Maroc

Affaire Brahim Ghali : vers un classement du dossier ?

En refusant d’adopter des mesures conservatoires et en mettant en avant la «bonne volonté» de Brahim Ghali durant sa comparution, le juge d’instruction Santiago Pedraz semble privilégier le classement de l’affaire.

Comme il fallait s’y attendre, le juge d’instruction Santiago Pedraz a estimé qu’il n’existe aucun indice de délit dans les faits reprochés au chef du polisario, Brahim Ghali. Pas de génocide, d’assassinat, ou d’enlèvement qui pourrait être retenu contre le leader des séparatistes. C’est là la première conclusion de cette première audition du chef du polisario. Et ce n’est pas tout. Selon Pedraz, Brahim Ghali est un «homme libre», qui pourra rejoindre les campements de Tindouf dès que son état de santé le permettra, à condition d’être «localisable».


À ce propos, le juge a exigé que Ghali fournisse à la justice une adresse et un numéro de téléphone. Dans cette ordonnance de deux pages, le juge Santiago Pedraz s’est farouchement opposé à l’adoption de mesures conservatoires. Celui-ci a estimé qu’il n’était pas nécessaire d’adopter des dispositions restrictives à l’égard du prévenu, à l’instar du retrait du document de voyage ou de l’assignation à résidence. La section pénale que préside Pedraz a même vu d’un bon œil le fait que Ghali comparaisse «malgré l’état de santé dans lequel il se trouve». «Sa défense aurait pu demander un report de l’audition», a relevé celui-ci. Il ajoute, pour justifier sa décision, qu’il ne pourrait «occulter, altérer ou détruire des preuves pertinentes pour le jugement, étant donné la date des faits qui font l’objet de cette instruction».

Concernant le dossier de la défense, la plainte déposée n’a pas apporté des preuves, pas même approximatives, selon Pedraz. Pire, ce dernier a essayé de tourner en ridicule l’accusation, soulignant qu’elle a fait référence à «un rapport de l’ONU?»(sic). Et cerise sur le gateau : il a remis en cause le fait que Ghali soit admis à l’hôpital «de manière rocambolesque»et sous une fausse identité, un fait non attesté, selon ses dires. Alors, que se passera-t-il ? L’accusation présentera un recours.

«À priori, le juge devait entendre en premier lieu les victimes avant l’audition du prévenu. Or, cette procédure n’a pas été respectée», déplore Me Hilal Tarkou Lahlimi, président de l’Association des avocats d’origine marocaine exerçant en Espagne.

Les résultats de cette première comparution ont été une douche froide pour les victimes. Elle aurait pu ouvrir la voie au dépôt de nouvelles plaintes contre d’autres dirigeants du front, selon les vœux formulés par les avocats des plaignants. Hélas, Pedraz en a décidé autrement. Le Maroc avait anticipé cette décision à travers sa sortie, hier, non pas à travers un communiqué, mais deux pour clarifier sa position concernant cette crise avec l’Espagne. Car, comme l’a indiqué la diplomatie marocaine, la crise entre Rabat et Madrid n’est pas liée à un seul homme. Affaire à suivre.

Amal Baba Ali, DNC à Séville / Les Inspirations Éco

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