Maroc

Souss-Massa : le PDR prévoit une autoroute d’eau dessalée entre Chtouka et Taroudant

L’autoroute d’eau dessalée intra-régionale, reliant la station mutualisée de dessalement de Chtouka aux périmètres irrigués d’Oulad Teima-El Guerdane et Taroudant fera partie de l’ossature du prochain PDR de la Région Souss-Massa. À noter que celui-ci sera validé au mois de juin prochain, lors d’une session extraordinaire.

Les contours du futur projet de l’autoroute d’eau dessalée intra-régionale, reliant la station mutualisée de dessalement de l’eau de mer de Chtouka aux périmètres irrigués d’Oulad Teima-El Guerdane et Taroudant commencent à se préciser. Desservant plus de 50.000 hectares (ha), ce projet fera partie de l’ossature du prochain Programme de développement régional (PDR) de la Région Souss-Massa, qui sera validé par les membres du Conseil régional lors d’une session extraordinaire, au mois de juin 2023, à Agadir.

En dehors des exploitations situées à proximité du littoral de la plaine de Chtouka, qui bénéficient déjà de l’irrigation à travers la mobilisation d’apports d’eau dessalée, la finalité est de couvrir les besoins d’irrigation des périmètres de Taroudant couvrant des filières structurantes de l’économie régionale, notamment les agrumes, le maraîchage, l’élevage laitier et les cultures fourragères.

De ce fait, le Conseil régional prendra en charge une partie de ce projet, notamment la conduite d’eau qui permettra de faire transiter l’eau dessalée en attendant d’évaluer les quantités d’eau qui peuvent être mobilisées, y compris le débit volumique de l’unité mutualisée de dessalement de l’eau de mer. Pour rappel, cette station dispose d’une capacité de 275.000 m3/jour dont 150.000 m3/jour pour l’alimentation en eau potable du grand Agadir et 125.000 m3/jour pour l’eau d’irrigation de la plaine de Chtouka.

Retenues des barrages : à peine 17,2% de remplissage
Cette capacité sera portée à terme à 400.000 m3/jour répartie à parts égales entre les besoins en eau potable et en eau d’irrigation. En principe, les études de faisabilité pour la concrétisation de ce projet seront lancées à l’issue de la validation du PDR et la fixation de son coût dont l’objectif, selon Karim Achengli, président de la région, «est de répondre aux besoins en eau d’irrigation de cette zone».

Il s’agit aussi d’anticiper les problématiques liées à la pénurie d’eau d‘irrigation surtout dans ce contexte de succession des années de sécheresse et avec les effets accélérés des changements climatiques du fait de la saturation de l’offre en ressources en eau conventionnelles. Dans le détail, le facteur qui motive la réalisation de ce projet est l’existence d’ores et déjà des réseaux qui faciliteront l’approvisionnement des exploitations en eau d’irrigation à partir de la station de dessalement, ce qui ne nécessitera pas des investissements colossaux.

Actuellement, la hausse des températures exerce davantage de pression sur le reste des retenues d’eau stockées dans les principaux barrages de la région. Pour rappel, les réserves d’eau ont considérablement diminué pour se situer à 17,2% de taux de remplissage, selon la situation journalière arrêtée au 15 mai 2023 par l’Agence du bassin hydraulique (ABH) de Souss-Massa alors que le taux global de remplissage au niveau national est de 32,2%.

Déficit chronique pour le barrage Abdelmoumen
Dans ce contexte, force est de constater que sur la capacité totale des barrages, estimée à 740 Mm3, plus de 82,8% est complétement vide. Cette situation a été aggravée par le déficit pluviométrique alors que l’ensemble des bassins de la région affiche des déficits chroniques. C’est le barrage Abdelmoumen, sur Oued Issen à Taroudant, qui présente le déficit le plus chronique. Son taux de remplissage est à peine de 5,4%, soit 10,762 Mm3 de volume actuel sur une capacité totale de l’ordre de 198,4 Mm3. Il est suivi du barrage de Moukhtar Soussi, dans la province de Taroudant, (11,4% de taux de remplissage). Celui-ci fait l’objet de travaux de surélévation pour atteindre une capacité de 281 millions de Mm3 contre 39,7 Mm3 actuellement. Quant au barrage d’Aoulouz, qui assure l’irrigation du périmètre agricole de Sebt El Guerdane à Taroudant, il est rempli à hauteur de 40,8%, soit 36,2 Mm3 pour une capacité de 89 Mm3.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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