Maroc

Officialisation de l’amazigh: ce qui reste à faire…et ce n’est pas gagné

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Le gouvernement compte activer le fonds de l’amazigh qui sera doté d’un milliard de dirhams en 2022. L’Exécutif est très attendu pour rattraper le retard en matière d’implémentation des lois. En tête des priorités figurent l’enseignement, la législation, la création culturelle et artistique et l’administration.

«L’amazigh est dans mon cœur. On ne fait pas de politique à cet égard». C’est ainsi qu’a répondu le Chef du gouvernement aux critiques des parlementaires sur le dossier de l’amazigh auquel l’Exécutif compte consacrer une enveloppe d’un milliard de dirhams d’ici 2025. Le gouvernement est très attendu sur ce dossier dont la mise en œuvre accuse un retard abyssal. Un fonds sera créé en 2022 en tant que «mécanisme financier de l’État» en vue d’intégrer l’amazigh dans les domaines de l’enseignement, de la législation, de l’information, de la communication, de la créativité culturelle et artistique ainsi que de l’administration et des services publics. Ce fonds vise à garantir «l’équité culturelle et linguistique», selon le programme gouvernemental. Il sera alimenté par le budget de l’État.


Pour le renforcement de la gouvernance de cette caisse, une commission consultative nationale et des commissions consultatives régionales seront créées. Elles seront composées des représentants des secteurs ministériels concernés tout en s’ouvrant sur des personnalités qui maîtrisent la culture amazighe. Les différents départements concernés sont appelés à passer à la vitesse supérieure pour implémenter les  dispositions des lois relatives à ce chantier qui ont été bloquées pendant longtemps au sein de l’institution législative et qui n’ont été adoptées qu’en juillet 2019. Rappelons à cet égard que ce n’est que deux ans après l’étape parlementaire que le gouvernement précédent avait décidé de tenir la première réunion de la Commission interministérielle permanente chargée du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe qui a approuvé un ambitieux plan gouvernemental intégré.

Commencer à zéro
La mobilisation des ressources financières, qui sont très attendues pour concrétiser ce chantier, n’est pas suffisante. La mission d’implémentation des dispositions législatives s’annonce compliquée car il faudrait commencer «pratiquement à zéro». À titre d’exemple, la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe nécessite la formation des enseignants et la préparation des outils didactiques et pédagogiques. Pour combler le déficit qui est énorme, il faudra compter des années même si l’instauration de l’amazigh dans le système éducatif marocain date de l’année scolaire 2003/2004. Les besoins en enseignants, à l’horizon 2029/2030, sont estimés à 8.000 enseignants rien que dans le cycle primaire.

À ce titre, le ministère de tutelle avait décidé de doubler le nombre d’enseignants formés chaque année pour passer à 400 au lieu de 200. Ce qui permettra de disposer de quelque 5.000 enseignants du primaire et du collège à l’horizon 2030. On espère que le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Chakib Benmoussa, révise ces objectifs à la hausse. Par ailleurs, de grands efforts restent à déployer au niveau des administrations pour activer le caractère officiel de l’amazigh, former les fonctionnaires, accréditer des interprètes pour mettre en œuvre les dispositions ayant trait au volet de la justice…Le pari ne sera pas facile à gagner.

Jihane Gattioui / Les Inspirations ÉCO

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