Politique

Post-crise. Le PPS propose “un contrat politique nouveau”

À l’instar du parti de l’Istiqlal qui vient d’adresser un mémorandum au chef de gouvernement, le PPS propose quelque 20 grandes mesures visant «l’émergence d’un contrat politique nouveau» portant sur les aspects économiques, écologiques, sociaux, culturels et politiques.

«Propositions du PPS pour un contrat politique nouveau». Le choix du titre du mémorandum du Parti du progrès et du socialisme n’est pas fortuit. Le parti du livre estime qu’on ne peut dissocier les questions sociale, économique et culturelle de la question politique. «Bien au contraire, il y a une relation dialectique entre ces différents niveaux et tout manquement à l’un d’eux impacte négativement l’ensemble». C’est ce qu’a tenu à souligner le chef de file des progressistes, Nabil Benabdellah, hier lors d’un point de presse sur les propositions du PPS pour gérer l’après-pandémie. On ne peut pas prétendre au développement escompté sans le respect du processus démocratique et sans partis politiques, selon le secrétaire général du PPS qui plaide pour un débat public afin de sortir de la crise.


Mesures immédiates
Le PPS propose des mesures très ambitieuses. Certaines sont réalisables dans l’immédiat et d’autres portent sur le moyen terme. À très court terme, le PPS prône la mise en œuvre d’un plan de soutien et de relance économique et sectoriel à travers une méthodologie participative. Il s’agit, entre autres, de recenser et de prioriser tous les secteurs impactés, diagnostiquer leur état et évaluer leurs pertes. Des négociations entre le patronat et les représentants des salariés s’imposent, selon les progressistes afin de dégager des protocoles d’accord spécifiques, exceptionnels et provisoires sous l’égide et le patronage du gouvernement. Des mesures incitatives sont à prévoir au bénéfice des entreprises qui maintiennent les postes d’emploi et de celles qui créent des emplois nouveaux. Le PPS préconise aussi le maintien des engagements d’investissement des administrations, des établissements et entreprises publics et des collectivités territoriales et l’accélération de leur réalisation. À cela s’ajoutent la simplification des procédures de publication et de réalisation des marchés publics et la réduction des délais de publication des marchés publics à 20 jours comme mesure exceptionnelle valable jusqu’à fin 2020. Pour faire face d’urgence aux répercussions sociales et sanitaires de la crise, il est aussi recommandé de prendre des mesures urgentes au profit des salariés et des petits agriculteurs dont la mise en œuvre de l’indemnité pour perte d’emploi au bénéfice de toutes les couches professionnelles. Il s’avère également nécessaire d’assurer la protection sanitaire dans les espaces de travail et de contrôler l’effectivité des mesures prudentielles et préventives annoncées.

Trois axes stratégiques
Les camarades de Nabil Benabdellah proposent trois axes stratégiques pour gérer la phase post-confinement. Le premier porte sur l’élaboration d’un plan économique de relance qui doit accorder la priorité au rôle de l’État. Plusieurs mesures détaillées sont exposées. Le gouvernement est appelé à adopter des approches financières et budgétaires innovantes. Il faut aussi entreprendre une réforme fiscale équitable et adopter la loi-cadre sur la fiscalité. À cet égard, une batterie de mesures est proposée dont la suppression de la déductibilité fiscale en faveur des contributions au fonds Covid-19 pour éviter de diminuer de près de 10 milliards de DH le montant réel des dons faits à ce fonds. S’ajoutent à cela le soutien et le financement de l’entreprise nationale ainsi que la préservation des emplois dans le cadre d’un pacte social. Le PPS estime qu’il faut donner la priorité et la préférence au produit national, réduire les importations et tendre vers l’autosuffisance dans les domaines de l’industrie et de l’agriculture. En outre, la dimension écologique doit être intégrée dans le processus de développement afin de préserver les ressources nationales et de développer une économie alternative respectueuse de l’environnement (économie verte). Le Maroc est appelé à saisir l’opportunité avec un nouveau positionnement économique (révision des accords de libre-échange pénalisants, renforcement de la présence marocaine en Afrique…). Il est également recommandé de mettre en œuvre la gouvernance dans le domaine économique (lutte contre la rente, la corruption, le monopole et la concurrence déloyale, instauration d’un système transparent…). Le deuxième grand axe porte sur l’éradication de la précarité et la pauvreté, la concrétisation de la justice sociale et la promotion de la culture. Le PPS propose, à cet égard, cinq grandes mesures : la concrétisation de la justice sociale, de l’égalité territoriale et de la distribution équitable des richesses ; l’investissement dans l’école publique, la formation professionnelle et la recherche scientifique ; la valorisation du secteur de la santé publique et l’hôpital public, l’investissement dans la culture et la création et la promotion de la jeunesse. La troisième partie propose nombre de mesures pour approfondir la vie démocratique et l’édification institutionnelle. Le PPS recommande, entre autres, d’assurer l’effectivité de la responsabilité politique du gouvernement, conformément à la Constitution et mettre en œuvre effectivement les projets de réforme…Le Maroc a-t-il les moyens de mettre en œuvre toutes les mesures proposées par le PPS ? Selon Nabil Benabdellah, la mise en œuvre de certaines mesures doit se faire dans l’immédiat alors que d’autres sont à moyen et long termes. Une véritable vision s’impose pour gérer l’impact de la crise qui risque de durer pendant de longs mois voire des années.

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