Maroc

Magie du tissu Kuba

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La Fondation du groupe Crédit Agricole du Maroc pour les arts, la culture et le patrimoine organise depuis le mardi 5 avril une exposition sur l’art des tissus Kuba et ceci à Abou Imane Gallery, la galerie du groupe Crédit Agricole du Maroc à Rabat.


Une exposition des plus authentiques que celle des arts des tissus Kuba à Rabat ! L’art des tissus Kuba est issu de la région du Kasaï oriental en république démocratique du Congo (RDC) où il s’est développé au sein d’une confédération fondée vers le XVI siècle et dont la peuplade dominante est celle des Bushoong et sous-ethnies Bang Yeen, Bang Woong et Shoowa. À base de feuilles de palme, c’est à l’orée de la vaste forêt équatoriale, que l’art Kuba, d’abord royal et aristocratique, va se démocratiser et exprimer l’identité d’un peuple. Né du concept du langage par l’image et de la communication symbolique d’une culture ancestrale, l’art des étoffes Kuba exprime avec vivacité la conscience esthétique des femmes et des hommes du Kassaï.

C’est cette richesse qu’Abou Inane Gallery se propose de mettre en avant à travers son exposition qui durera jusqu’en septembre 2016. Cet art venu d’Afrique, que l’on qualifie de primitif, se caractérise par l’absence de représentations naturalistes au profit d’un système graphique qui joue sur la combinaison des figures géométriques. Le signe dans la culture Kuba s’affirme comme l’élément initial dont on peut suivre tous les comportements. L’alternance des vides et des pleins, des formes et des couleurs en composition structurée, génèrent un mouvement au rythme lyrique d’une force indicible.

Ces signes et symboles qui nous sont étrangement familiers comme enfouis dans notre mémoire collective, expriment une structure du langage qui constitue, comme pour les tissus berbères, un art instinctif au sein duquel les œuvres abstraites représentent d’étranges résonnances avec celles d’artistes reconnus de l’art moderne tel Paul klee, Sonia Delaunay, Henri Matisse, ou Picasso…Selon la tradition orale, les secrets des tissus de raphia ont été révélés aux Kubas par le roi Shamba Bolongogo (1620-1600) qui était fils d’esclave et avait acquis ce savoir au cours de multiples voyages. Ainsi, sous l’impulsion de leur roi, les Kubas ont pu explorer le champ de toutes les possibilités en matière de graphisme et de décors. Une variété culturelle et artistique qui reflète une combinaison de la beauté traditionnelle et de la sensibilité d’un peuple.

Le système se développe grâce à l’incomparable créativité de ces artistes stimulés par l’exigence et le goût des souverains. Fruit d’une tradition et d’un savoir-faire transmis par plusieurs générations d’artistes virtuoses, les tissus qui vont figurer parmi les richesses du trésor royal sont une oeuvre collective. Plus qu’un objet de décoration, le pagne exprime un statut social.

Tissu royal à caractère sacré, habillement des notables lors de grandes manifestations solennelles, habit pour des cérémonies telles que les mariages ou commémorations où les motifs sont d’auspice pour un bon et riche avenir, mais aussi habit quotidien, le pagne répond à une véritable hiérarchie. Il a un rôle de représentation du statut social, du pouvoir ou de la richesse de la personne ou de la famille à qui il est destiné. Il marque le désir esthétique de transmettre une image ou un caractère individuel pour marquer le sens des responsabilités et reconnaître le rôle et le statut au sein de la société : notables ou chefs coutumiers, guérisseurs ou chamans, instituteurs ou fonctionnaires publics…L’étoffe Kuba demeure encore aujourd’hui un témoin de l’ascension sociale de tout individu. 


 

Promotion de l’art et de la culture

Créée en 2007, la Fondation pour les arts, la culture et le patrimoine du GCAM se veut un véritable carrefour d’échanges et de découvertes, d’expression et de création à destination de tous ceux qui œuvrent au rayonnement et à la perpétration de la culture et du patrimoine. La fondation bénéficie d’un espace de 1.300 mètres carrés, entièrement dédié à l’art, au patrimoine rural et ouvert aux traditions et modes de vies, qui a accueilli plus de 31 expositions depuis son ouverture.

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