Carburant : pas de flambée pour l’Aïd

À l’approche de l’Aïd al-fitr, période de retrouvailles familiales et de déplacements massifs, les automobilistes peuvent souffler. Malgré un marché pétrolier agité, les prix du carburant devraient rester stables, évitant ainsi une hausse qui aurait pesé sur le budget des ménages notamment en cette période. Une stagnation survenue bien qu’une remontée du Brent ait été constatée sur le marché internationale. Les produits raffinés dont le carburant restent stables.
Comme à chaque début et milieu de mois, les automobilistes scrutent les variations des prix du carburant, guettant le moment opportun pour faire le plein. Ces périodes, devenues des repères dans les habitudes de consommation, rythment l’attente des usagers face aux ajustements décidés par les distributeurs. Alors que le marché pétrolier demeure soumis aux fluctuations internationales, quels scénarios se dessinent pour cette nouvelle révision des tarifs à la pompe ?
Statu quo
Si la tendance était à la baisse sur le brut en février, avec une décote généralisée sur l’ensemble des produits pétroliers, un tournant a marqué les derniers jours du mois de mars. La surenchère sur le marché pétrolier a propulsé le prix du baril de Brent à une moyenne de 74 dollars.
«Cette situation s’explique par la baisse des stocks américains et les nouvelles taxes douanières imposées sur certains produits importés. Résultat des courses, des pays comme le Venezuela ne s’approvisionnent plus. S’ajoutent à cela les tensions géopolitiques, même si l’intensité des attaques sur des infrastructures énergétiques en Russie et en Ukraine s’est quelque peu atténuée. Cela a engendré une disponibilité moindre des produits pétroliers sur le marché, exerçant ainsi une pression à la hausse sur les prix. Paradoxalement, une baisse significative a été observée au niveau des produits raffinés, notamment le carburant. Cette dynamique permet d’éviter une flambée des prix à la pompe, du moins à court terme», décrypte Mostafa Labrak, directeur général d’Energysium consulting et expert en énergie.
En d’autres termes, les tarifs devraient ainsi se maintenir au même niveau pour la prochaine quinzaine, offrant un certain répit aux consommateurs surtout qu’il s’agit d’une période de fête. De plus, l’expert souligne que les distributeurs sont dans l’obligation de suivre à la lettre la tendance à l’international, le Conseil de la concurrence surveillant l’évolution du marché. La stabilisation des prix permettrait donc aux distributeurs de rester dans la conformité.
Un marché en proie Aux fluctuations
Néanmoins, comme souligné par les professionnels du secteur, le contexte géopolitique ajoute à l’instabilité des marchés pétroliers. Certes, les accords entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie, visant à désamorcer les attaques contre les infrastructures énergétiques, ont temporairement réduit la prime de risque et représente de facto un facteur de baisse des prix du pétrole, mais l’incertitude commerciale règne.
Cependant, ce fragile équilibre reste menacé. Si ces tensions géopolitiques ont pour effet d’alimenter les craintes d’une rupture d’approvisionnement, d’autres éléments viennent contrebalancer ces risques. L’organisation des pays producteurs de pétrole, OPEP+, s’apprête à injecter 138 000 barils supplémentaires par jour sur le marché en avril, après avoir annoncé au début du mois de mars le retour de la production de 120 000 barils quotidiens supplémentaires produits pendant 18 mois.
De plus, une dérogation particulière a été accordée aux Émirats Arabes Unis par le cartel. Une augmentation qui s’inscrit dans une stratégie d’assouplissement progressif de la production après les réductions mises en place pour soutenir les prix.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le marché pétrolier serait d’ailleurs en situation excédentaire à hauteur de 600 000 barils par jour. Et pourtant, les incertitudes demeurent. L’impact des nouvelles taxes douanières américaines sur les produits importés, notamment les automobiles, pourrait freiner la croissance et peser à moyen terme sur la demande mondiale de pétrole.
Pour l’instant, les observateurs s’accordent à dire que les prix devraient se maintenir à leurs niveaux actuels, sous réserve de nouveaux bouleversements sur la scène internationale.
Mostafa Labrak
Expert en énergie
«Cette situation s’explique par la baisse des stocks américains et les nouvelles taxes douanières imposées sur certains produits importés. Résultat des courses, des pays comme le Venezuela ne s’approvisionnent plus. S’ajoutent à cela les tensions géopolitiques, même si l’intensité des attaques sur des infrastructures énergétiques en Russie et en Ukraine s’est quelque peu atténuée. Cela a engendré une disponibilité moindre des produits pétroliers sur le marché, exerçant ainsi une pression à la hausse sur les prix. Paradoxalement, une baisse significative a été observée au niveau des produits raffinés. Cette dynamique permet d’éviter une flambée des prix à la pompe, du moins à court terme»
Maryem Ouazzani / Les Inspirations ÉCO