Maroc

Bouquiniste : Entre l’amour du livre et la survie du business

Les clients des bouquinistes sont principalement des professeurs universitaires, des étudiants ou quelques habitués./DR

À Rabat, on compte les bouquinistes du bout des doigts mais leur marché reste concurrentiel réduit. Si la plupart d’entre eux ne dégagent pas de bénéfices, ils tiennent à leur business par amour du livre.

«On vend entre 800 et 1.000 livres par mois, ce qui nous permet de payer toutes les charges», précise Abdellah, gérant d’une boutique d’achat et vente de livres usés au quartier Diour Jamâa.


Quand on est bouquiniste au Maroc, il ne faut pas s’attendre aux mêmes marges de bénéfices que dégagent les grandes librairies. D’ailleurs, Belhaj Soulami, qui exerce ce métier depuis 1985, n’a jamais calculé son chiffre d’affaires ou le nombre de livres qu’il a vendus sur une période donnée.

Ne pas faire les comptes est une pratique assez répandue chez les bouquinistes. La majorité d’entre eux considère que «les chiffres ne sont pas importants. Ce qui importe, c’est l’échange avec les gens».

Loin des chiffres

Et pour cause, les clients des bouquinistes sont principalement des professeurs universitaires, des étudiants ou quelques habitués qui établissent souvent une relation avec le lieu et son propriétaire. Soulami en est un exemple. Aujourd’hui, c’est un professeur qui lui rend visite pour discuter des sujets d’actualité. Il explique qu’«il faut rester à jour pour pouvoir acheter ou bien évaluer des livres sur un sujet quelconque».

Au Maroc, les bouquinistes ont deux types de fournisseurs : des particuliers qui viennent vers eux directement ou à travers un intermédiaire, qui, après avoir pris connaissance de la vente d’une bibliothèque privée, fait le lien entre le vendeur et les bouquinistes contre une commission. Les grandes maisons d’édition ou de distribution sont le deuxième fournisseur des bouquinistes.

Le SIEL pour faire le plein

Le Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Casablanca, qui se tiendra du 11 au 21 février 2016, cette année, est aussi une occasion pour ces petits marchands de faire le plein de stock.

«Durant le SIEL et surtout le dernier jour, les exposants font des rabais dont profitent les grandes librairies ainsi que quelques bouquinistes qui peuvent se le permettre», explique Abdallah.

Mais exposer au SIEL, selon lui, serait coûteux : «La charge que l’on paye durant les 10 jours du salon avoisine les 10.000 DH et les ventes ne sont pas nécessairement à la hauteur», ajoute-t-il.

Le bouquiniste à la rescousse

Quant à la clientèle cible des bouquinistes, elle ne se limite pas qu’aux amoureux du livre. Elle s’étend aussi aux moins fortunés qui ne peuvent se permettre un achat en grande librairie, mais aussi à ceux qui cherchent les bonnes affaires.

Pour ce faire, les bouquinistes ont recours des fois à un dumping «soft», avec une réduction qui peut varier entre 20 et 50% du prix du livre en librairie, pour attirer les clients, révèle Soulami.

Amoureux des livres, les bouquinistes n’en font donc pas un réel business, car ils sont d’abord passionnés. Un amour du livre qu’ils partagent avec leur clientèle souvent aussi passionnée qu’eux.


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