Maroc

Que ce passe-t-il à l’Afem ?

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L’association des femmes chefs d’entreprise du Maroc (Afem) traverse, actuellement, une passe difficile de gouvernance occasionnant ainsi une vague de démissions de ses membres. Le conseil des sages qui a le pouvoir de démettre l’actuelle présidente de ses fonction va-t-il faire valoir son droit de veto ? Eléments de réponse.

Nous sommes mardi 5 juin 2018. Dans une grande salle d’un hôtel de la place, les femmes chefs d’entreprises du Maroc (AFEM) votent ce jour là, avec beaucoup de ferveur, pour élire une nouvelle présidente de leur association, AFEM. À l’issue du vote, dans l’après-midi, celui-ci aura duré près d’une trentaine de minutes, c’est la chef d’entreprise Aicha Amrani Lassri qui a été portée à la tête de l’association. Elle a obtenu 133 voix sur les 209 votantes, devançant ainsi largement sa rivale, Leila El Andaloussi. Très vite, à la proclamation des résultats, les partisanes du camp de la gagnante ont improvisé une fête, sur place, pour laisser exploser leur joie. Buffet à la volonté, quelques pas de danses et des youyous à gogo…Même en plein mois de ramadan, rien ne pouvait empêcher aux entrepreneuses marocaines de manifester leur émotion collective après l’élection de leur candidate. Il faut que dire que les attentes ont été très nombreuses. Entrepreneuse «accomplie», Aicha Amrani Laasri s’était présentée, à ses militantes quelques jours avant le jour du vote, comme une patronne pragmatique et «rassembleuse», en témoignent les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés à commencer par «la régionalisation» . Près de 7 mois après, la «patronne des patronnes marocaines» qui connaît bien pourtant l’AFEM pour l’avoir cofondée et qui jouit de la confiance de Khadija Idrissi Janati, fondatrice de KMK Group et directrice générale de Tea and Koffee, nommée vice-présidente en charge du développement régional et de la coopération internationale de l’Afem, «a du mal à former une équipe solide autour d’elle pour mener à bien son mandat», nous confie une membre de l’association qui a préféré garder l’anonymat.


«En fait, quelques semaines après l’élection, j’avais décidé de ne pas poursuivre mon engagement dans le bureau, mais je reste membre du conseil d’administration», explique aux Inspirations ECO une autre source très proche de la présidente élue.  Notre interlocutrice qui a, elle aussi, préféré garder l’anonymat de préciser. «Je ne veux surtout pas que ce soit perçu comme un règlement de comptes». Mais quelles sont les vraies raisons qui empêchent aujourd’hui à la patronne de l’AFEM d’exécuter sa feuille de route? «Mésentente sur les actions, mode de management différent…», tente d’énumérer, notre source, avant de nous diriger vers la principale concernée. «Aicha Amrani est la seule personne en mesure de vous dire ce qui s’est réellement passé.» Pas sûr que cette démarche soit une bonne idée car du coté de la présidente, on ne veut pas aborder ce sujet, pour le moment. «Nous vous convierons, prochainement, à une conférence de presse et ce rendez-vous sera l’occasion pour nous de vous dévoiler notre nouveau bureau», informe une source de l’état major d’Aiïcha Amrani Laasri, qui, sur les démissions de certaines membres de l’Afem, estime que celles-ci s’inscrivent dans une logique normale. «Dans toutes les organisations, il y a des départs et de nouvelles arrivées», a-t-elle minimisé avant d’ajouter que l’Afem mène ses activités comme elle l’entend. Un avis que ne partage pas, presque, la présidente honoraire de l’association qui selon elle, la structure qui va bientôt avoir 20 ans est aujourd’hui confrontée à une situation difficile. «J’avoue qu’elle passe une période difficile de gouvernance mais cette situation est inhérente à toutes les associations.», reconnait Saloua Karkri Belkeziz précisant que le conseil des sages de l’Afem s’est d’ailleurs saisi de l’affaire.

Selon la fondatrice de l’Afem, qui visiblement n’est pas fière de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui le groupement qu’elle a créé de ses propres mains, «le conseil des sages a pris en main ce dossier et croyez mois, nous allons vous surprendre prochainement. Nous sommes entrain de résoudre ce problème pour le dépasser rapidement.», a-t-elle promis.

Concernant les vagues de démissions, elle affirme que la création d’une nouvelle association par Leila El Andaloussi, perdante face à Aicha Laasri, a contribué aux départs qui ont été notés au sein de l’Afem, sans indiquer le nombre de personnes qui ont décidé de cesser leurs activités au sein de l’association. De toute façon, «l’Afem est une grande fédération d’utilité publique reconnue sur le plan national et international. Le chef du gouvernement a d’ailleurs reçu sa présidente, il y a environ un mois», donc elle n’est prête pas à disparaitre du tissu associatif marocain, prévient-t-elle. Et l’avenir d’Aicha Amrani Laasri à la tête de l’Afem ? «Le conseil des sages joue le rôle d’arbitre et peut tout faire mais j’espère que nous n’arriverons à pas à une destitution», conclut la membre du Conseil d’administration de la CGEM (Confédération générale des entreprises au Maroc) ; comme pour casser les espoirs de celles qui souhaiteraient, peut être, le départ de l’actuel patronne des patronnes marocaines. 

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