Maroc

Filière bio : une interprofession vient de naître pour accélérer la cadence des chantiers

Maintenant que la structuration institutionnelle de l’interprofession du bio au Maroc est effective, des projets concrets devraient commencer à se mettre en place avec efficience et célérité, afin d’atteindre les objectifs annoncés dans le plan Génération Green.

«Dans un magasin bio sérieux au Maroc, vous trouvez 6.000 produits, dont 80% sont importés», déplore Slim Kabbaj, tout nouveau président de l’interprofession Maroc Bio et président de FAMIBio. La transformation made in Morocco des produits bio fait grandement défaut sur le marché. Pour corriger ce genre d’aberration, le contrat-programme national 2022-2030, en cours d’adoption et qui s’inscrit dans le cadre du plan Génération Green, a prévu des incentives.


Mais avant d’y arriver, il va falloir donner un coup d’accélérateur aux chantiers en suspens du fait de la Covid et des dissensions d’un passé récent. «La pandémie nous a beaucoup retardé, mais on ne peut pas tarder plus que ça». C’est en tenant compte de tous ces paramètres que l’assemblée générale constitutive (AGC) de l’interprofession de l’agriculture biologique s’est tenue jeudi 16 juin dernier.

A l’issue de cette rencontre, ont été désignés les membres du bureau de Maroc Bio. Celui-ci comprend Mohammed Mouslime (Slim) Kabbaj, de la FAMIBio, la Fédération de l’aval de la filière bio, élu président ; Moulay Driss Jamili, de l’association régionale de Marrakech-Safi, vice–président; Hamza Messaoud, de l’association régionale de Meknès-Fès, Vice-président; Yasser Medkouri, de la FAMIBio, vice-président; Mustafa Danouane, de l’association de la région d’Agadir et des provinces du Sud, secrétaire général; Hassan Bouchouafi, de l’association régionale de Meknès-Fès, adjoint au secrétaire général; Selma El Antari, de la FAMIBio, trésorière ; Abdelhafid Majidi, de l’association régionale Marrakech-Safi, adjoint à la trésorière; Zineb Laghzaoui et Asmaa Benmaazouz, toutes deux de la FAMIBio, assesseurs.

«C’est après des années de préparation, d’assainissement et de correction réglementaire, notamment l’exigence de regrouper les opérateurs bio, que le comité de préparation constitué des représentants de l’aval (fédération FAMIBio) et des représentants de l’amont, responsables de régions dynamiques (en termes de surface des terres agricoles bio), ont pu organiser et réussir cet événement historique», souligne le communiqué annonçant cette actualité.

A la question de savoir combien d’acteurs sont concernés par cette interprofession, la réponse de Slim Kabbaj en dit long sur le travail de longue haleine à abattre pour remobiliser les troupes. «La première priorité que nous avions à faire était de mettre en place une interprofession qui soit acceptable. C’est ce que nous avons fait jeudi 16 juin. Maintenant, il va falloir travailler pour compléter les adhésions et faire en sorte que l’immense majorité des opérateurs la rejoignent. Nous avions espéré le faire avant l’Assemblée générale.

Mais c’est assez compliqué, puisqu’il y a des opérateurs un peu partout sur le territoire national. A cela s’ajoute un certain nombre d’incompréhensions qu’il y a eu. Toujours est-il que la base est présente. Elle est valable et valide. Le ministère de l’Agriculture était présent lors de l’AG.

Nous avons été très attentifs à faire en sorte d’être le plus diversifié possible», explique notre interlocuteur. «Nous avons préféré faire comme ça, et ensuite nous faire rejoindre par les autres opérateurs du bio, qui sont très contents que ce premier pas immense ait été fait ».

Capitaliser sur les précédentes expériences
Une quarantaine de délégués, producteurs, grands comptes, PME et coopératives, se sont retrouvés pour débattre les statuts de la nouvelle organisation, en tenant compte de la loi 39-12 qui organise la filière biologique. Les leçons ont aussi été tirées de l’expérience de l’association Amabio, qui a initié le premier contrat programme dans le plan Maroc Vert, et aussi de l’expérience de la Fédération Fimabio, à laquelle le ministère de tutelle a finalement retiré la reconnaissance.

Après un débat approfondi et des amendements judicieux, les nouveaux statuts de «Maroc Bio» ont été adoptés, ouvrant la voix à l’intégration des régions conformes avec la loi sur les interprofessions. Le règlement intérieur a ensuite été adopté. Le vote a permis d’élire le conseil d’administration de 20 membres, qui a choisi à l’unanimité le bureau de 10 membres engagés et particulièrement influents dans le domaine.

Les deux instances de gouvernance de Maroc Bio ont respecté la parité entre les deux collèges amont-aval, comme il se doit, et conduit aux responsabilités une diversité de profils   : des jeunes et des moins jeunes, des femmes et des hommes, en respectant les quotas basés sur les surfaces, tels que prévu par la réglementation.

Un nouveau chapitre
Avec la réussite de cette assemblée, qui s’est tenue en présence des représentants du ministère de l’Agriculture, c’est un chapitre décisif qui s’ouvre pour tous les opérateurs de la filière bio qui attendent beaucoup en termes de conversion à la production, de transformation, de distribution et d’export, et bien sûr en termes de développement de la consommation.

Les dirigeants de l’interprofession ont reconnu en conclusion qu’il était temps que la structuration institutionnelle soit effective et que des projets concrets commencent à se mettre en place avec efficience et célérité, afin d’atteindre les objectifs annoncés dans le plan Génération Green, en conformité avec les hautes instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO


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