Maroc

Migration Les narcotrafiquants déclenchent la guerre du Détroit

 
Les mafias qui règnent en maîtres sur la route du narcotrafic au Détroit ne se cachent plus à présent. L’incident inédit survenu hier durant la tentative d’interception par la Marine royale d’une embarcation transportant des candidats à l’immigration irrégulière constitue un précédent dans ce dossier. C’est la première fois que la Marine royale fait usage de force, devant le refus du pilote d’obtempérer. Quatre personnes ont ainsi été blessées suite à cette intervention et transportées à l’hôpital provincial de Fnideq-Mdiq, alors qu’un autre blessé a été acheminé vers Rabat à cause d’une grave blessure au niveau du bras, rapporte le média sebti, www.elfarodeceuta.es. 
L’un des éléments du commando mafieux serait parmi les blessés selon les médias espagnols, probablement le Marocain, car selon l’agence EFE, citant des sources diplomatiques, les deux Espagnols sont indemnes. 
Concernant les origines des prévenus, l’un des pilotes serait originaires de Sebta, un deuxième d’Algésiras et le troisième un Marocain résidant en Espagne. 
Les rumeurs persistantes sur l’entrée en scène des mafias de la drogue dans le dossier de l’immigration étaient loin d’être de simples conjectures. Depuis quelques semaines, «les pateras gratuites» qui transportent les migrants vers les côtes espagnoles sont devenues fréquentes dans les eaux marocaines. En attestent les vidéos montrant «un personnel naviguant» vêtu de combinaison sophistiquée, voire élégante, en néoprène et transportant à titre gracieux des candidats qui se trouvaient des fois, par pure hasard, sur une côte marocaine, se prélassant sous le soleil. De fait, les embarcations type Go-fast, équipées de trois à quatre moteurs, sont les propriétés exclusives des cartels du Golf de Cadix. Rapides, elles sont difficiles à détecter par les forces de sécurité et atteignent les côtes espagnoles en à peine 15 minutes. 
Certes, l’implication des mafias dans ce dossier de l’immigration irrégulière est de notoriété publique, surtout en ce qui concerne le cas des migrants mineurs, utilisés par la suite comme «mulas», à savoir des mulets pour acheminer la drogue, sans attirer l’attention. Or, c’est la première fois que les mafieux s’aventurent, en plein jour, à acheminer des migrants.
 
Le 12 septembre dernier, une association de la Guardia Civil a mis en garde contre les nouvelles liaisons dangereuses entre les mafias du trafic de drogue et de l’immigration clandestine. Or, l’enjeu est encore méconnu. Selon la police espagnole, ces navettes, transportant des migrants, ne sont pas rentables, au vu des lourds coûts en matière de carburant que nécessitent ces embarcations. 
Car, si chaque candidat à l’immigration débourse environ 2.000 euros et au total, ils sont, tout au plus, 15 personnes à bord, transporter 3.000 kilos de résines de cannabis est plus lucratif, selon les calculs de la Guardia Civil espagnole. Ce qui laisse entrevoir le début d’une guerre sans merci déclenchée par ces mafias au Détroit.
 

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