Maroc

Sidi Harazem : Le parc touristique vit dans l’anarchie

Depuis plusieurs années, le parc touristique de Sidi Harazem est mal exploité. Chaque mètre carré de la station est géré illégalement par des groupements de personnes qui le louent aux visiteurs. Les  investisseurs font face à d’énormes difficultés.


Située au Sud-Est de la ville de Fès, sur la route de Taza, la source de Sidi Harazem est connue depuis l’époque de Léon l’Africain, géographe arabe du XVIe siècle. Son eau minérale riche en calcium est réputée pour ses vertus curatives concernant les maladies du foie et des reins. La source attire tout au long de l’année des dizaines de milliers de visiteurs. En effet, le centre touristique de Sidi Harazem figure parmi les lieux naturels à visiter pour découvrir l’arrière-pays de la ville de Fès. Disposant des sources thermales reconnues aux échelles nationale et internationale, le site souffre du manque de réels projets structurants. Informel, occupation des espaces publics, gardiens de parkings qui font la loi… L’anarchie est totale.

En effet, personne ne peut bénéficier des espaces verts de la station sans payer, puisque chaque mètre carré est occupé ou loué illégalement par des individus. Idem pour les parkings: on trouve mêmes des mineurs de moins de 15 ans qui perçoivent l’argent du stationnement. S’ajoute à cela la prolifération des cafés informels. Le village touristique souffre également d’un déficit en matière de liaisons de transport. En effet, le transport urbain reliant la ville de Fès au village de Sidi Harazem s’est arrêté il y a plus de cinq ans, cédant la place aux trafics et au transport illicite.

Exploitation de l’eau thermale: les investisseurs contestent
Source de conflit entre les investisseurs et les autorités locales, l’eau thermale constitue le principal attrait des touristes dans cette zone. De ce fait, Abdellah Mahdaoui, propriétaire de trois piscines à ciel ouvert et d’une piscine couverte, a contesté la décision de la commune de Sidi Harazem qui a accordé l’autorisation à l’un de ses membres pour la construction d’un café et une salle de jeux pour enfants. Pour lui, il y a non-respect du cahier des charges. «Le propriétaire exploite ce café comme une salle de fête. Il a construit deux grandes piscines en bénéficiant de l’eau thermale gratuitement», déplore-t-il.

Dans une lettre adressée au wali de la région Fès-Meknès, le propriétaire indique que son projet est menacé de faillite. «Aujourd’hui, le projet, qui emploie plus de 60 personnes et qui a nécessité une enveloppe de plus de 20 MDH, voit sa viabilité menacée», explique Abdellah Mahdaoui aux Inspirations ÉCO. Il précise aussi que son entreprise verse chaque année un loyer de 1.145.000 DH à la commune, alors que l’autre «investisseur» n’en verse que 400.000 DH. Contactés à maintes reprises, les responsables de la commune de Sidi Harazem n’ont pas souhaité s’exprimer.

Actuellement, la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) se penche avec le Conseil régional de Fès-Meknès sur la création d’une société de développement régional pour la mise en œuvre de projets touristiques découlant du programme Qariati. Ce programme, porté par la SMIT, vise essentiellement à améliorer l’offre touristique dans les zones rurales de la région, tout en créant des espaces touristiques respectueux de l’environnement. Il faut rappeler que le programme Qariati dédié à la région Fès-Meknès va nécessiter une enveloppe de 361 MDH, dont 189 MDH seront financés par des ministères et 172 MDH par les collectivités territoriales de la région selon un calendrier bien précis.

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