Maroc

BTP : les ventes de ciment ont explosé en août

Les ventes de ciment réalisent un bond de 31% à fin août 2021, par rapport à la même période l’an dernier. Elles enregistrent ainsi une progression de 19% au terme des huit premiers mois de l’année, dans un contexte marqué par le lancement de grands projets d’infrastructure, l’afflux des MRE et la baisse des prix des actifs immobiliers.

Le principal baromètre de l’activité du secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) affiche une bonne évolution des ventes au mois d’août 2021, après la baisse de 16,32% enregistrée en juillet. En effet, au mois d’août, les livraisons de ciment des industriels, regroupés au sein de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), ont enregistré une hausse de 31,04% par rapport à août 2020, atteignant 1,132 million de tonnes. En comparaison avec les livraisons du mois de juillet, l’on note un surplus de 234.363 tonnes de ciment écoulé. Pour rappel, en août 2019 et 2020, les livraisons de ciment se situaient à des niveaux moindres et affichaient une tendance baissière. Les analystes expliquent la chute des ventes d’août 2019 par un essoufflement du secteur BTP, particulièrement l’activité immobilière, qui affichait un recul de l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI). Quant à la baisse des ventes de l’an dernier, elle aurait essentiellement pour origine l’impact de la crise sanitaire et le confinement.


Fin août 2021, les ventes cumulées de ciment ont atteint 8,840 millions de tonnes, contre 7,411 millions à la même date de l’année précédente, soit un gain de 19,28%. Qu’est-ce qui pourrait donc expliquer ce rebond des livraisons ? Une partie de la réponse nous est donnée par le lancement de grands projets d’infrastructures et les investissements des MRE, qui, à la faveur de l’opération Marhaba, ont pu se rendre nombreux au Maroc, cet été. En effet, les transferts de ces derniers évoluent de manière régulière et continue, indépendamment des crises et autres événements perturbateurs.

Selon le ministère de l’Économie et des finances, les MRE ont investi, en 2020, près de 7 MMDH dans l’immobilier et le foncier. «Près de 10% des transferts des MRE, soit 68 MMDH en 2020, sont orientés annuellement vers l’investissement, dont 70% dans le foncier et l’immobilier. La pierre et le foncier captent 70% de leurs investissements», soulignait Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, en février dernier.

Autre élément à prendre en compte, la baisse des prix des actifs immobiliers, qui représente une belle opportunité pour investir à bas prix. Selon le bulletin d’information de BAM et de l’ANCFCC (Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie), relatif à la tendance globale du marché immobilier, au deuxième trimestre 2021, l’indice des prix des actifs immobiliers ressort en repli trimestriel de 5,4%, résultat des baisses des prix du résidentiel de 5,6%, des terrains de 5% et des biens à usage professionnel de 7,3%. En parallèle, le nombre de transactions a connu une progression de 18,8%, recouvrant une hausse de 22% pour les biens résidentiels et de 29,2% pour les terrains avec, cependant, une baisse de 20,7% pour les biens à usage professionnel.

Les grands projets d’infrastructure à la rescousse du secteur
Durement impacté par les conséquences de la crise sanitaire, le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) devrait sortir la tête de l’eau en 2021, soutenu par la commande publique et le lancement de plusieurs grands projets d’infrastructures. Selon les dernières projections du Haut-commissariat au plan (HCP), le BTP, qui participe à hauteur de 6,1% dans le PIB national et emploie près d’1 million de personnes, devrait connaître une hausse de 3,5% en 2021 après un repli de 3,8% enregistré en 2020.

À en croire les analystes de CDG Capital, qui publient, ce mardi 20 juillet 2021, une note d’analyse consacrée aux perspectives du marché actions, la reprise attendue du BTP est étroitement liée à la vigueur de la commande publique programmée cette année, notamment dans le domaine des infrastructures (routes, ports, aéroports, etc.). Ainsi, au titre de l’année 2021, le gouvernement a alloué un montant de 230 MMDH aux investissements publics, soit son plus haut niveau depuis une décennie.

Des chantiers d’envergure
Plusieurs chantiers importants, lancés par l’État, sont en cours de réalisation, comme les ports de Kénitra, Dakhla et Nador, la construction de nouvelles autoroutes, la voie express Tiznit-Dakhla, ou encore les travaux d’élargissement de plusieurs aéroports. Dans sa note d’analyse, CDG Capital énumère un certain nombre de projets d’envergure, qui seront lancés d’ici fin 2021, et qui sont susceptibles de booster le carnet de commandes des professionnels du BTP.

Il s’agit, notamment, de la construction du port Atlantique de Dakhla pour un montant de 10 MMDH et du démarrage des travaux de liaison autoroutière, avec le nouveau port de Nador West-Med. CDG Capital cite aussi la poursuite de l’aménagement de la route nationale n°9, entre Marrakech et Ouarzazate, pour un budget estimé à 275 MDH, le lancement des chantiers de cinq nouveaux projets de grands barrages, pour un investissement total de 2,25 MMDH, le dédoublement de la route nationale n°8, reliant Fès à Taounate ( 900 MDH), ou encore la construction de la route de contournement de Laâyoune (420 MDH).

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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