Maroc

Les sitcoms du Ramadan: humour insipide?

Chaque Ramadan, les chaînes de télévision marocaines s’efforcent de présenter une palette d’œuvres comiques appelées « sitcoms », diffusées avant et pendant l’iftar, avec plus ou moins de bonheur. Comme à l’accoutumée, ces sitcoms suscitent un débat renouvelé entre ceux qui les trouvent « dignes d’être vus » et « offrant la dose d’humour requise », et ceux qui n’hésitent pas à les clouer au pilori, les qualifiant d »insipides » ou d »indigestes », au vu de leur « niveau médiocre » et de leur incapacité à produire l’effet escompté.

Naturellement, ce débat parfois à couteaux tirés s’est répercuté avec une grande intensité sur les réseaux sociaux, particulièrement après la diffusion par l’artiste Samia Akariou d’une vidéo où elle exprime son avis sur les contraintes auxquelles sont confrontées les productions artistiques marocaines pendant le Ramadan, notamment en ce qui concerne l’aspect financier, les conditions et les horaires de travail.

Samia a estimé que ceux qui taxent ces productions ramadanesques d’insipidité n’ont qu’à changer de canal et à zapper vers d’autres chaînes nationales et internationales à la recherche de programmes à leurs goûts.

Mieux, elle a suggéré à ces éternels insatisfaits de verser dans la lecture des livres et des romans, au lieu de prendre de faux airs de critique, toujours mieux au fait des attentes du public et des téléspectateurs. D’aucuns considèrent que l’avis de la comédienne est largement corroboré par le taux d’audience dont bénéficient auprès d’un public toujours avide ces sitcoms tant décriés.

Parallèlement, ceux qui ne trouvent dans ce type de productions aucun plaisir, s’en prennent tantôt à la faiblesse esthétique de ces œuvres, tantôt à leur thématique redondante, notamment en ce qui concerne la nature des sujets « superficiels et répétitifs » qu’ils abordent, ainsi que la qualité de performance des acteurs.

Dans ce sens, le critique cinématographique marocain, Fouad Zouirik, a affirmé que cette nouvelle saison de Ramadan n’apporte malheureusement rien de nouveau.

« Il s’agit d’une copie des versions précédentes », a-t-il déploré, faisant observer que la présence redondante et rébarbative des mêmes personnages et des mêmes acteurs dans ces sitcoms finit par affaiblir la qualité du scénario, de la photographie et de la mise en scène.

M. Zouirik n’a pas manqué de souligner qu’en dépit des différents programmes de divertissement disponibles à l’heure actuelle, la télévision marocaine reste pendant le Ramadan le média le plus proche du citoyen, d’où l’impératif de prêter plus d’attention aux productions qu’elle propose au cours de ce mois sacré.

Il est à espérer, a-t-il dit, que ces productions parviennent à satisfaire le public et à gagner sa fidélité et confiance, appelant à cet égard à la nécessité de réaliser des sondages d’opinion sur ces productions pour mesurer le degré de satisfaction du public, au lieu de se référer uniquement au taux de l’audimat.

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