Maroc

Régimes de retraite : Jettou revient à la charge

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Pour le président de la Cour des comptes, la réforme des régimes de retraite n’a pas apporté de solutions radicales aux dysfonctionnements structurels du système. Si la réforme avait été entrée en vigueur en 2008, la situation aurait été différente.

Le premier président de la Cour des comptes est revenu à la charge quant à la réforme des régimes de retraite. Mais cette fois, Driss Jettou n’y est pas allé par quatre chemins. L’heure est visiblement très grave : «la réforme des régimes de retraite, bien qu’elle comporte des avantages, n’a pas apporté de solutions radicales aux dysfonctionnements structurels du système en général et du régime des pensions civiles en particulier», a-t-il expliqué, lors d’une réunion à la Chambre des conseillers consacrée à la présentation du rapport élaboré par la Cour des comptes sur la Caisse marocaine des retraites.


Pour lui, les dysfonctionnements du régime des pensions civiles sont le résultat des principaux critères qui fondent ce régime, du rythme de promotion dans la fonction publique et l’augmentation incessante des salaires. L’ancien Premier ministre regrette le retard pris dans l’adoption de la réforme. «Si la réforme avait été entrée en vigueur en 2008, la situation aurait été différente», déplore-t-il. Certes, la réforme, adoptée par l’ancien gouvernement et entrée en vigueur en octobre 2016, demeure importante, eu égard aux changements qui toucheront de manière progressive les critères sur lesquels repose le régime des pensions civiles en permettant d’augmenter sa durabilité d’environ 6 ans et de baisser ses dettes implicites à l’horizon des 50 prochaines années d’environ 57%. Néanmoins, «la réforme n’a pas touché certains critères de base du régime de pensions civiles, ce qui rend cette réforme insuffisante pour assurer la durabilité et l’équilibre du système sur le moyen et long termes», conclut Jettou. Les prévisions en matière d’actuariat confirment en effet l’épuisement des réserves totales du régime en 2028 malgré la hausse des contributions et de l’âge de retraite et la baisse des cotisations annuelles. S’agissant de la situation de la Caisse marocaine des retraire (CMR), concernée par la réforme, Jettou a relevé que la gouvernance de ce régime a connu un développement considérable durant les dernières années. Ses charges de gestion restent dans des limites raisonnables et à des niveaux gérables, en comparaison avec d’autres systèmes.

En matière d’emploi et d’investissement des réserves de la caisse, le président de la juridiction financière a fait observer que le niveau de rentabilité a connu une baisse significative durant les dernières années, en raison de l’évolution des marchés financiers, notamment la baisse des taux d’intérêts de bons de trésor, qui représentent 80% du total des investissements du système, passant de 6,87% en 2000 à 4,17% en 2012 et à 3,54% en 2015, pour les bons d’une maturité de 10 ans. Du coup, «en l’absence d’une vision futuriste sur le long terme et la non-mise en œuvre de la réforme, outre l’insuffisance de la durabilité du système des retraites, l’horizon des investissements a été limité en donnant la priorité à la liquidité», a-t-il affirmé. Ces facteurs ont affecté négativement la rentabilité des réserves qui est passée de 7,9%, durant la période allant de 2001 à 2005, à 3,7% de 2011 à 2015. À cela, s’ajoute la chute des marchés boursiers qui a affecté la rentabilité globale des investissements relatifs aux actions entre 2011 et 2015. Jettou a relevé que le volume des pertes et leur impact sur la situation financière du système restent limités, vacillant entre 9 et 10% entre 2011 et 2015.

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