Maroc

Accès au logement : l’État met le paquet pour en finir avec l’habitat insalubre

Les politiques publiques en matière d’habitat seront renforcées en 2022 afin de réduire le déficit cumulé en logements qui s’établirait à près de 200.000 unités à fin 2021. Plusieurs programmes seront lancés dans l’objectif de poursuivre la politique de résorption de l’habitat insalubre.

La lutte contre l’habitat insalubre devra se concentrer sur les zones qui ont été, jusqu’à présent, omises dans le cadre du programme national destiné à offrir un logement décent aux catégories sociales ciblées. Les nouvelles données, communiquées aux parlementaires, laissent dégager une nette orientation vers une plus grande adéquation entre l’offre et la demande en logements et la poursuite des projets en cours.

«Dans le cadre d’une démarche progressive, le gouvernement devra poursuivre la lutte contre toutes les formes d’habitat insalubre. Le déficit cumulé a été ramené de 840.000 unités en 2011 à 385.000 à fin 2020», selon le bilan communiqué, duquel il se dégage, par ailleurs, que le gouvernement s’est assigné comme objectif de réduire ce déficit à 200.000 unités».

Plusieurs axes d’intervention, considérés comme prioritaires, ont été identifiés et seront programmés dans le cadre de la nouvelle étape d’intégration des couches sociales défavorisées au circuit du logement décent. En tête de liste des actions projetées, figure la mise en œuvre de l’arsenal légal et réglementaire pour la continuité du programme VSB (Villes Sans Bidonvilles). Ce dispositif a été renforcé par les aspects relatifs à la clarification des rôles et des responsabilités, indique la feuille de route de l’Exécutif, avec 59 villes sans bidonvilles recensées jusqu’à présent, ce qui représente près de 66% des prévisions. Ce sont, actuellement, plus de 300.000 ménages qui ont bénéficié de l’apport de ce programme, classé en tête de liste des actions projetées. Le programme de réhabilitation des constructions menaçant ruine fait aussi partie des principaux chantiers de 2022.

«L’Agence nationale de rénovation urbaine et de réhabilitation des bâtiments menaçant ruine mène, actuellement, les études d’expertise préalables nécessaires à l’intervention dans ces constructions», indique la feuille de route de l’Exécutif.

Les données fournies aux députés montrent que, depuis le recensement des constructions menaçant ruine, ce sont plus de 36.000 bâtisses qui ont été traitées, soit 83% du total des constructions, avec une contribution de l’État qui s’est élevée à plus de 1,8 MMDH. En ce qui concerne le programme de restructuration de l’habitat non réglementaire et la mise à niveau urbaine, plus de 800 quartiers ont été ciblés, avec un objectif de 96% des ménages concernés, lesquels pourront bénéficier des mesures de requalification avant la fin de cette année 2021. À souligner que l’État a programmé, par ailleurs, la poursuite des interventions dans les tissus anciens et les médinas, dans l’objectif de «rehausser leur valeur architecturale et urbanistique et d’enclencher une dynamique de développement touristique et économique de leurs territoires», comme il se dégage du plan d’action du gouvernement. Pour rappel, ce sont six projets intégrés qui ont été lancés, dont deux à Fès, alors que les quatre autres ciblent les tissus anciens des villes de Meknès, Marrakech, Salé et Tanger, avec une contribution du budget de l’État qui atteint 657 MDH.

Des engagements pour le soutien aux promoteurs immobiliers
Le plan d’action finalisé opère une diversification de l’offre en logements, dans une démarche d’élargissement de cette offre. «L’État s’engage à soutenir les promoteurs immobiliers et à améliorer la rentabilité des projets destinés à la classe moyenne, notamment dans les grandes agglomérations, à travers l’optimisation des normes d’urbanisme en vigueur pour les aspect de densité et de verticalité», souligne la feuille de route qui a été tracée. «Des efforts importants ont été consentis pour dynamiser le secteur tout en associant le privé dans un cadre conventionnel», selon le plan d’action soumis à l’appréciation des parlementaires. Les statistiques relatives aux logements sociaux font ressortir que 1.507 conventions ont été signées, et ce depuis le lancement du programme en 2010, avec une consistance de 2.107.243 logements, dont 80% à réaliser par le secteur privé. Le gouvernement précise, également, pour ce volet crucial de la politique de l’habitat, que 545.772 unités ont reçu le certificat de conformité. Concernant les logements sociaux à faible valeur immobilière, qui constituent une alternative au recours à l’habitat insalubre, la priorité sera donnée aux ménages habitant les bidonvilles et les constructions menaçant ruine. Enfin et «suite aux mesures prises en vue d’inciter les promoteurs à adhérer à ce type de logements, 82 conventions, portant sur la réalisation de 40.000 unités, ont été signées depuis le lancement de ce programme», indique le bilan communiqué par le gouvernement à la 1re instance législative.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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