Maroc

Élections consulaires françaises. Serge Mucetti : “À l’étranger, voter témoigne d’un sentiment d’appartenance”

Serge Mucetti.
Consul général de France à Casablanca

Récemment, les Français de l’étranger étaient appelés à élire leurs conseillers consulaires. Devant le faible taux de participation, beaucoup de questions se posent. Pourquoi ce désintérêt pour le scrutin? Qu’en sera-t-il lors des élections présidentielles ? Serge Mucetti, consul général à Casablanca, répond…


Les électeurs français de la circonscription de Casablanca étaient peu nombreux à élire, le 30 mai dernier, leurs conseillers consulaires. Quelle lecture faites-vous du faible taux de participation ?
Le moins qu’on puisse en dire est, qu’avec une participation de 16,16%, la marge de progression est importante. Sans doute nous faudra-t-il, à l’avenir -et les conseillers des Français de l’étranger nouvellement élus avec nous- faire preuve de davantage de pédagogie et d’éducation civique. Évidemment, voter relève du comportement individuel. C’est l’expression de son rapport à la nationalité. À l’étranger, voter témoigne d’un sentiment d’appartenance. Comme je l’ai fait dans la Lettre d’information électronique du mois de mai, j’exhorte tous nos compatriotes à voter, chaque fois qu’ils en ont l’occasion. C’est essentiel en démocratie ! Je sais bien que l’élection du président de la République mobilisera davantage l’an prochain, mais celle des conseillers des Français de l’étranger n’en est pas moins importante pour soutenir ces élus dans leur engagement par une légitimité forte.

On pensait que le vote en ligne mobiliserait plus d’électeurs. Est-ce un test révélateur pour les prochaines échéances électorales ?
Le vote par Internet n’a pas mobilisé suffisamment d’électeurs. Néanmoins, si on le considère comme un test, il est indéniablement positif. Il a particulièrement bien fonctionné, mieux qu’à sa première utilisation en 2012 pour les élections législatives à l’étranger parce que plus simple d’utilisation. Il n’empêche qu’une période de rodage ou d’accoutumance -voire d’appropriation- est encore nécessaire. Je pense très sincèrement qu’il séduira davantage les électeurs pour les élections législatives de l’an prochain, ne serait-ce que parce que les esprits sont maintenant rompus à ce qui se fait en ligne.

Comment voyez-vous le rôle des conseillers consulaires ?
Les Français établis hors de France sont déjà représentés par l’Assemblée des Français de l’étranger et, au Parlement, par des députés et des sénateurs. Le rôle des conseillers des Français de l’étranger est évidemment différent de celui des élus de la Nation. Leur niveau de préoccupation est différent. En effet, ils sont des élus de terrain, de proximité, dont les attributions sont définies par la loi. Ils sont des relais importants entre le service public consulaire et nos compatriotes, dans les deux sens d’ailleurs. Ils ont un point commun avec le consul général : la sphère de leur activité est géographiquement limitée à la circonscription consulaire et concentrée sur des objets strictement locaux, concernant les Français. Dans ce cadre, leur connaissance du tissu social français est un élément fondamental de leur action.

Quelles sont les plus grandes attentes des Français de la circonscription de Casablanca ?
Il faut distinguer ce qui est courant de ce qui est exceptionnel, comme la crise sanitaire que nous connaissons. Je mets de côté l’accomplissement de formalités ou la délivrance de titres et documents d’identité ou de voyage, ou encore les actes d’état civil. L’action consulaire française a un principe qui est aussi la caractéristique de notre service public, à savoir notre approche sociale en faveur des plus vulnérables, âgés, démunis, handicapés ou pour scolariser nos enfants est primordiale. C’est aussi un des axes de mon action personnelle dans les fonctions qui me sont confiées.

Depuis le déclenchement de la pandémie, vos services ont été très sollicités. Comment a été gérée cette crise très complexe ?
Pendant la crise sanitaire que j’évoquais à l’instant, nous avons soutenu toutes les victimes économiques et sociales de la pandémie. Beaucoup ont eu recours à nous suite à la perte de ressources pour trouver des médicaments ou pour sortir de leur isolement… Toute l’équipe du consulat général s’est dépensée sans compter et sans ménager ni son temps, ni sa peine. Cela a été souligné par notre ministre et le président de la République à l’échelle de l’ensemble du réseau consulaire et tout particulièrement des six postes consulaires au Maroc coordonnés par l’ambassade. C’est une vraie satisfaction !

Quelles sont les nouveautés en matière de services consulaires ?
Il y en a plusieurs. En ce qui concerne Casablanca, je signalerai d’abord, parce que le sujet me tient à cœur, le lancement d’une réflexion sur les aléas du grand âge et sur la façon de répondre aux besoins de nos aînés vieillissant ou de nos compatriotes handicapés ; la lutte des violences faites aux femmes et ce qui a trait aux problématiques du genre. J’attends beaucoup de ce travail. Pour m’en tenir à la «mécanique administrative», nous avançons résolument dans une logique de simplification et de modernisation en favorisant les services en ligne, la généralisation et la pérennisation de la pratique du rendez-vous. S’agissant des documents, la principale innovation, qui est de taille, est la toute prochaine délivrance des nouvelles cartes nationales d’identité au format carte de crédit, comme le sont déjà les permis de conduire. Par les informations qui y seront peu à peu enregistrées et par les applications informatiques auxquelles elle donnera accès, elle deviendra un pivot de la relation entre leurs titulaires et les services publics. Évidemment, il y a la mise en œuvre des modalités d’accès au territoire français à la suite des mesures qui viennent d’être annoncées tant par le gouvernement français, à partir du 9 juin, que du gouvernement marocain à dater du 15 juin. Ces mesures augurent, on le souhaite, positivement d’une prochaine sortie de crise sanitaire, du point de vue de la circulation transfrontalière en tout cas.

Des élus de proximité

La circonscription consulaire de Casablanca comprend les régions du Grand Casablanca, de Tadla-Azilal, de Chaouia-Ourdigha et de Doukkala-Abda. Elle compte 17.266 personnes inscrites sur les listes électorales. Cinq conseillers consulaires (Gilles Dagescy, Fatima El Ouafi, Abdelghani Youmni, Mohamed Oulkhouir et Mehdi Reddad) et un délégué consulaire (Jean-Michel Reynaud) auront pour mission de défendre les intérêts de leurs compatriotes auprès des autorités consulaires. Si, toutefois, ces élus n’ont pas la possibilité de mettre en œuvre des politiques publiques, ils peuvent influer sur les décisions prises par les services diplomatiques ou l’Exécutif français. Les principales préoccupations de la communauté française portent sur la scolarité, la protection sociale, la fiscalité, la sécurité, l’emploi et la formation professionnelle.

Visas : Le service opérationnel à partir du 15 juin

L’ambassade de France au Maroc vient de l’annoncer officiellement. Les rendez-vous pour les demandes de renouvellement de visa de court séjour d’une durée d’un an ou plus émis par la France sont ouverts à partir d’aujourd’hui, 15 juin. Pour cela, il est nécessaire d’effectuer la demande en ligne sur le site France-Visas avant toute prise de rendez-vous chez TLS. À préciser que les titulaires d’un visa ne sont pas automatiquement autorisés à voyager en France et doivent respecter les conditions d’entrée sur le territoire français au regard de la vaccination. Selon la classification des pays au 2 juin 2021 sur la base des indicateurs sanitaires, le Maroc est classé pays «orange» : circulation active du virus dans des proportions maîtrisées, sans diffusion de variants préoccupants. Tous les détails sont disponibles sur le site de l’ambassade.

Fatima El Ouafi / Les Inspirations Éco

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Bouton retour en haut de la page