonté de dépasser les obstacles qui ont empêché la formation du gouvernement au cours des derniers mois».


Ces nouveaux rebondissements risquent de susciter le mécontentement au sein du parti de la lampe. Déjà quelques voix ont manifesté en coulisses leur désapprobation de la décision d’El Othmani qui est totalement différente de son prédécesseur, qui n’est autre que le chef de file du parti. On estimait qu’après le limogeage de Benkirane de sa fonction de chef de gouvernement désigné, les autres partis politiques devaient lâcher du lest. Mais pour plusieurs dirigeants PJDistes, le nouveau chef de gouvernement désigné n’avait pas beaucoup d’options devant lui. «Il fallait tirer les marrons du feu sans trop se brûler les doigts. L’option du positionnement dans les rangs de l’opposition a été ainsi écartée dès le départ.

El Othmani devait constituer sa coalition pour former le nouvel Exécutif», a souligné aux Inspirations Éco l’un des ténors du PJD. Un autre dirigeant du parti de la lampe explique le nouveau revirement par la nouvelle position des autres partis politiques qui ne se sont pas, cette fois-ci, «imposés» comme une coalition de quatre partis politiques. «C’est le principe de mener les négociations en tant que coalition que refusait Benkirane et non l’intégration de l’USFP au gouvernement», dit-il. Une explication ne satisfaisant visiblement pas bon nombre de militants du parti, qui craignent pour la crédibilité du PJD et son image auprès des bases.

Course contre la montre
El Othmani et ses alliés (le RNI, le MP, l’USFP, l’UC et le PPS) comptent engager une véritable course contre la montre pour sortir le gouvernement dans les plus brefs délais. Une première réunion devait se tenir hier entre le nouveau chef de gouvernement désigné et les chefs de file des cinq formations politiques alliées pour discuter en profondeur le programme gouvernemental au sein d’une commission dédiée à cette fin. La priorité sera donnée aux secteurs sociaux, selon le chef de gouvernement désigné.

El Othmani devra désormais faire face à un exercice on ne peut plus délicat, celui de la distribution des portefeuilles ministériels, d’autant plus qu’il s’agit d’une coalition gouvernementale de six partis politiques. Une commission discutera l’architecture gouvernementale. Certains dirigeants du PJD appellent à mettre en place un gouvernement «restreint» ne dépassant pas une trentaine de portefeuilles ministériels dont les secrétaires d’État. El Othmani arrivera-t-il à concrétiser cet objectif? Cette mission s’avère difficile face aux ambitions des partis politiques. El Othmani est très attendu par les bases du PJD sur la question de la distribution des portefeuilles ministériels. Lors de la formation du précédent mandat gouvernemental, on a reproché à Benkirane d’avoir fait beaucoup de concessions surtout au niveau des départements ministériels d’ordre économique. D’après un dirigeant du PJD, le parti de la lampe entend diriger les départements ministériels qui ont un grand enjeu social comme l’enseignement, la santé ou encore l’administration. Les départements stratégiques peuvent être divisés en deux avec un ministre et un secrétaire d’État. Le parti de la lampe a déjà établi la liste de ses ministrables ce week-end, conformément aux règles internes du parti.

Cependant, El Othmani pourrait opter pour les personnalités de son choix. Par ailleurs, la nouvelle coalition gouvernementale, qui dispose de 221 parlementaires dans la chambre basse, soit un taux de 55,94%, est très attendue sur la question de la représentativité féminine. Une grande responsabilité incombe aux chefs de file des partis politiques concernés par les tractations pour briser le plafond de verre. L’espoir est de voir des femmes à la tête de départements stratégiques. 

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