Maroc

Pass vaccinal : un mode d’emploi encore trop flou

L’obligation du pass vaccinal suscite la colère d’une bonne frange de la population. Les citoyens qui estiment que cette mesure est une atteinte aux libertés sont indignés face à l’entrée en vigueur de cette mesure, qui conditionne l’accès à différents services publics et privés, ainsi qu’aux espaces professionnels.

Dimanche dernier, des centaines de Marocains ont manifesté dans différentes villes du Royaume en protestation contre l’obligation du pass vaccinal. De fait, la mesure ne passe pas et beaucoup pointent du doigt l’absence de cadre juridique pour l’imposer. «Je refuse que ma vie soit régie par un acte médical. Je ne veux pas devoir présenter un document pour aller voir ma famille, mes amis ou pour pratiquer une quelconque activité», fulmine un citoyen. «Il faut laisser aux gens le choix de se faire vacciner ou pas.


Sur le papier c’est le cas, mais quand on apprend que les forces de l’ordre demandent aux citoyens de présenter leurs pass vaccinal dans la rue, ce n’est pas admissible», regrette un autre. En effet, depuis quelques jours, une vidéo montrant un policier voulant contrôler le pass vaccinal des passants à créer un tollé sur le Net. Le communiqué gouvernemental n’inclut aucun dispositif de contrôle global. L’accès à l’espace public n’est pas soumis à la détention du pass vaccinal.

«Ce document vient porter une atteinte supplémentaire à nos libertés individuelles comme collectives. Je pense que cette mesure nous fera gagner une liberté à court terme, mais à plus long terme, nous allons la perdre cette liberté», souligne un juriste.

Ce sont des mesures discutées au sein des ministères ou entre experts qui s’imposent, alors qu’elles n’ont jamais été débattues de façon démocratique par le public ou sans passer par la case Parlement. Pour sa part, l’Ordre des avocats du Maroc demande l’annulation du document. Dans un communiqué, il signale «l’absence de base légale pour empêcher les citoyens de bénéficier des services des équipements publics vitaux, et les empêcher d’exercer leurs droits constitutionnels, sachant que l’article 3 du décret déclarant l’état d’urgence sanitaire est explicite en affirmant que toutes les mesures gouvernementales annoncées par décrets et décisions réglementaires et administratives, ou par circulaires et notifications, ne peuvent empêcher d’assurer la continuité des services publics vitaux et de sécuriser les services qu’ils rendent aux usagers».

Tilila El Ghouari / Les Inspirations ÉCO


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