Maroc

Grippe aviaire : Les associations des consommateurs inquiètes

Certains éleveurs de volailles ont annoncé, cette semaine, qu’ils auraient constaté une mortalité accrue dans leurs fermes. Des associations de protection des consommateurs, qui se disent préoccupées, demandent des explications.


Existe-t-il des foyers de contamination d’influenza aviaire hautement pathogènes pour les volailles au Maroc ? La question taraude les éleveurs. Et pas seulement. En effet, la Fédération nationale de protection de consommateurs, par la voix de son président, Bouazza Kherrati, est inquiète. Et pour cause, certains éleveurs de volailles auraient signalé, ces derniers jours, avoir eu de nombreux cas de mortalité dans leurs élevages. À Ain Chegag dans la région de Fès, par exemple, plusieurs cas de décès ont été relevés dans certaines fermes de poulet de chair. Un petit éleveur, Abdelmalek Touati regrette, en effet, la perte de 1.600 poulets sur une population de 4000 volailles.

Il a d’ailleurs diffusé, sur le net, une vidéo montrant un poulailler jonché de cadavres de poulets. «D’autres cas de décès devraient être enregistrés dans ma ferme. Il n’y a qu’à voir leur situation sanitaire. Je ne suis pas le seul à avoir ce problème dans la région. Plusieurs autres éleveurs, dont notamment de grands éleveurs, ont enregistré des pertes. Il y en a même qui ont perdu plus de 10.000 poulets. Mais ces cas sont passés sous silence. Pourtant, cela fait un mois que l’on a constaté l’apparition du virus. Il faut que les autorités compétentes puissent mettre en place des mesures sécuritaires sanitaires à même de renforcer le contrôle», souligne cet éleveur, qui ne décolérait pas.

A la fédération nationale de protection des consommateurs, on craint que l’infection puisse, en tout cas, toucher un nombre important de fermes à travers le pays. «Les autorités compétentes doivent donner des explications sur la mort suspecte des volailles. Il y va de la santé des consommateurs. L’office dit qu’à leur arrivée au royaume, les lots de poussins importés de la France sont soumis aux analyses complémentaires et reste sous la surveillance des vétérinaires privés. Mais il faut interdire les importations de France jusqu’à ce le problème soit réglé dans ce pays», affirme Bouazza Kherrati. Il est à souligner que le secteur avicole national en poussins reproducteurs s’approvisionne de la France, pays qui connaît la présence de plusieurs foyers d’influenza aviaire hautement pathogènes pour les volailles. Plus de 60 % des besoins proviennent, en effet, de ce pays.

Du côté de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaire (ONSSA), on se veut rassurant. En effet, dans un communiqué, l’office a rendu son avis, le 29 janvier, sur le sujet en assurant qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Pour l’office, à ce jour, aucun foyer d’influenza aviaire hautement pathogène pour les volailles n’a été détecté au royaume. Les résultats des analyses de laboratoire effectués ont détecté la présence d’un virus du groupe des Influenzas Aviaires Faiblement Pathogènes (IAFP), selon des sources à l’Office. «L’office a pris des mesures préventives nécessaires afin d’éviter l’introduction de cette maladie dans le royaume», est-il indiqué. «Suite à l’apparition de cas d’influenza aviaire hautement pathogène en France en novembre dernier, lit-on dans le communiqué de l’office, «des mesures ont consisté principalement en la suspension provisoire de toute importation de volailles et des produits dérivés à partir de la France».

À la FISA (Fédération interprofessionnelle du secteur avicole), on tient aussi le même discours rassurant. «On a constaté des cas de mortalité anormalement élevé dans certains élevage. Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ce virus est à ne pas confondre avec les types de virus isolés en France où ce virus est hautement pathogène», déclare Chawki Jerrari, DG de la FISA. Il ajoutera : «nous ne sommes pas encore dans cette situation d’isolement des fermes comme en France. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’il ne s’agit pour le moment que des mesures sécuritaire d’hygiène, lesquelles ont été mise en place par l’ONSSA dont les services vétérinaires sont mobilisés pour encadrer le secteur de volaille. Sachant que les vétérinaires privés, travaillant dans les fermes d’élevage, sont aussi mobilisés dans ce sens», précise Chawki Jerrari, DG de la FISA. 


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