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Le prix du succès

C’est connu : le succès dérange toujours. Persévérez, réussissez, faites-vous une place et vous verrez que le nombre de vos détracteurs va exploser. Plus encore, à mesure que votre performance augmente, la tendance des tentatives de déstabilisation va croître de manière exponentielle. Oui, tout a un prix, même la réussite ! Et dans le business national, s’il est une illustration de cet état de fait, c’est bien le groupe phosphatier. Ceux qui connaissent bien l’histoire de l’opérateur se rappellent la multitude de guerres menées par les marchés concurrents que la compétitivité des phosphates marocains dérangeait. Nous nous souvenons d’ailleurs même d’un rêve nommé «Al Jalamid», nourri par un certain marché, et qui consistait à convoiter les premières places du podium par un produit récupéré sur les couches supérieures du sol, et donc mobilisant des coûts d’extraction moindres. Il s’est avéré plus tard que la contenance dudit produit était aussi bien loin des niveaux offerts par le phosphate marocain. Combien de guerres de prix ont marqué l’histoire mondiale du secteur, pour finalement donner raison à la qualité de la roche Made in Morocco ? Plusieurs décennies plus tard, la course aux parts de marché est toujours aussi effrénée, si elle n’est plus violente, a fortiori sur un autre segment de cette activité qu’OCP est venu «déranger». Il s’agit du volet de la transformation, où le groupe qui revendique le leadership mondial dans son secteur a non seulement convaincu, mais bien assuré.

Dans le domaine des engrais phosphatés, OCP a déployé une stratégie ingénieuse, consistant à conclure des partenariats d’envergure dans les marchés internationaux phares et à optimiser les coûts de transformation de manière optimale. Tout cela pour dire que les récentes impositions fiscales envisagées par l’administration US, sous la pression d’une firme locale, ou encore d’autres affaires qui ont ponctué l’actualité relative à l’activité du groupe, au fil des dernières années, ne sont ni les premières, ni les dernières. Face à cela, la pertinence du business model construit par OCP, notamment depuis sa transformation en SA, et la crédibilité internationale qu’il a réussi à assurer à la production nationale suffisent à rassurer sur sa pérennité. Maintenant que la crise sanitaire a fragilisé les fondements de la sécurité alimentaire dans bon nombre de pays, les perspectives de croissance ne peuvent qu’être prometteuses. Les tentatives de déstabilisation, elles, restent une tempête dans un verre d’eau.


Meriem Allam / Les Inspirations Éco

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