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Coupe Davis : Le tennis enterre sa vieille dame

Elle avait subi beaucoup de retouches auparavant, mais a vécu jeudi le plus radical des liftings, le pire des outrages selon ses amoureux. De la Coupe Davis, vieille de 118 ans, ne devrait plus rester que le nom (et encore !) après l’approbation par les instances mondiales du tennis du projet entérinant sa réforme.

 
La Fédération internationale de tennis (ITF) a adopté jeudi à Orlando (USA) le projet de réforme de la Coupe Davis qui redessine totalement le format de l’épreuve par équipes centenaires. Adoptée à 71,43% des votes des 120 délégués présents, cette réforme consiste, entre autres, à organiser l’épreuve sur une semaine, avec 18 équipes nationales participantes.


Finie donc l’habituelle compétition étalée sur quatre week-ends de trois jours, place à une phase finale raccourcie regroupant 18 équipes et disputée sur un terrain neutre et sur une semaine en novembre. Finis les matchs de cinq sets, place à des matchs raccourcis à un maximum de trois sets. 

Par ailleurs, pour impulser cette réforme, l’ITF s’est basée sur les revenus générés par les dernières éditions de la coupe. Selon la fédération, l’ancienne Coupe Davis n’était pas assez lucrative. «C’est une décision historique qu’il fallait prendre car la Coupe Davis n’était pas en bonne santé», a d’ailleurs défendu le président de la ITF, Bernard Giudicelli, rappelant qu’un certain nombre de joueurs «ne voulaient plus consacrer huit semaines par an» à cette compétition. Pour pallier à ce dernier problème Giudicelli a souligné que «le prize money de la Coupe Davis sera du même niveau que celui du Grand Chelem, ce qui va être un élément d’attraction pour les meilleurs joueurs». 

Pour couvrir les dépenses de cette compétition et la rendre plus attractive, l’ITF a signé un partenariat juteux avec le groupe d’investissement Kosmos, présidé par le footballeur du FC. Barcelone Gérard Piqué, lui assurant trois milliards de dollars sur 25 ans, 20 millions de dollars annuels garantis aux joueurs et plus encore aux fédérations. 

 
L’IFT a dû faire face à un courant de défenseurs de la traditionnelle coupe, un courant chapeauté par des pays comme l’Australie et la Grande-Bretagne, mais également par des habitués des courts, notamment Nicolas Mahut et Yannick Noah. Ce dernier a fait part de son mécontentement quant à l’approbation des délégués français de cette réforme lors de la séance de vote. «Les 12 voix de la France ont fait très mal. Décision très difficile à assumer en tant que Français. La Coupe Davis est morte et une partie de l’histoire de notre sport envolée pour une poignée de dollars», regrette-t-il. 
 

Pour contrer le tollé suscité par son projet, l’ITF s’est vue contrainte de faire une concession. En fait, les équipes les moins huppées auront à disputer un tour de qualification dans les mois précédents sur le modèle historique de ladite coupe. 

Depuis 1900, la compétition, à l’origine circonscrite à un affrontement anglo-américain élargi à la France en 1904, avait vaillamment résisté, s’adaptant lentement aux époques. En 1972, elle avait ainsi mis à bas le principe du Challenge Round, qualifiant automatiquement le vainqueur précédent pour la finale. En 1981 était apparu le tie-break dans les quatre premiers sets, suivi 35 ans après de son instauration également dans le cinquième pour éviter les fins de matchs interminables.


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