Maroc

Lutte contre le travail des enfants : le Maroc propose d’accompagner les pays africains

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Fort de son expérience dans la lutte contre le travail des enfants, le Maroc propose de la partager avec les pays africains.

Le travail des enfants est un sujet qui touche tous les pays du monde. Le rapport, publié par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Unicef en juin dernier, à l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants, avance des chiffres inquiétants. Ce fléau concerne 160 millions d’enfants de moins de quinze ans, soit 8,4 millions de plus qu’il y a quatre ans. Des millions d’autres mineurs sont, par ailleurs, en danger, en raison des effets de la pandémie. «Le Maroc a réalisé des progrès solides en matière de lutte contre le travail des enfants et il est disposé à partager son expérience avec les autres pays du continent africain», a annoncé Salima Admi, directrice du Travail au ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, vendredi dernier, à Johannesburg.


«Un net recul des effectifs des enfants de moins de 15 ans au travail a été observé et cela grâce aux efforts déployés par les différents intervenants au Maroc», appuie-t-elle en avançant les chiffres de l’enquête sur l’Emploi, réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP). Cette dernière indique que le Maroc comptait, en 1999, un total de 517.000 enfants au travail, âgés de 7 à 14 ans, alors qu’en 2020, ce nombre a régressé à 35.280, soit une diminution de 93% en 20 ans. La directrice du Travail souligne aussi l’importance d’échanger les expériences en matière de lutte contre ce phénomène qui continue de se répandre en Afrique. En effet, en 2019, l’Afrique sub-saharienne a été la région du monde la plus touchée : 1 enfant sur 5 y est astreint au travail des mineurs. Elle a ainsi appelé à la création d’une plateforme d’échange d’expériences entre pays africains pour fournir un cadre permanent de discussion et de débats.

Concernant les avancées sur les plans juridique et institutionnel, le Maroc a adhéré à une dizaine de conventions et protocoles internationaux relatifs à la protection de l’enfance en général et à l’élimination du travail des enfants en particulier. «En plus de la Charte des droits humains et des conventions 138 et 182 de l’OIT, le Maroc a ratifié le Protocole facultatif concernant la vente et la prostitution des enfants, le Protocole concernant l’implication des enfants dans les conflits armés et les conventions du Conseil de l’Europe relatives à l’exercice des droits des enfants», précise Salima Admi. Elle a, également, rappelé que la Constitution de 2011a renforcé le corpus normatif des droits humains, dans le sens où elle réaffirme aussi l’engagement de l’État à assurer une égale considération sociale et morale à tous les enfants, abstraction faite de leur situation familiale.

Cette évolution a été accompagnée par la consolidation de la scolarisation obligatoire de tous les enfants des deux sexes, âgés de 6 à 15 ans. La directrice du Travail a fait observer que «la prévention et la répression pénale de l’exploitation des enfants ont été renforcées au niveau du Code pénal, sans oublier la nouvelle loi sur la traite et celle relative aux conditions d’emploi des travailleurs domestiques qui fixe l’âge d’admission au travail à 18 ans». À ce sujet, depuis le 2 octobre 2018, le travail des mineurs de 16 à 18 ans est toléré pendant une période transitoire de cinq ans. Passé ce délai, il sera interdit, et le non-respect de cette disposition est passible d’une amende de 25.000 à 30.000 DH. En cas de récidive, l’employeur verra l’amende doublée et pourra écoper d’une peine d’emprisonnement de 1 à 3 mois.

Par ailleurs, afin de renforcer la lutte contre ce fléau, la CGEM a lancé en avril 2021, en collaboration avec l’OIT et le projet MAP’16, «ILTESAM», une initiative pionnière en vue de contribuer à l’éradication du travail des enfants au Maroc. Elle vise à accompagner les entreprises membres du patronat dans leurs actions de lutte contre ce phénomène, en mettant à leur disposition toute l’information nécessaire, des kits de sensibilisation et des formations en ligne. Les réunions de consultation africaines, en préparation de la 5e Conférence mondiale sur le travail des enfants, organisées pendant deux jours par l’OIT, se sont déroulées à Johannesburg, en présence de délégués des gouvernements et représentants des organisations syndicales et patronales des États membres de l’Union africaine, ainsi que ceux des institutions de l’Union africaine et des agences des Nations-Unies. Elles ont pour objectifs d’identifier les défis communs, les priorités politiques et les bonnes pratiques pour éliminer le travail des enfants en Afrique. Elles proposeront aussi des thématiques régionales prioritaires pour apporter une perspective régionale à la 5e Conférence mondiale sur le travail des enfants. Il s’agit, également, de fournir un espace idoine pour discuter des progrès réalisés dans la lutte contre le travail des enfants en Afrique, y compris les efforts déployés dans la mise en œuvre du Plan d’action de l’Union africaine pour éradiquer le travail des enfants, le travail forcé, la traite des êtres humains et l’esclavage moderne (2020-2030). Si le travail des mineurs est plus élevé en Afrique, notamment en Afrique Sub-saharienne, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit avant tout d’un fléau mondial. En effet, la prévalence du travail des enfants se situe entre 3 et 7% à travers le monde. Rappelons aussi que la scolarisation est le moyen le plus sûr pour lutter contre le travail des enfants.

Tilila El Ghouari / Les Inspirations ÉCO

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