Maroc

Transition énergétique. Le Maroc mise aussi sur le gaz naturel

Une feuille de route nationale 2021-2050, pour le développement du gaz naturel, vient d’être mise en place par le Département de l’énergie, des mines et de l’environnement. Elle vise à utiliser cette ressource comme un levier pour la transition énergétique du royaume, la compétitivité de ses industries, la décarbonation de son économie et l’accompagnement des énergies renouvelables, notamment en réglant définitivement le problème de leurs intermittences.

Du nouveau dans la stratégie énergétique nationale ! En plus des énergies renouvelables, qui devront, en principe, monter à hauteur de 52% dans le mix-énergétique du Maroc à l’horizon 2030, le royaume a également décidé de renforcer l’usage du gaz naturel dans sa production d’électricité, en remplacement des très polluants charbon et pétrole, dont tous les pays cherchent à se départir, conformément aux engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris.


Une feuille de route nationale 2021-2050, pour le développement de cette énergie fossile propre, vient d’être élaborée, dans ce sens, par le Département de l’énergie, des mines et de l’environnement. Elle vise à utiliser le gaz naturel comme un levier pour la transition énergétique du Maroc, la compétitivité de ses industries, la décarbonation de son économie et l’accompagnement des énergies renouvelables, notamment en réglant définitivement le problème de leurs intermittences.

Une demande de trois milliards de m3 en 2040

Sa part dans le mix-énergétique n’a pas été clairement annoncée. Par contre, la feuille de route s’articulera autour de cinq orientations stratégiques, à savoir la création d’un marché régulé de gaz naturel, en stimulant une évolution progressive de la demande, le développement d’un projet d’infrastructure gazière structurant, l’accès aux industriels et tous autres consommateurs à une énergie compétitive, l’amélioration de la compétitivité des industriels marocains exportateurs et le développement d’autres activités annexes de sous-traitance autour de la filière du gaz naturel.

Dans sa mise en œuvre, la feuille de route privilégiera d’abord les industriels en couvrant tous leurs besoins, ensuite ce sera autour du domestique d’être servi, avec, en parallèle, l’accompagnement de la production d’électricité. À signaler que cette hiérarchisation des priorités fait suite à des études et à l’analyse de la situation actuelle de l’offre et la demande du gaz naturel aux niveaux national et international, qui ont montré que le marché serait tiré, dans un premier temps, par la demande émanant du secteur de la production d’électricité et celui de l’industrie. Il en est également ressorti que la demande totale en gaz naturel au Maroc atteindrait plus de trois milliards de m3 en 2040, ce qui équivaut, selon les spécialistes, à un début de maturité du marché.

Trois étapes pour mettre en place le marché et les acteurs

Pour mettre en place la structure du marché et ses acteurs, la feuille de route s’est fixé trois principales étapes, dont les timings n’ont pas été, non plus, communiqués. La première sera d’abord dédiée à la mise en place du cadre réglementaire du secteur du gaz naturel.

Elle se fera à travers la promulgation du projet de loi n°94-17 relatif au secteur aval du gaz naturel, combustible et l’activité de stockiste indépendant, l’élargissement des attributions de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) pour englober le secteur du gaz naturel, la mise en place d’un gestionnaire du réseau de transport du gaz naturel marocain, la réglementation des activités d’importation libre du gaz naturel, de transport, de stockage et de distribution et enfin l’amendement de la réglementation relative aux spécifications techniques et normes de sécurité régissant le secteur du gaz naturel.

La seconde étape sera consacrée à la stimulation de la demande. La démarche va consister à étudier l’évolution de la consommation actuelle, celle des dernières années ainsi que le potentiel de la demande future, afin de mettre en place les stimulus idoines pour un développement rapide de la demande des industriels pour ce nouveau combustible propre et compétitif. Sur ce plan, le schéma national est clair : la demande «Gas To Industry» sera le levier du développement du marché du gaz naturel au Maroc, à côté du «Gas to Power» pour la production d’énergie, en remplaçant progressivement le charbon.

Enfin, la troisième et dernière étape portera sur l’approvisionnement. Les différentes options d’approvisionnement en Gaz naturel (GN) et Gaz naturel liquéfié (GNL) seront passées au peigne fin, qu’il s’agisse de gazoducs (GME), d’unités flottantes de stockage et de regazéification (FSRU), de terminaux onshore, ou de flux multidirectionnels. Les meilleures options seront retenues. Les points d’entrée du produit et de ses sources seront également diversifiés, l’objectif étant d’assurer une flexibilité d’approvisionnement optimale et une garantie de régularité et de continuité.

Le déploiement d’un nouveau réseau de transport sera étudié, en vue de relier l’ensemble des composantes du plan gazier et ce en plusieurs phases, en s’appuyant sur une épine dorsale qui se compose du Gazoduc Maghreb-Europe et du futur Gazoduc Nigeria-Sénégal- Mauritanie-Maroc.

L’idée est de se lancer dans un développement progressif, s’échelonnant sur plusieurs années, en fonction de l’évolution des besoins nationaux. Qui dit approvisionnement dit aussi stockage. Aussi, des capacités propres de réception et de stockage de GN et de GNL, pour des raisons de sécurité d’approvisionnement, seront développées. Ce stock de sécurité peut prendre la forme d’un stockage liquide ou souterrain de gaz naturel comprimé sous forme gazeuse.

En tous cas, tous les efforts seront concentrés sur le stockage stratégique souterrain par l’identification des sites les plus appropriés à recevoir les infrastructures de stockage. Dans ce sens, les cavités salines de la Société de sel de Mohammedia (SSM) seront privilégiées. En effet, l’entreprise dispose de six cavités salines en fin d’exploitation, situées à 450 m de profondeur, qui offrent une capacité globale de stockage de 600.000 m3, et peuvent porter le stock de sécurité du Maroc à 45 jours au lieu de 32 actuellement.

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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