Maroc

Guinée : Enfin le grand retour ?

Avec la réélection du président Alpha Condé pour un second mandat, la Guinée amorce un nouveau cycle de croissance économique. Passée la crise d’Ebola, le pays reste confronté à d’immenses défis socioéconomiques en dépit de son potentiel confirmé en ressources naturelles.


Avec une croissance nulle engendrée par l’épidémie d’Ebola et le spectre de l’instabilité sociopolitique en raison des échéances électorales de la fin de l’année, l’année 2015 a été une année noire pour la Guinée. Fort heureusement, tout s’est bien passé avec la fin de la crise sanitaire décrétée par l’OMS et des élections présidentielles dans un climat relativement apaisé, lesquelles ont vu la victoire d’Alpha Condé dès le premier tour pour un nouveau mandat de cinq ans. L’année 2016 s’annonce sous de meilleurs auspices avec un rythme de croissance du PIB de 4,9% selon le FMI en dépit d’incertitudes relatives à la conjoncture économique actuelle. Le nouveau mandat du professeur Condé s’ouvre en effet sur fond de baisse des prix des matières premières dont le pays est un grand exportateur, notamment de l’or, du bauxite, de l’aluminium ou du fer. Les exportations minières représentent en effet plus de 80% des échanges extérieurs du pays et c’est sur les recettes engendrées que les autorités entendent mettre en œuvre de grands projets d’infrastructures ainsi que de vastes programmes socioéconomiques. Le retour des investisseurs dans le secteur minier et les réalisations récentes dans le domaine de l’énergie, notamment le barrage hydroélectrique de Kaléta, augurent de nouvelles perspectives pour le pays.

Infrastructures
Pour son second mandat à la tête du pays, le président Alpha Condé a d’ailleurs inscrit les infrastructures au rang des priorités pour le gouvernement. En plus des projets miniers qui seront mis en œuvre avec de grandes firmes multinationales, plusieurs ouvrages devraient voir le jour dont certains à travers des partenariats public-privés (PPP). C’est le cas de l’extension du Port de Conakry, du renforcement du système d’adduction d’eau, de l’amélioration du réseau routier ou du développement des infrastructures ferroviaires. Le grand défi de la Guinée pour cette année sera de pouvoir jeter les bases d’une véritable relance économique et à ce sujet les autorités entendent revoir de fond en comble le climat des affaires en toilettant notamment le code minier pour plus de transparence et d’efficacité. Le pays ne manque pas d’opportunités vu son immense potentiel minier qui continue à séduire les investisseurs. Les autorités doivent également poursuivre leurs efforts en matière d’amélioration des conditions vie de la population (emploi, services de base). Enfin, en dépit des efforts accomplis sur le plan de la qualité de la réglementation, le pays pâtit toujours d’une gouvernance et d’un climat des affaires très difficiles. 


 

Tensions budgétaires et incertitudes politiques

Les élections présidentielles de fin 2015 se sont déroulées dans un climat plus apaisé que par le passé, il reste qu’en 2016, la Guinée risque aussi de revivre le spectre des tensions politiques avec des élections locales prévues dans les prochains mois. Il y va de l’avenir de l’économie du pays qui traverse une conjoncture difficile avec quelques perspectives toutefois reluisantes. Le gouvernement devrait veiller à assainir le déséquilibre du compte courant qui reste assez important. Le solde budgétaire devrait se réduire progressivement grâce à la poursuite des mesures visant à contenir le déficit alors que les dépenses engagées en réponse au virus Ebola devraient être maîtrisées. Du côté des recettes, l’application du nouveau Code minier devrait permettre d’encourager le lancement de nouveaux projets et ainsi générer des recettes fiscales supplémentaires. Les sommes épargnées par l’allégement de la dette seront attribuées au soutien de l’investissement et à la réduction de la pauvreté. La dette publique, en baisse, restera soutenable. Toutefois, le risque de surendettement est à surveiller du fait de la vulnérabilité du pays à des chocs préjudiciables à la croissance, aux exportations, aux flux d’IDE et aux performances budgétaires.


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