Maroc

MRE : les transactions d’argent sont en forte hausse

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Les envois de fonds, vers les pays en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, ont augmenté de 9,7% en 2021 pour atteindre 62 milliards de dollars, grâce au retour à la croissance amorcé dans la plupart des pays d’accueil. Le Maroc, deuxième bénéficiaire en Afrique du Nord, en a capté près de 10 milliards.

Rien ne semble ébranler la robustesse du phénomène d’envoi de fonds vers les pays à revenus intermédiaires et faibles. Malgré la crise induite par la pandémie, les transactions d’argent sont en hausse, et ce, pour la deuxième année consécutive alors que la reprise économique peine encore à se confirmer dans les principaux pays pourvoyeurs de travailleurs étrangers. Véritable bouée de sauvetage, ces flux, qui devraient excéder la somme des investissements directs étrangers et l’Aide publique au développement, permettent en effet aux ménages des pays originaires des migrants, de financer les produits essentiels, tels que les soins de santé, l’éducation et la nourriture.


Ce constat, fait par la Banque mondiale dans une note rendue publique récemment, n’a jamais été aussi vrai dans les pays d’Afrique du Nord. Les données, compilées par l’institution de Bretten Woods, montrent que cette hausse est due à la forte progression des flux entrants vers les deux premiers pays bénéficiaires de ces ressources extérieures, à savoir l’Egypte et le Maroc, lesquels ont respectivement reçu 33 milliards de dollars (+12,6%) et 9,3 milliards (+25%). Des sommes d’argent envoyés principalement par les migrations de retour et de transit, qui sont pour beaucoup dans ces résultats favorables.

Pour le Maroc, deuxième bénéficiaire, donc, parmi les pays en développement de la région, malgré la forte concentration des expatriés en Europe, les États-Unis se placent en tête de la liste des pays émetteurs (+14 %), suivis de l’Arabie saoudite (+12%) et de la France (10%). Cependant, l’UE reste la destination dominante pour les travailleurs migrants du Maghreb, le Maroc étant le plus grand pourvoyeur de migrants en termes absolus et relatifs. La France et l’Espagne sont les destinations clés, accueillant respectivement, 1,5 millions et 850.000 expatriés marocains. La baisse des envois depuis le vieux continent s’explique par le fait que l’Europe a été durement touchée par la récession mondiale liée au covid-19 en 2020, avec un PIB en chute de 6,3%, aggravée par une baisse spectaculaire de la consommation et de la production industrielle, induite par les restrictions d’activité.

Au total, les envois de fonds vers le Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie) ont enregistré un bond de 15,2 % du fait de la croissance de la zone euro. En revanche, les flux se sont ralentis dans plusieurs pays en 2021, dont la Jordanie (-6,9 %), Djibouti (-14,8 %) et le Liban (-0,3 %). Pour les pays en développement de la région MENA, les transferts d’argent constituent, depuis longtemps, la principale source de ressources extérieures, devant l’APD, l’IDE et les flux de placement et d’endettement. Même constat sur le reste du continent africain où les envois vers l’Afrique subsaharienne ont repris de la vigueur en 2021, progressant de 6,2% pour atteindre 45 milliards de dollars. Au Nigéria, premier bénéficiaire de la région, le rebond est modéré, en partie à cause de l’influence croissante des politiques destinées à canaliser les transferts d’argent par l’intermédiaire du système bancaire. Les pays où le volume des remises migratoires, en pourcentage du PIB, est le plus conséquent, sont la Gambie (33,8 %), le Lesotho (23,5 %), Cabo Verde (15,6 %) et les Comores (12,3 %). En 2022, les envois de fonds devraient augmenter de 5,5 % grâce à la poursuite de la reprise économique en Europe et aux États-Unis. Coûts des transferts : Les coûts de transfert d’argent étaient en moyenne de 8 % au premier trimestre 2021, contre 8,9 % un an plus tôt. Bien que les migrations intrarégionales représentent plus de 70 % des mouvements transfrontaliers de populations, les frais sont élevés en raison des faibles quantités de flux formels et de l’utilisation des taux de change du marché noir.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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