Maroc

Où en sont les relations entre le Maroc et l’Espagne?

Le gouvernement socialiste espagnol est-il en train d’anéantir les acquis des relations bilatérales maroco-espagnoles couvrant plusieurs domaines capitaux ? Croyait-il vraiment que sa décision d’accepter d’accueillir, sous une fausse identité algérienne, le chef du polisario, le dénommé Brahim Ghali, n’allait susciter aucune réaction de la part du Royaume ?

Quelles que soient les motivations réelles de cette décision, qui n’ont sûrement rien à voir avec l’alibi humanitaire invoqué par la diplomatie espagnole, Madrid vient de se tirer une balle dans le pied, en commettant un acte qui risque de porter un coup fatal à ses liens avec Rabat, pourtant marqués ces dernières années par un dialogue dense et régulier.


Avec ce geste, l’exécutif de Pedro Sanchez fait preuve d’amateurisme en matière de politique étrangère. Même une perte du sens de l’orientation et de la clarté des idées de la part de Madrid ne saurait expliquer son attitude qui risque de saper des efforts consentis pendant des années pour bâtir des relations stratégiques dans les domaines, entre autres, de l’économie, la culture, la sécurité, la migration, la justice, l’industrie ou du commerce.

L’avis est partagé par le directeur du magazine espagnol « Atalayar », spécialisé dans les affaires du Maghreb et les relations hispano-marocaines, Javier Fernandez Arribas, qui qualifie de « mauvaise » la gestion de ce dossier par le gouvernement espagnol.

L’exécutif socialiste n’a pas pris en compte la vraie dimension des relations avec le Maroc et n’a pas traité le Royaume comme un partenaire privilégié, comme il n’a eu de cesse de répéter, en refusant de lui fournir les explications qui s’imposent dans un telle situation, a-t-il confié à la MAP.

Pour Arribas, le silence du gouvernement espagnol, malgré les communiqués du Maroc et les réactions des partis et de la société civile marocains, n’a fait qu’exacerber les tensions.

Il a rappelé que les contacts fluides et directs entre le Maroc et l’Espagne ont permis, par le passé, d’éviter que les problèmes et crises bilatéraux qui surgissaient, de temps à autre, ne prennent des dimensions incontrôlables pour être rapidement réglés.

L’expert espagnol a fait observer, à cet égard, que la composition du gouvernement espagnol en place, formée en coalition avec l’extrême gauche connue pour ses positions pro-polisario, rend plus difficile de résoudre les problèmes ayant surgi dernièrement dans les relations entre Rabat et Madrid.

Les exemples illustrant l’importance acquise par les relations maroco-espagnoles ces dernières années sont nombreux, mais il aura suffi d’une décision immature ou malintentionnée, comme celle d’accueillir un ennemi du Maroc et un fugitif de la justice, pour les exposer à de sérieux risques de détérioration.

Le maintien de relations à toute épreuve avec le Maroc devait être, en principe, l’un des soucis majeurs de l’exécutif espagnol en matière de politique étrangère. Toutefois, entre les slogans creux itératifs et l’absence d’actes concrets, l’incohérence de la diplomatie espagnole à l’égard du Maroc est flagrante.

Madrid n’est-elle pas consciente de l’importance vitale de la question du Sahara pour le Maroc ? Dans tous les cas, en complotant avec l’Algérie dans l’affaire Ben Batouche, l’Espagne a bel et bien choisi son camp.

Leseco avec MAP

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