Maroc

Abdelaziz Bendou : “L’Université Ibn Zohr se mobilise pour la mise en œuvre du NMD”

Entretien avec Abdelaziz Bendou, Président de l’Université Ibn Zohr

Abdelaziz Bendou, Président de l’Université Ibn Zohr, est revenu au cours de cet entretien sur les modalités de mise en œuvre du NMD, notamment son second axe dédié au capital humain, en plus de la valorisation de la recherche scientifique et de l’innovation, ainsi que l’adéquation de l’offre universitaire avec le marché du travail…


Le capital humain renforcé et mieux préparé pour l’avenir est au cœur du NMD surtout en matière d’enseignement universitaire et formation. Comment l’Université Ibn Zohr compte répondre à ces orientations ?
Avant de répondre à votre question, permettez-moi de présenter rapidement l’Université Ibn Zohr ((UIZ). Cette dernière a été créée en 1989 afin de répondre aux besoins croissants en matière d’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dans les cinq régions du Sud Marocain. L’UIZ compte 138.000 étudiants répartis sur 8 sites, notamment à Agadir, Ait Melloul, Ouarzazate, Taroudant, Laâyoune et Guelmim, Es-Semara et Dakhla. Elle couvre plus de 53 % du territoire national et regroupe 21 établissements. Il s’agit de 8 à Agadir, 4 à Ait Melloul, 2 à Dakhla, 1 à Taroudant, 2 à Laayoun, 1 à Ouarzazate, 2 à Guelmim et 1 à Smara.

Par rapport à votre question, l’institution de l’enseignement, au sens large, est au cœur de tous les modèles de développement ayant réussi. Comme vous le savez, le second axe du NMD, intitulé «Un capital humain renforcé et mieux préparé pour l’avenir», propose deux choix stratégiques dont le premier est dédié à «une éducation de qualité pour tous» et l’autre à «un système d’enseignement universitaire, de formation professionnelle et de recherche axé sur la performance et porté par une gouvernance autonome et responsabilisante». Notre université doit contribuer, sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, à la mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement.

Pour cela deux principaux objectifs sont visés. Tout d’abord, identifier les actions et les mesures à entreprendre à court, à moyen et à long terme pour asseoir les politiques arrêtées dans le rapport de la Commission spéciale. Ensuite, mobiliser les ressources humaines et financières pour la mise en œuvre des pratiques de bonne gouvernance pour répondre aux recommandations dudit rapport. Je voudrais signaler qu’avec 138 000 étudiants, 21 établissements dans 8 villes dans 5 régions du Sud du Royaume, l’université Ibn Zohr dispense une offre de formation très riche, omnidisciplinaire, et nous continuons à travailler avec nos partenaires au niveau régional pour améliorer la qualité de ces formations.

Une des caractéristiques de notre université est son grand nombre d’étudiants. Notre ambition essentielle est d’accompagner ces étudiants vers la réussite, ce qui constitue actuellement un défi majeur. Parmi les axes de notre projet de développement de l’Université est de continuer à renforcer et améliorer les missions fondamentales de l’université qui sont la recherche scientifique, la formation et l’insertion professionnelle des étudiants. Ces missions seront accomplies dans le respect de la diversité des disciplines en adéquation avec la politique du NMD. A titre d’exemple, la mise en œuvre de modalités pédagogiques adaptées aux publics étudiants : en présentiel, en ligne, à distance et hybride. La mise en place de plusieurs plateformes numériques, l’amélioration de la qualité des formations et de l’architecture des programmes, en plus de la diversification et l’adaptation des parcours au des étudiants.

Qu’en est-il de la valorisation de la recherche scientifique et de l’innovation pour accélérer la trajectoire de développement ?
Il est très important d’investir dans la recherche, et ce volet constitue l’un des axes stratégiques du projet de développement de l’Université Ibn Zohr. Le lien direct ou indirect entre le développement de la recherche et le développement économique d’un pays est évident et toutes les études réalisées le confirment. En fait, l’université crée de la connaissance, à travers la recherche fondamentale et la recherche appliquée. Cette dernière est ensuite valorisée auprès des entreprises. Les entreprises gagnent alors en compétitivité, en productivité et améliorent leur capital humain. En retour, l’université augmente sa notoriété. Le rendement des activités de la recherche scientifique et de partenariat de l’UIZ est très satisfaisant. Je peux vous citer quelques chiffres : plus de 140 thèses de doctorat ont été soutenues en 2021, avec la publication des articles dans des revues indexées dans SCOPUS (590) et WEB OF SCIENCE (450).

La production scientifique des structures des recherches ne cesse d’augmenter chaque année grâce à la politique de motivation des enseignants chercheurs que notre université a mis en place afin de donner une meilleure visibilité de notre université à l’échelle internationale. Au niveau de la coopération internationale, notre université bénéficie de financement de plusieurs projets à l’échelle européenne dans le cadre du programme PRIMA, ERANETet Horizon 2020. De même, l’université a plusieurs projets financés au niveau national par le CNRST. Pour encourager la valorisation des résultats de la recherche et le transfert de technologie, et favoriser le rapprochement avec les entreprises, l’UIZ est dotée d’une Cité de l’innovation Souss-Massa (CI-SM) qui a été inaugurée par SM Mohammed VI, que Dieu le glorifie.

La création de la CI-SM rentre dans le cadre de la stratégie de l’innovation lancée en 2009 par le Ministère de l’Industrie. Elle est le fruit d’un partenariat entre le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, le Ministère de l’Industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique, la Région Souss-Massa et la société MITC. Sa mission est claire : elle vise à booster l’esprit d’innovation et accompagner la création de startups chez les jeunes porteurs de projets et idées innovants et pas seulement chez les universitaires. Pour cela, elle offre une infrastructure et un cadre favorable pour y mener des projets de R&D. L’objectif est de générer de la propriété intellectuelle, de la propriété industrielle et des startups. Il s’agit aussi de créer un pont, une synergie entre l’Université et l’Entreprise en s’appuyant sur l’espace incubateur et la plateforme de la R&D qui est composée de 5 laboratoires dont les activités s’articulent autour du domaine de la santé et biotechnologie, l’analyse des résidus, les énergies renouvelables, et un FabLab. Actuellement la CI-SM héberge plusieurs jeunes entreprises et startups.

De quelle façon l’UIZ affronte l’adéquation de l’offre universitaire avec le marché du travail et quels projets comptez-vous mettre en place pour renforcer le volet pédagogique au niveau territorial et répondre aux besoins des différentes provinces et préfectures ?
Malgré cette dispersion de la cartographie territoriale des établissements, il y a une logique de structuration et de proximité administrative pour assurer une bonne gouvernance de ces établissements. Nous travaillons également en étroite collaboration avec les acteurs de ces régions qui nous apportent un soutien à chaque fois qu’ils sont sollicités et je saisis cette occasion pour les remercier pour leur contribution au développement de l’Université Ibn Zohr. Quant à l’offre de formation de l’Université Ibn Zohr, elle est très riche et diversifiée dans plusieurs domaines qui touchent les sciences et techniques, les sciences de l’ingénieur, les sciences humaines et sociales, le droit et la gestion, ainsi que le domaine de la santé et la chariaa.

Nous veillons à ce que cette offre de formations réponde à la demande de la population cible que sont les étudiants tout en restant vigilant sur l’adéquation de ses formations aux besoins du marché du travail pour permettre une bonne insertion des lauréats de l’UIZ dans la vie professionnelle. Même si ce dernier exercice n’est pas évident mais, grâce à l’observatoire universitaire et d’employabilité que notre université a créé dans le cadre de la loi cadre 51-17, le recensement des compétences et des métiers pourrait nous orienter d’une manière fiable sur les compétences dont a besoin le marché du travail.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO Suppléments


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