Maroc

La vie scolaire ou l’école de la vie : la voie de la réussite et de l’épanouissement

Quelle Vie Scolaire voulons-nous pour nos enfants ? Une question qui résume tout un chantier à ciel ouvert, la vie scolaire étant l’affaire de tous ou presque ! Mais que faut-il entendre d’abord par Vie Scolaire ? C’est une école où l’échange, le vivre ensemble et la tolérance sont des valeurs sûres, pour l’épanouissement de l’apprenant. L’objectif ultime d’une Vie Scolaire est d’offrir un climat éducatif adéquat pour une socialisation complète et équilibrée, ainsi qu’un environnement intra et extrascolaire permettant la promotion l’apprenant au sein de son école. Une place de choix est accordée à cette mission dans la loi cadre et la vision stratégique qui prône pour une école de l’équité, de la qualité et de la promotion.

Vie scolaire : Stratégie et objectifs
La philosophie sous-tendant une Vie Scolaire épanouie suggère une école bien ancrée dans son environnement socio-culturel, afin qu’elle puisse y implanter les valeurs du vivre ensemble, les principes des droits humains, tels que la solidarité, la tolérance, l’égalité. Il y serait également question d’y faire prévaloir le respect des droits, l’éducation à la citoyenneté et l’initiation au civisme.


Le Ministre Saaïd Amzazi a, à maintes reprises, souligné la nécessité d’y combattre le sentiment d’iniquité, la violence sous toutes ses formes, ainsi que les stéréotypes obsolètes. Et c’est pourquoi, son département avait initié en 2018 les premières formations des coordinateurs de la vie scolaire dans le cadre du projet « Appui à la promotion de la tolérance, du civisme et de la citoyenneté en milieu scolaire et à la prévention des comportements à risques (APT2C) », fruit d’un partenariat avec la Rabita Mohammadia des Oulémas et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Ce projet qui entend former 3 000 coordinateurs de Vie scolaire, ambitionne de couvrir l’ensemble des établissements de l’enseignement secondaire, dans l’objectif de motiver l’apprenant en lui inculquant les valeurs d’ouverture, mais aussi de tolérance. Cela rime parfaitement avec les termes de la loi-cadre 51.17 qui souligne, d’un côté, le rôle majeur du projet d’établissement, en tant qu’outil fondamental pour traduire dans les faits des politiques éducatives et stipule , d’un autre côté, la mise en place d’un système de veille afin d’assurer le suivi en temps réel de la vie scolaire.

Il s’agit là des principaux garde-fous d’un projet ambitieux visant à réformer le système éducatif et à l’ériger en levier de développement, pour ainsi mettre en œuvre les Directives Royales énoncées lors du discours du 30 juillet 2015 : « La réforme de l’enseignement demeure un pilier pour la réalisation du développement, une clé d’ouverture et d’ascension sociale et une garantie pour immuniser l’être et la société des fléaux de l’ignorance et de la pauvreté… ».

D’autres programmes viennent renforcer la vie scolaire et convergent tous, dans l’éducation à la citoyenneté, citons à ce titre, le programme « Ecole des droits de l’Homme », fruit d’un partenariat tripartite entre le département de l’Education Nationale, le Ministère d’Etat chargé des droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement et le Forum de la Citoyenneté.

Ce programme éducatif vise à mobiliser les différents acteurs de la vie scolaire en vue d’intégrer les principes et les valeurs des droits de l’Homme dans les programmes d’éducation. Il vise également à renforcer les capacités et les rôles de l’école marocaine dans la promotion de la culture de droits de l’Homme, et ce à travers l’élaboration de programmes, d’activités et de supports de sensibilisation, d’éducation et de formation dans ce domaine.

Il vise également à la promotion des clubs d’éducation aux droits de l’Homme dans les établissements d’enseignement, à renforcer leurs rôles dans la vie scolaire, à élargir leur tissu régional et à mettre en place des mécanismes permettant la mise en œuvre et le suivi de ce programme au niveau des académies régionales d’éducation et de formation.

Les structures mises en place au sein des établissements bien ancrées dans le paysage scolaire permettent à l’élève de développer des valeurs et des compétences de vie lui garantissant de répondre efficacement aux exigences de la socialisation et de la préservation de soi contre les risques et menaces de la vie quotidienne.
C’est dans ce cadre que le programme « Maharaty », initié en partenariat avec l’UNICEF, vise à promouvoir chez les élèves du secondaire collégial et des Ecoles de la Deuxième Chance douze compétences de vie de type : pensée critique, communication, participation, empathie (…) et ce, à travers les clubs éducatifs.

Clubs éducatifs, au service de la vie scolaire !
La Vie Scolaire reste ainsi un levier qui mérite l’engagement de tous les acteurs. Attacher l’élève à son école, impliquer les parents, engager les collectivités et responsabiliser le secteur privé restent des démarches préconisées par la loi-cadre afin de relever le défi de l’école de demain. Source d’adhésion, une réelle mobilisation pourrait garantir l’unité nationale dans la diversité culturelle et linguistique. Le sentiment d’appartenance est une condition sine qua non pour aboutir à l’école des droits humains, de citoyenneté et d’innovation. Et c’est dans ce contexte qu’intervient l’initiative du Ministère de mettre en place des clubs éducatifs au sein des établissements scolaires.

En effet, au niveau des établissements scolaires, plus de 40.000 clubs éducatifs ont été mis en place et travaillent dans divers domaines, la citoyenneté, l’égalité et les droits, la culture, l’environnement, la santé, le sport, etc., permettant ainsi le développer les valeurs et les compétences des apprenants dans une ambiance où prévalent le sentiment d’appartenance, le sens d’initiative, le volontariat, la solidarité, la collaboration et l’acceptation des différences.

L’animation culturelle et artistique est effectivement un facteur incontournable pour ouvrir la voie à cette expression de soi, à cette identification positive et à cette reconnaissance de la réelle personnalité de l’élève. L’art et la culture constituent un moyen d’expression de nos émotions, nos idées, nos réflexions, nos sensations et nos aspirations à la faveur d’une multitude de disciplines artistiques : musique, théâtre, peinture, chorégraphie, chants … Pour la loi-cadre, l’école doit être un lieu d’expression des représentations profondes d’un monde pluriel sur les plans religieux, culturel et linguistique. Ceci permet à l’école de s’acquitter de sa mission et à concrétiser son projet éducatif porteur de valeurs nationales et ouvert sur les cultures universelles.
Les Conseils des élèves, un apprentissage de la démocratie !

Il s’agit d’un cadre de concertation et de décisions qui réunit, à différentes échelles, régulièrement les enfants pour traiter démocratiquement des questions et des problèmes rencontrés dans le cadre scolaire, et pour élaborer des projets pédagogiques et éducatifs.

C’est donc un outil qui permet d’installer entre les élèves un espace de débat, d’expression libre, de suggestions, de décisions sur des projets et événements en relation avec la vie scolaire ou avec l’actualité (élaboration des règles de fonctionnement, du temps et de l’espace scolaire, règlement de conflits entre élèves, préparation de projets, d’événements fédérateurs, etc.). Ce qui permet aux élèves de participer dans l’élaboration, la mise en place et l’évaluation des activités des établissements scolaires, programmées dans le cadre du projet d’établissement, et par la suite renforcer leurs sens d’appartenance, non seulement à l’établissement scolaire, mais à tout leur environnement.

Santé et sécurité, pour une vie scolaire de qualité !
L’éducation et la santé sont étroitement liées et constituent des droits humains fondamentaux, ainsi que le socle sur lequel s’appuie la dynamique de la réussite.

La stratégie sectorielle du Département de l’Education Nationale a toujours insisté sur l’importance de la promotion de la santé scolaire et la sécurité humaine vue la forte corrélation entre le rendement des apprenants et leur santé physique et mentale ainsi que leur sécurité.

La loi cadre 51.17 a mis en exergue ; à travers le projet 10 l’importance du domaine de l’éducation à la santé et la sécurité en milieu scolaire dans l’objectif de permettre aux apprenants d’acquérir une culture sanitaire ainsi que de promouvoir leurs habilités de vie et renforcer la prévention et la lutte contre les différentes maladies où les comportements à risque peuvent influencer négativement leur santé et leur bien-être ainsi que leur parcours scolaire et plus tard professionnel.

La promotion de la santé scolaire s’articule autour de programmes et plans d’action conjoints avec les différents partenaires actifs dans ce domaine dont notamment le Ministère de la Santé. Ces programmes ciblent le développement des compétences psychosociales et l’institutionnalisation d’une école promotrice de la santé et, par conséquent, permettre à la population cible de participer activement dans la diffusion des principes de l’éducation et la prévention sanitaire au sein de l’école, voire même au sein de la famille et la société.
Ainsi, les domaines d’intervention liés à la santé scolaire sont basés sur des campagnes de dépistage et de prise en charge des différents problèmes de santé chez la population cible, des activités annuelles de sensibilisation autour de la lutte contre les différents maladies transmissibles et non transmissibles, l’éducation à l’adoption d’un mode de vie sain, ainsi que la prévention des établissements scolaires contre les risques des catastrophes naturelles, des épidémies et des accidents de la circulation.

l’Education à l’Environnement et au Développement Durable au cœur de la vie scolaire !
Conformément aux Directives Royales, le Maroc s’est doté d’une Charte de l’environnement et du développement durable, qui est le fruit d’un long processus de consultation qui a impliqué le gouvernement, des représentants de plusieurs institutions publiques et des citoyens.

Le Département de l’Education Nationale a pris part à toutes les phases de cette charte depuis l’élaboration de l’avant-projet jusqu’à l’approbation du projet de Charte par le Conseil national de l’environnement et la mise en place des mesures d’accompagnement.

Ainsi, le Département dispose d’une stratégie d’accompagnement de la mise en œuvre de la charte, axée sur :
Le fondement d’une culture environnementale civique (clubs, concours, formations, projets…) ;
L’intégration de l’éducation environnementale dans le processus éducationnel (clubs, centres d’Education à l’environnement, outils pédagogiques…) ;La qualification de l’élément humain pour garantir une gestion exemplaire de l’environnement (formation continue, participation aux congrès, colloques… nationaux et internationaux).

Par ailleurs, le Département bénéficie d’un partenariat d’exception avec la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, présidée par son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa, partenariat concrétisé notamment via deux programmes phares : les jeunes reporters pour l’environnement et Eco-écoles, ainsi 23000 collégiens et lycéens sont devenus de jeunes reporters et 2476 établissements scolaires sont aujourd’hui des écoles Eco écoles.

Les centres d’épanouissement littéraire et artistique, un nouveau souffle pur l’école de demain !
Dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de la loi-cadre 51.17, chaque académie régionale de l’éducation et de la formation s’est lancée dans la création des centres et d’établissements d’épanouissement artistique et littéraire, En effet, plus de 60 centres ont vu le jour dans un objectif d’avoir au moins un centre par province. Chaque centre offre aux élèves plusieurs disciplines artistiques, littéraires et de communication, dans le cadre de la promotion de la vie scolaire. Ces centres contribuent également à créer et à développer l’esprit de créativité et d’innovation chez les apprenants, outre la promotion de la culture, des arts et des lettres, l’intégration sociale et la construction d’une personnalité ouverte et équilibrée.

Ces centres, qui ont pour objectif de fournir une formation aux bénéficiaires, sous l’encadrement de professionnels en matière de chant, de théâtre, de cinéma et d’art plastique, entre autres, sont ouverts aux élèves en dehors des heures de cours, selon la capacité d’accueil de chacun d’entre eux, sachant que le choix des activités est du seul ressort de l’élève, de manière tout à fait volontaire, la formation étant organisée en 3 étapes, initiation, approfondissement des connaissances artistiques et techniques, et développement des compétences.

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