Maroc

CRI. Salmane Belayachi : “Notre objectif est de promouvoir l’investissement dans la région”

Le directeur général du Centre régional d’investissement Casablanca-Settat détaille les principaux  chantiers en cours visant à assurer le développement de la région. Le CRI est en phase de poser les jalons d’une administration transformée, moderne, fluide, innovante, proche de ses clients et centrée sur leurs besoins.

Quels sont les chantiers phares du CRI Casablanca-Settat depuis l’entrée en vigueur de la loi 47-18 ?
Depuis l’entrée en vigueur de la loi 47-18, le CRI est devenu l’acteur incontournable de l’investissement régional et moteur du développement économique régional. Le CRI de Casablanca-Settat préconise une approche centrée client, offrant un service digitalisé, performant, avec un accompagnement de bout en bout aux investisseurs et aux opérateurs économiques. Ceci se matérialise via trois chantiers majeurs.
Le premier est la mise à disposition des investisseurs de la région d’une offre de services en matière de procédures d’autorisations et d’actes administratifs exigés par la législation et la réglementation en vigueur, à travers la digitalisation et la simplification desdites procédures, et aussi à travers le suivi rigoureux des décisions de la Commission régionale unifiée d’investissement.

Au sein du CRI de Casablanca-Settat, nous nous engageons, une fois que nous avons reçu le dossier complet via la plateforme CRI Invest, à l’instruire dans un délai moyen de 7 jours, tout en sachant que la loi 47.18 stipule un délai d’instruction maximum de 30 jours. Nous offrons aussi une aide complète aux investisseurs dans la préparation de leurs dossiers d’investissement et travaillons étroitement avec les administrations impliquées pour faciliter le processus et le suivi. Cette mission est la partie visible de l’iceberg pour l’investisseur ; raison pour laquelle le CRI Casablanca-Settat a accordé une importance primordiale à ce chantier.  Le second chantier concerne l’accompagnement des Très Petites et Moyennes Entreprises, tout au long de leur cycle de vie, en leur apportant, notamment, conseil et assistance pour leur permettre de faire face à d’éventuelles difficultés. Le CRI Casablanca-Settat a ainsi placé l’accompagnement au cœur de sa stratégie en travaillant sur la conception d’une offre d’accompagnement de proximité et sur mesure répondant aux besoins des entreprises et des porteurs de projets à travers le Pôle régional intégré de l’accompagnement «Qimam» qui a lancé son premier produit début 2021. La première édition du programme d’accompagnement de 6 mois, au profit de 100 entrepreneurs, a permis d’avoir un impact positif en termes de formalisation, de structuration, de financement et de création d’emplois pour ces TPME. Ce bilan positif nous a motivés pour émettre une promotion tous les 6 mois et pour augmenter le nombre de bénéficiaires ; c’est pour cette raison que nous venons de lancer cette semaine l’appel à candidature au profit de 150 nouveaux entrepreneurs. «Qimam» a réussi à devenir une référence dans le domaine de l’entrepreneuriat au niveau régional et à fédérer une communauté d’entrepreneurs locaux.
Le troisième chantier concerne l’impulsion économique et la contribution à la planification stratégique de la région en collaboration avec les parties prenantes et le développement d’une offre territoriale régionale, afin de la mettre à la disposition des opérateurs économiques et aux investisseurs. Le CRI est membre des comités de suivi et de pilotage de plusieurs études stratégiques au niveau régional concernant divers problématiques touchant le territoire comme l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes, le transport et la mobilité, les schémas d’aménagement et de planification du territoire…

Il travaille aussi sur l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de développement, de promotion du territoire, d’encouragement et d’incitation à l’investissement au niveau de la région. Il y a un avant et un après… La réforme et les premiers signes de la rupture sont aujourd’hui palpables sur le terrain. Le CRI de Casablanca-Settat est en phase de poser les jalons d’une administration transformée, moderne, fluide, innovante, proche de ses clients et centrée sur leurs besoins. Cette approche, qui se veut audacieuse et orientée solution, vise à enclencher une dynamique dans l’écosystème administratif pour promouvoir l’investissement et l’esprit entrepreneurial dans la région.

Quel est le plan d’action du CRI pour les années à venir ?
Dès la première année post-réforme, le CRI de Casablanca-Settat a démarré par l’élaboration de son plan stratégique triennal (2020-2022). Les axes principaux de ce plan, qui comprend 22 projets, résident dans le renforcement des compétences et de l’expertise des ressources humaines, la facilitation administrative et le suivi des décisions de la CRUI, l’accompagnement des TPME, l’amélioration des services aux investisseurs en termes de conciliation et médiation en synergie avec les parties prenantes et le secteur privé, le développement d’une offre adaptée en matière de veille et d’intelligence économique, et la promotion des opportunités d’investissement de la région via l’élaboration d’une offre territoriale attractive. Ce plan d’action stratégique suit une démarche de «work in progress performance» : un processus de suivi de l’état d’avancement des 22 projets phares du CRI et une feuille de route ont été mis en place pour rendre compte des étapes de progression, vérifier les indicateurs et assurer le maintien d’un cap stratégique et la réalisation des objectifs. Ainsi, sur ces 22 projets phares du plan stratégique triennal du CRI Casablanca-Settat, 7 ont été réalisés à aujourd’hui, 13 sont en cours de réalisation et 2 sont à lancer.

La Région Casablanca-Settat est une locomotive économique. Comment capitaliser sur ce potentiel ?
La Région Casablanca-Settat est incontestablement la locomotive économique du Maroc, puisqu’elle pèse pour un tiers du PIB national, avec 31,38% en 2019. Elle est la 1ère région pourvoyeuse de richesse du pays, le 1er hub industriel du Maroc (48% du PIB industriel national), et enfin la première en termes de dépenses de consommation de ménage. La région adresse une offre très intéressante aux opérateurs économiques en étant notamment : la première plateforme logistique «multimodale» et la première zone portuaire commerciale du Maroc (réseau ferré, ports maritimes, aéroport et autoroutes) assurant plus de 40% de la mobilité nationale et 69% des échanges extérieurs du pays ; mais aussi la plus grande plateforme d’espaces d’accueil industriel comprenant 53 zones et parcs industriels sur environ 6.000 ha de terrains industriels.  La région la plus peuplée du Maroc, avec 20,3% de la population nationale et un taux de jeunesse de 65,6%, possède donc un vivier de ressources humaines jeunes et qualifiées.

Quels sont donc ses perspectives de développement ?
Ses perspectives de développement sont nombreuses. En plus d’une forte industrie traditionnelle (agro-industrie, textile, chimie et parachimie), le potentiel de développement de l’industrie régionale est réel avec l’ouverture de secteurs tels que l’aéronautique, l’automobile, le numérique, la nanotechnologie et la robotique. Elle possède un grand potentiel agricole, et cela peut devenir un vrai levier de développement rural dans les provinces. Comme elle dispose, également, d’une imposante façade maritime (340 km), un atout stratégique afin de valoriser davantage le potentiel d’investissement multisectoriel tout au long de son littoral (tourisme, énergie, construction navale, stations de dessalement, ports, aquaculture…).

Vous étiez précurseurs à adresser la question du foncier industriel, quel bilan en faites-vous ?
Nous avons constaté sur le terrain qu’une grande partie des projets d’investissement qui peinent à sortir, butent sur des problématiques liées au foncier. Étant donné que le foncier vient en tête de liste des prérequis d’une propulsion du secteur industriel et d’impératifs de compétitivité et d’attractivité territoriale, il a été donc primordial de nous pencher rapidement sur la question en fédérant l’ensemble de l’écosystème concerné. En effet, nous avons lancé, en mai dernier, la réflexion auprès de toutes les parties prenantes pour appréhender ce sujet aux multiples enjeux de la phase planification à la valorisation, en mettant l’accent sur l’adéquation de l’offre et la demande dans l’objectif de clarifier les défis pour la mobilisation et l’accessibilité à un foncier répondant aux besoins des industriels de la région. Cette réflexion a été menée à travers une approche participative et innovante, en faisant appel à l’intelligence collective, par l’intervention de tous les acteurs de la chaîne de valeur dudit foncier : pouvoirs publics, élus, secteur privé, société civile, universités, aménageurs développeurs et experts afin d’unifier l’approche et s’aligner de façon stratégique, technique et opérationnelle. À la suite de la réalisation d’un diagnostic sur le foncier industriel régional, d’un benchmark international pour s’inspirer des best-practices et de rencontres avec l’ensemble des fédérations sectorielles, un workshop, sous le thème «Foncier industriel sur mesure : Quel potentiel pour quelle demande dans la Région Casablanca-Settat ?», a été organisé afin de donner l’occasion à tous de réfléchir, de s’exprimer sur le sujet et de co-construire une vision commune.

Quel serait donc le fruit de ce parcours ?
Le fruit de cette réflexion, qui sera publié pendant les semaines à venir sous forme d’un livre blanc, est constitué d’un ensemble de recommandations, de scénarios et d’une feuille de route, pouvant constituer les bases d’une vraie stratégie régionale à même de mettre à disposition des opérateurs économiques et des investisseurs industriels une offre adaptée en structures d’accueil répondant à leurs besoins et attentes. L’objectif étant d’évaluer, de manière quantitative et qualitative, la demande et l’offre actuelle et prospective en foncier industriel au niveau de la région, dans le but d’identifier des corridors industriels régionaux et d’élaborer un schéma régional de développement du foncier industriel.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO Docs

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